Nellie McClung

Nellie Letitia McClung, née Mooney (20 octobre 1873 – 1er septembre 1951) a été une pionnière de l'enseignement, une auteure, une suffragette, une réformatrice sociale, une conférencière ainsi qu'une législatrice.

Il ne faut jamais battre en retraite, ne jamais s’expliquer ni jamais s’excuser. Faites ce que doit, et laissez-les hurler.
– Nellie McClung

Nellie McClung était une femme complète et compétente dont les différentes carrières ne peuvent pas se décrire séparément, puisque toutes ses aptitudes pour l'enseignement, l'écriture et les discours publics alimentaient son désir d'améliorer les droits des femmes canadiennes. Ce désir combiné à sa nature sincère de militante, sa foi chrétienne et son sens du devoir se sont parfaitement amalgamés avec le mouvement de réformes sociales et morales qui s'amorçait dans l'Ouest au début du XIXe siècle pour produire une des grandes militantes du Canada. La vie en milieu rural, la situation des immigrants, les conditions de vie dans les villes et les industries, les mouvements en faveur de la prohibition et le droit de vote des femmes, la Première Guerre mondiale, la Dépression et la Deuxième Guerre mondiale ont fourni le contexte historique à Nellie McClung, tant comme écrivaine que réformatrice sociale. Bien que certains l'aient qualifiée de championne, on a dit qu'elle était une chef pragmatique et réaliste qui transformait les paroles en actions politiques.

Lorsqu'elle était jeune mère à Manitou, Nellie a commencé à travailler au sein de la Société de tempérance des dames (WCTU). Elle a fondé plusieurs organisations dont la Winnipeg Political Equality League, la Fédération des instituts féminins du Canada et le Women's Institute d'Edmonton, pour lequel elle a été aussi la première présidente. Elle était également active au sein d'organisations telles que la Canadian Authors Association, le Canadian Women's Press Club, la Methodist Church du Canada et le Calgary Women's Literary Club.

Tout en défendant une multitude de causes, elle mettait ses qualités de chef au service des causes qui lui tenaient le plus à cœur, c'est-à-dire le vote pour les femmes et la prohibition. Elle commençait ses discours publics, en tant qu'auteure, par des séances de lecture. Elle est vite devenue conférencière, acceptant des engagements pour parler du droit de vote et de la tempérance. Elle était un porte-parole important pour le Parti libéral lors des élections provinciales du Manitoba de 1914 et de 1915. Ses efforts ont été récompensés en 1916 lorsque le Manitoba est devenu la première province à donner aux femmes le droit de vote ainsi que le droit de se présenter aux élections. Après avoir déménagé à Edmonton, elle a continué sa campagne pour le droit de vote des femmes en Alberta. En 1916, la victoire a été concrétisée au niveau fédéral.

« Célèbres cinq »

Connues sous le nom « Célèbres cinq » (Henrietta Muir Edwards, Irene Parlby, Nellie McClung, Louise McKinney et Emily Murphy), ces femmes ont gagné l'affaire « Personnes », un jugement de 1929 qui a établi en vertu de l'Acte de l’Amérique du Nord britannique, le droit des femmes à être nommées au Sénat du Canada.

Nellie est devenue, entre 1921 et 1926, députée libérale de l'Opposition au sein de la législature de l'Alberta, mais elle n'a pas été réélue en 1926. « ... Elle a parrainé des projets de loi tels que les soins dentaires et médicaux pour les enfants d'âge scolaire, les droits à la propriété des femmes mariées et les allocations familiales pour les mères » (Matheson et Lang, p. 15). Bien que membre d'un parti, elle conservait sa liberté de pensée et elle ne se privait guère de critiquer autant les mesures mises de l'avant par son parti que les initiatives du gouvernement en ce qui concerne les droits des femmes et des enfants. On peut citer, parmi celles-ci, les pensions de vieillesse, les modifications à la loi Dower, les soins de santé publique et de meilleures conditions de travail dans les industries.

Nellie McClung a assumé différentes fonctions : elle a été déléguée à la Women's War Conference à Ottawa en 1918; l'unique déléguée féminine de la Methodist Church du Canada à l'Oecumenical Conference de Londres, en Angleterre, en 1921; l'unique membre féminin de la délégation canadienne à la Société des Nations à Genève, en Suisse, en 1938; et le premier membre féminin du Bureau des gouverneurs de la radiodiffusion de la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) en 1936, une fonction qu'elle a occupée jusqu'en 1942. Nellie a donné de nombreuses conférences dans l'ensemble du Canada, aux États-Unis et en Angleterre, en tant qu'auteure et militante.

Sites connexes

Bibliographie

Hallett, Mary E. — « Un combat que ne finit jamais ». — Horizon Canada. — Vol. 1, no 10 (1984). — P. 230-35

Hallett, Mary E. — « The fight that never ends ». — Horizon Canada. — Vol. 1, no 10 (1984). — P. 230-35

Hallett, Mary E.; Davis, Marilyn. — Firing the heather : the life and times of Nellie McClung. — Saskatoon : Fifth House, c1994. — 336 p.

Legault, Suzanne; Silver, Marie-France. — «Nellie McClung 1873-1951». — Vierges folles, vierges sages : kaléidoscope de femmes canadiennes dans l'univers du légendaire. — Saint-Boniface, Man. : Éditions des Plaines, c1995. — P. 135-139

McClung, Nellie L. — Clearing in the west : my own story. — Toronto : Thomas Allen Limited, c1935. — 378 p.

McClung, Nellie L. — In times like these. — Introduction by Veronica Strong-Boag. — [Toronto] : University of Toronto Press, [1972]. — 129 p. — (The Social history of Canada series).

McClung, Nellie L. — The stream runs fast : my own story. — Toronto : Thomas Allen, 1945. — 316 p.

Nellie McClung, 1873-1951: western whirlwind [kit]. — [Montreal] : National Film Board of Canada, [1980]. 1 filmstrip, 1 sound cassette. — (Heroes and heroines of Canada series).

Savage, Candace. — Our Nell : a scrapbook biography of Nellie L. McClung . — Saskatoon : Western Producer Prairie Books, 1979. — 253 p.

Warne, R. R. (Randi Ruth). — Literature as pulpit : the Christian social activism of Nellie L. McClung. — Waterloo, Ont. : Published for Canadian Corporation for Studies in Religion = Corporation canadienne des sciences religieuses by Wilfrid Laurier University Press, 1993. — 236 p. — (Dissertations SR v. 2 series).

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