Une voie terrestre menant au Nouveau Monde

Préhistoire

Il y a entre 80 000 et 12 000 ans environ, un immense glacier recouvrait la plus grande partie du territoire que l'on appelle aujourd'hui le Canada et les États-Unis. Un isthme qui reliait alors l'Alaska et la Sibérie a finalement été recouvert par l'eau lorsque les grands champs de glace ont fondu. Le détroit de Béring s'est alors étendu, ce qui a séparé l'Amérique du Nord du continent d'Asie.

Les premiers à traverser ce pont continental ont été les ancêtres des peuples paléo-indiens -- des chasseurs de gros gibier qui traquaient leurs proies. On croit que, à leur arrivée sur le continent de l'Amérique du Nord, ces chasseurs ont poursuivi leur chasse dans un corridor de terre qui avait été exposé entre deux sections de la calotte glacière. Fixer la date précise -- il y a de cela entre 20 000 et 12 000 ans -- de cette migration fait aujourd'hui l'objet de grands débats parmi les spécialistes.

Bien que la théorie de la voie terrestre soit largement acceptée, certains croient que les premiers à se rendre en Amérique du Nord sont venus par voie de mer. Il n'existe aucune preuve pour soutenir cette théorie.

Les Premières nations et les Inuits

On doit une grande partie de ce que nous connaissons sur les premiers habitants de l'Amérique du Nord, les ancêtres des Premières nations et des Inuits d'aujourd'hui, au travail des archéologues. Ces spécialistes ont généralement divisé le passé en deux périodes : la période historique, pour laquelle nous avons des comptes rendus écrits, et la période préhistorique, celle d'avant l'existence des comptes rendus écrits. Le travail archéologique sur la période préhistorique -- l'étude d'outils en pierre, de fragments d'os, de la faune et d'autres vestiges -- est essentielle, car il n'existe que très peu d'information à part celle-ci.

Certaines grandes découvertes ont contribué à approfondir nos connaissances de ces peuples. En 1927, on a découvert une pointe cannelée à proximité de la ville de Folsom, au Nouveau-Mexique. Cette pointe datait d'environ 8 500 avant J.-C. Des artefacts semblables provenant de la même période ont été découverts depuis, au Canada. En 1975, on a fait une découverte dans les cavernes Bluefish, dans les montagnes du nord du Territoire du Yukon. Ces trois petites cavernes contenaient des os d'anciens animaux, dont un grand nombre semblaient avoir été abattus. De plus, les archéologues ont trouvé des outils de pierre qui n'auraient pu être construits que par des êtres humains. Un outil en particulier, un burin ou un ciseau en pierre, est la plus ancienne preuve de la présence des êtres humains au Canada. À l'aide d'une technique appelée la datation par le carbone, les scientifiques ont pu conclure que les cavernes ont servi de manière intermittente de halte à des parties de chasse, il y a de cela entre 25 000 et 12 000 ans.

Au cours des millénaires, ces anciens peuples se sont dispersés à travers l'Amérique du Nord et ont développé des stratégies de subsistance adaptées à leur milieu. Par exemple, les ancêtres des Inuits d'aujourd'hui ont appris à composer avec leur rude milieu en utilisant les ressources du Nord à leur avantage et en mettant au point des outils uniques. Ceux qui se sont rendus dans les régions côtières et dans les Prairies en ont fait de même et se sont adaptés à leur milieu grâce à leur ingéniosité et à leur imagination.

Au moment du premier contact avec les Européens, des millions de personnes s'étaient déjà établies partout au « Canada ». Ces gens parlaient de nombreuses langues. Même s'ils semblaient primitifs aux Européens de l'époque, ces peuples avaient des idées très développées sur le gouvernement, l'industrie, la religion, la médecine et la société. L'exploration européenne du Canada aurait été bien plus difficile si les explorateurs n'avaient pas pu compter sur les Autochtones et leurs connaissances intimes du territoire.

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