Marshall McLuhan

Herbert Marshall McLuhan né le 21 juillet 1911 à Edmonton (Alberta) et mort le 31 décembre 1980 à Toronto (Ontario) naît erta de parents méthodistes. En 1916, la famille déménage à Winnipeg, au Manitoba, où McLuhan fréquente l'Université du Manitoba; il y obtient son baccalauréat et sa maîtrise en arts. Il poursuit ses études à Cambridge, en Angleterre, et obtient là aussi un baccalauréat et une maîtrise en arts.

Ce qu'on appelle la « démarche esthétique » de McLuhan s'inspire des théories de la Nouvelle Critique formulées à Cambridge dans les années 1930. Sous la gouverne de F.R. Leavis et de I.A. Richards, McLuhan élabore une critique des aspects formels de la littérature, important jalon de sa réflexion ultérieure sur les formes technologiques. La Nouvelle Critique s'attache à comprendre comment la littérature agit sur les lecteurs. Ainsi dégage-t-on le sens d'un poème de l'agencement des mots analysés comme discours formel, et non à partir de l'intention de l'auteur. La Nouvelle Critique attache la plus haute importance à la manipulation et à l'utilisation des formes et des structures, dont la langue elle-même fait partie. Autrement dit, la forme influence directement les significations -- ou effets -- que la littérature communique aux lecteurs. « Le message, c'est le médium » écrit McLuhan. Ce célèbre aphorisme illustre son point de vue.

Les années 1930 marquent pour McLuhan, une étape importante, tant du point de vue de sa formation d'érudit qu'au-delà d'elle. Il se convertit au catholicisme en 1937. De nombreux chercheurs considèrent sa foi au cœur de sa vision du changement technologique et social (il est nommé conseiller du Vatican en 1976). En 1936, McLuhan accepte un poste de professeur adjoint au Département d'anglais de l'Université du Wisconsin. Puis il enseigne à l'Université St. Louis, première d'une série d'institutions catholiques auxquelles il sera affilié. C'est durant son séjour à St. Louis qu'il rencontre Corrine Lewis, qu'il épouse en 1939, peu avant de retourner à Cambridge poursuivre des études doctorales. Une fois son doctorat terminé, il s'installe de nouveau à St. Louis et commence sa carrière comme professeur. C'est aussi à cette époque qu'avec Corrine, il commence à fonder sa famille. En 1944, McLuhan revient au Canada, d'abord à Windsor, en Ontario, puis au St. Michael's College de l'Université de Toronto.

Dans les années 1950, il prend connaissance des travaux de Harold Innis. C'est aussi l'époque où se développe la télévision. Ces deux événements contribuent à donner une assise à la réflexion de McLuhan, « en gestation » depuis son séjour à Cambridge note1. Les théories portant sur les effets des formes de langage de Leavis et Richards rejoignent celles d'Innis qui affirme que les technologies de la communication créent des types de biais particuliers. Au début des années 1950, McLuhan commence à diriger les séminaires de culture et de communication donnés à l'Université de Toronto, et que finance la fondation Ford. Les participants de ce groupe interdisciplinaire ont une formation en art, en économie, en anthropologie, en études urbaines et en psychologie note2.

C'est à cette époque que McLuhan fait paraître sa première publication importante : The Mechanical Bride (1951) qui étudie l'effet de la publicité sur la culture et la société. Tout au long des années 1950, McLuhan publie également, en collaboration avec Edmund Carpenter, une importante revue intitulée Explorations. Tout comme Innis et Eric Havelock, McLuhan et Carpenter représentent l'école de communication de Toronto. Il ne s'agit pas d'une école de pensée formelle, mais ces chercheurs, tous liés par une même conviction de l'importance des technologies de communication, tentent de rendre compte des changements culturels, sociaux et institutionnels qui surviennent à travers le temps et l'espace.

McLuhan fait paraître, durant cette période, de nombreux travaux qui le confirment comme figure importante et parfois controversée du domaine des communications : La Galaxie Gutenberg (1967), Message et massage (v. 1967) et Pour comprendre les médias (1968). La notoriété de McLuhan croissant, d'autres universités lui offrent des postes. Pour le retenir, l'Université de Toronto crée, en 1963, le Centre for Culture and Technology. Mais afin de subvenir aux besoins de sa famille nombreuse, McLuhan accepte les lucratifs contrats de consultation ou de conférence que lui proposent de grandes compagnies, telles qu'IBM et AT&T. Il produit même des annonces publicitaires, au grand dam des érudits contemporains. En 1964, après la parution de l'édition anglaise de Pour comprendre les médias, et jusque dans les années 1970, il acquiert une très grande popularité, et participe à de nombreuses émissions. Il apparaît même brièvement dans le film de Woody Allen intitulé Annie Hall (1977), et reçoit à Toronto la visite impromptue de Yoko Ono et John Lennon. Victime en 1979 d'un accident vasculaire cérébral dont il ne se remet pas tout à fait, McLuhan meurt le 31 décembre 1980.

Distinctions honorifiques et des prix

Compagnon de l'Ordre du Canada, 1970

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