Emily Murphy

Emily Murphy, née Emily Gowan Ferguson (14 mars 1868 – 17 octobre 1933) a été une militante et une auteure.

Elle était la troisième des six enfants d'Isaac Ferguson, un riche propriétaire et homme d'affaires. Son grand-père maternel, Ogle R. Gowan, était propriétaire d'un journal et politicien. Il avait fondé le chapitre local de l'Ordre d'Orange, en 1830. La jeune Emily a grandi dans une maisonnée où, en guise de conversation au dîner, on débattait avec animation des questions de loi et des événements politiques. Parmi ses oncles, on comptait un juge de la Cour suprême et un sénateur. L'un de ses frères devait devenir avocat tandis qu'un autre est devenu membre de la Cour suprême. La jeune Emily a été envoyée à la Bishop Strachan School, une école privée anglicane à Toronto. C'est là que, par le biais d'une de ses amies, elle a rencontré Arthur Murphy, un étudiant en théologie de plusieurs années son aîné.

En 1887, Emily Ferguson a épousé Arthur Murphy, devenu un ministre anglican, et ils se sont installés dans l'Ouest canadien. Emily Murphy avait un tempérament de chef et un intérêt certain pour la protection des femmes et des enfants. Elle avait été témoin de la mésaventure d'une femme de l'Alberta qui, après des années de dur labeur  sur la ferme familiale, s'était retrouvée dénuée de tout lorsque son mari avait décidé de vendre la ferme. Cette expérience l'a poussée à étudier les implications légales d'une telle injustice. Plusieurs femmes de milieu rural ont vivement soutenu et encouragé son travail sur les droits des femmes et après plusieurs déconvenues, elle a réussi à faire pression sur le gouvernement de l'Alberta pour qu'il adopte, en 1911, la loi Dower. Cette loi donnait aux épouses le droit au tiers de la propriété de leur mari.

Emily Murphy a activement travaillé à l'organisation de groupes de femmes : elle a fondé la Federated Women's Institute à l'intention des femmes vivant en milieu rural et plus tard, elle est devenue membre de l'Equal Franchise League, où elle a travaillé avec la militante Nellie McClung pour obtenir le droit de vote pour les femmes.

La détermination d'Emily Murphy à protéger les femmes et les enfants l'a souvent menée devant les tribunaux, ce qui était inhabituel pour une femme au début du XXe  siècle. En dépit du mépris et des sarcasmes qu'elle suscitait de la part des hommes, elle a été nommée magistrat de police dans la ville d'Edmonton en 1916, devenant ainsi la première femme magistrat de l'Empire britannique. À la cour, elle prenait souvent conscience des effets néfastes de la drogue et des stupéfiants, ce qui l'a incitée à rédiger de volumineux articles sur le sujet afin de promouvoir de nouvelles lois. Ces articles ont été publiés en 1922 sous le titre The Black Candle, sous son nom de plume Janey Canuck. Ses écrits ont entraîné l'adoption de lois sur les stupéfiants qui sont demeurées en vigueur, sans modification, jusque dans les années 1960.

Dans son livre, The Black Candle, ainsi qu'à travers plusieurs de ses écrits, Emily Murphy a exprimé des opinions très stéréotypées et remplies de préjugés à propos de diverses races et groupes ethniques. Comme beaucoup d'anglo-protestants vivant à cette époque, Emily Murphy croyait que les problèmes sociaux de son temps tels la pauvreté, la prostitution, l'alcoolisme et la narcomanie, étaient liés à l'arrivée d'immigrants dans l'Ouest canadien. Ses opinions nous informent sur certains aspects de ses activités destinées à la réforme des mœurs et des lois.

« Célèbres cinq »

Connues sous le nom « Célèbres cinq » (Henrietta Muir Edwards, Irene Parlby, Nellie McClung, Louise McKinney et Emily Murphy), ces femmes ont gagné l'affaire « Personnes », un jugement de 1929 qui a établi en vertu de l'Acte de l’Amérique du Nord britannique, le droit des femmes à être nommées au Sénat du Canada.

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Bibliographie

James, Donna. — Emily Murphy. — Don Mills : Fitzhenry & Whiteside, c1977. — 63 p.

Karamitsanis, Aphrodite. — Emily Murphy : portrait of a social reformer [microform]. — Ottawa : National Library of Canada, 1992. — 2 microfiches. — (Canadian theses on microfiche ; no. 70075). — M.A. thesis, University of Alberta, 1991.

Legault, Suzanne. ; Silver, Marie-France. — « Emily Murphy : 1868-1933 ». — Vierges folles, vierges sages : kaléidoscope de femmes canadiennes dans l'univers du légendaire. — Saint-Boniface, Man. : Éditions des Plaines, c1995. — P. 123-127

Mander, Christine. — Emily Murphy : rebel : first female magistrate in the British Empire. — Toronto : Simon & Pierre, c1985. — 150 p.

Murphy, Emily F. — The black candle. — Toronto : Thomas Allen, 1922. — 405 p.

Murphy, Emily F. — Janey Canuck in the West. — 4th ed. — Toronto : Cassell, 1910. — 305 p.

Murphy, Emily F. — Seeds of pine. — Toronto : Musson, c1922. — 301 p.

Sanders, Byrne Hope. — Emily Murphy, crusader : "Janey Canuck". — Toronto : Macmillan, 1945. — 355 p.

 

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