Signatures, printemps-été 2019

Couverture de la revue Signatures printemps-été 2019 sur laquelle est écrit «Les 15 ans de BAC» en gris sur fond blanc.

Signatures, printemps-été 2019
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Introduction

– par Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

Guy Berthiaume
Photo : Michel Gagné

Ce printemps, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) célèbre ses noces de cristal. Quinze ans se sont passés depuis que la Bibliothèque nationale et les Archives nationales unissaient leur sort, avec la bénédiction du Parlement du Canada, le 21 mai 2004. Comme le rappelle le collègue Alain Roy dans ces pages, le Canada fut le premier pays occidental à fusionner ses deux principales institutions de mémoire – l’Iran nous avait précédé de deux ans. L’initiative était ambitieuse. Révolutionnaire même. Elle est née de la constatation que le Web avait changé la façon dont le monde utilisait l’information et définissait la connaissance. L’essor du numérique a provoqué une formidable démocratisation des savoirs : alors que les archives et les bibliothèques nationales étaient auparavant des lieux réservés aux chercheurs et aux étudiants des cycles supérieurs, grâce à Internet, toute la population – non seulement de notre pays, mais du monde entier – a maintenant accès à nos documents, sans réserve.

Cette démocratisation s’accompagne de défis considérables. Non seulement faut-il numériser à toute vitesse – car, dorénavant, « si ce n’est pas sur le Web, cela n’existe pas » – mais elle exige aussi la remise en question de nos pratiques séculaires. Aussi longtemps que l’accès aux documents restait la chasse gardée des spécialistes formés pour s’y retrouver, la découvrabilité de nos trésors n’était pas un enjeu. Mais dès lors qu’Internet ouvre toutes grandes nos portes, nos fenêtres et nos vasistas, il faut abattre les cloisons et laisser toute la place aux démarches intuitives de nos concitoyens.

Quinze années dans la vie des institutions de mémoire, c’est un fugace instant. Que l’on se rappelle que la Bibliothèque nationale de France célèbre son 482e anniversaire en 2019! Invités à souligner, chacun de leur point de vue, l’évolution des quinze dernières années, nos collègues ne se sont pas fait prier. Qu’il s’agisse de l’évolution des instruments de recherche qu’évoque Amy Tector, de nos relations avec les universités retracées par Cara Downey, ou, plus significativement, du bouleversement de notre rôle en matière de gestion des documents autochtones que Sarah Hurford, Del Jacko et Hillary McLeod décrivent avec passion, ce sont autant de pages de l’histoire de BAC qui nous sont livrées.

Les collègues ont aussi fait la part belle au présent. Sylvain Bélanger dévoile les mesures que nous prenons pour préserver nos collections numériques au bénéfice des générations futures; Claire Banton fait état de l’arrivée d’Aurora, notre nouveau catalogue de bibliothèque, et Nathalie Ethier nous fait part de l’évolution de la deuxième installation de préservation qui verra le jour sur notre campus de Gatineau en 2022.

L’évocation du passé et du présent amène à poser la question : que nous réservent les quinze prochaines années? Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau, « je crois, mais je ne sais pas ». Donc, je crois que deux tendances lourdes qui pointent depuis quelques années vont aller s’accentuant. Premièrement, les distinctions traditionnelles entre bibliothèque nationale et bibliothèque publique continueront à s’estomper et l’on assistera à des phénomènes de fréquentation sans précédent, comme ceux que connaissent déjà aujourd’hui la British Library et la Bibliothèque nationale de France. Bibliothèque et Archives Canada s’inscrit d’ailleurs de plain-pied dans ce mouvement en relocalisant ses services au public dans des nouveaux locaux qui seront partagés avec la Bibliothèque publique d’Ottawa, dès 2024. Comme un texte dans ces pages le fait voir, ce projet novateur n’aura de seule limite que celle de nos imaginations.

Deuxièmement, je crois aussi que les prochaines années seront marquées par une redéfinition profonde de notre relation avec nos usagers. Ceux-ci seront de plus en plus portés à numériser, transcrire, traduire et décrire eux-mêmes nos documents. Ils seront, partant, davantage des partenaires que des usagers. L’expérience de Wikipédia et de sa fiabilité me donne confiance en la capacité de nos publics de s’autoréguler et de s’autocorriger. Seul un changement de paradigme comme celui-là nous permettra de satisfaire l’appétit de nos concitoyens pour mieux connaître leur patrimoine documentaire.

* * *

Ce numéro de Signatures est le dernier que j’ai le plaisir de préfacer. Au cours des quatre dernières années, j’ai fait l’exercice à huit reprises et, chaque fois, je me suis étonné de l’ampleur et de la profondeur de l’érudition des collègues de BAC. Dans le tout premier numéro de Signatures, j’amorçais ma présentation en rappelant la phrase d’Alexander von Humboldt : « Je sens tous les jours que l’on ne travaille bien que là où d’autres travaillent mieux autour de vous. » Aujourd’hui, fort de l’expérience que m’a procurée mon mandat à titre de bibliothécaire et archiviste du Canada, je ne saurais mieux dire.

Signature de Guy Berthiaume 

Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

 

La naissance d’une institution unique

– par Alain Roy, historien et conseiller en politique, Recherche et Politiques stratégiques

Le 21 mai 2004 était proclamée la loi créant Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Celle-ci définit la nouvelle institution intégrant les Archives nationales et la Bibliothèque nationale du Canada. Pour en saisir pleinement la genèse, il faut comprendre comment sa création vise à faire face aux enjeux d’alors, puis examiner ses caractéristiques particulières.

Répondre aux enjeux du temps

Affiche bilingue et couverture du cahier de travail de la rencontre de touit le personnel de 2004

Affiche et couverture du cahier de travail de la deuxième rencontre de tout le personnel qui a eu lieu les 8 et 9 juin 2004.
© Bibliothèque et Archives Canada

Version textuelle
  • Sur l'affiche de la rencontre de tout le personnel en 2004 (côté gauche de l'image), on peut lire :

    Ici le savoir
    Une institution à bâtir? Bien sûr que oui!

  • Sur le cahier de travail de la rencontre de tout le personnel en 2004 (côté droit de l'image), on peut lire :

    Ici le savoir
    Journées de réflexion des employés
    « Une institution à bâtir? Bien sûr que oui! »
    Cahier de travail
    8-9 juin 2004

Au cours des années 1990, s’élabore lentement le projet d’intégration. Les Archives et la Bibliothèque nationales doivent alors répondre à une expansion rapide des besoins de leurs usagers.

Tout d’abord, on assiste entre 1991 et 2003 à une véritable explosion documentaire : la collection de la Bibliothèque nationale croît de 46,6 % et les archives gouvernementales, de 85 %. De plus, l’arrivée de nouvelles technologies de l’information requiert de nouvelles façons de gérer l’information gouvernementale, sollicitant un engagement plus grand de la part des Archives et de la Bibliothèque nationales.

Parallèlement, les ressources financières et humaines diminuent, alors que le gouvernement du Canada réduit ses dépenses à partir de 1984. Suivant une restructuration majeure en 1993, l’examen des programmes, réalisé de 1994 à 1996, amène une forte réduction des ressources des deux institutions : entre 1990-1991 et 1998-1999, leur budget combiné décroît de 29,4 %, et leurs effectifs totaux, de 15,1 %. Ces mesures ont évidemment un lourd impact sur leur capacité à remplir leur mandat, ce que constate le vérificateur général en 2003. De nouvelles approches s’imposent.

Le secteur du patrimoine est également affecté par ces mesures, sa part du budget fédéral passant de 2,2 % en 1993 à 1,6 % en 1997. Conséquemment, le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes entreprend, en 1997, une vaste étude sur le rôle du gouvernement du Canada dans la culture, notamment sur l’impact des nouvelles technologies.

Dans ce contexte, la ministre du Patrimoine, Sheila Copps, mandate en mars 1998 l’historien John English pour examiner les mandats et les ressources des Archives et de la Bibliothèque nationales. Sept questions sont visées par l’enquête, dont la fusion possible des deux institutions. De nombreuses ententes lient déjà celles-ci et l’idée d’une fusion a été évoquée dès 1994. Quoi qu’il en soit, le professeur English effectue de larges consultations à l’interne et auprès du milieu, desquelles se dégage un consensus pour favoriser un meilleur partage des ressources et des services, sans soutenir une intégration complète. Son rapport, rendu public en juillet 1999, va dans ce sens.

Une double dynamique va changer cette perspective. À l’interne, à la suite de leurs nominations en juillet 1999 à la tête des Archives et de la Bibliothèque nationales, Ian Wilson et Roch Carrier discutent du rapport, réalisant « que cette logique-là doit nous mener plus loin ». En effet, les besoins pressants des uns et des autres, tout comme l’effacement, sous la pression du numérique, des frontières entre archives et documents publiés, favorisent l’intégration.

Parallèlement, au gouvernement du Canada émerge une vision renouvelée de son rôle en culture, en raison des nouvelles technologies. Dans son rapport publié en juin 1999, le Comité permanent du patrimoine canadien reconnaît l’impact des compressions sur les Archives et la Bibliothèque nationales, tout en soulignant les possibilités qu’offrent les nouveaux médias en ce qui concerne l’accès aux ressources patrimoniales. Y donnant suite, le gouvernement déclare, dans le discours du Trône d’octobre 1999, vouloir développer une infrastructure du 21e siècle, où savoir, information et culture jouent un rôle marquant dans une économie axée sur le savoir. Il annonce aussi des fonds pour numériser les collections de la Bibliothèque et des Archives nationales. Cette idée d’une « institution du savoir » favorisant l’accès des Canadiens à leur patrimoine documentaire deviendra par la suite un leitmotiv sur lequel s’appuiera l’organisation naissante pour aller de l’avant. 

La création de BAC est annoncée dans le discours du Trône du 30 septembre 2002. Des consultations auprès des principaux intervenants sont menées dès janvier 2003, et un projet de loi est déposé le 8 mai. La fusion fait alors consensus parmi les principales associations, qui viennent y apporter leur soutien. Les travaux parlementaires reprennent en février 2004, et la loi obtient la sanction royale le 22 avril.

Des caractéristiques uniques

Depuis la création de BAC, son modèle suscite l’intérêt, voire l’envie, à travers le monde. Des institutions s’enquièrent régulièrement du cadre légal et du processus menant à une intégration complète. La nouvelle organisation s’établit sur quatre fondements, soit une structure organisationnelle unifiée, un fondement conceptuel commun, un travail sur les cultures professionnelles et une insertion continue dans les réseaux.

Un cadre organisationnel unifié

Photo couleur montrant une salle de conférence avec 3 gros écrans illuminés devant lesquels sont assises plusieurs personnes autour de tables.

La rencontre de tout le personnel des Archives et de la Bibliothèque nationales au Centre Shaw, les 31 mars et 1er avril 2003.
© Bibliothèque et Archives Canada

Le rapprochement entre les bibliothèques et les archives nationales, au Canada ou ailleurs, ne date pas d’hier. Au fil du temps, diverses formules ont été mises en place. Entre une intégration totale au sein d’une même institution et une partielle, par le partage de services, de nombreuses formes intermédiaires existent, dont le regroupement de services au sein d’une même personne juridique; l’intégration de l’un comme service de l’autre; ou encore la cohabitation au sein de structures ministérielles.

Ce qui rend BAC unique, c’est d’abord sa personne juridique unifiée. Peu d’États avaient adopté une telle organisation, sauf peut-être l’Irak (1987) et l’Iran (2002), mais la loi de 2004 attire l’attention sur le Canada. Quelques autres s’en inspireront, dont Singapour (2013). Au Canada, le Québec suit la même voie en 2006, alors que d’autres archives provinciales sont fusionnées aux musées provinciaux en Colombie-Britannique (2003) et à Terre-Neuve-et-Labrador (2005).

Mais ce qui fait l’unicité du Canada, comme le mentionne Ian Wilson, c’est l’intégration de « tous les services et les programmes de sa bibliothèque et de ses archives nationales ». Comme il le précise au Comité parlementaire en 2003, « l’intégration se fera d’après la fonction », c’est-à-dire que sont regroupées les personnes œuvrant dans les mêmes domaines fonctionnels, bien que certaines filières demeurent distinctes. En somme, BAC combine une personne juridique unique et une structure interne intégrée, à la différence des autres institutions qui sont agrégées, peu ou prou.

Un concept unificateur : le patrimoine documentaire

La loi de 2004 introduit dès ses premières lignes un concept novateur : le patrimoine documentaire. Il s’agit là d’une clé de voûte faisant le pont entre les archives et les bibliothèques.

Ce concept, apparu dans l’univers hispanophone à la fin des années 1960, voit sa version anglophone surgir au Canada dans les années 1970. En 1982-1983, Hugh A. Taylor, ancien directeur des Archives nationales, en conforte la validité dans un article publié dans Archivaria : il souligne qu’archives et bibliothèques font désormais partie intégrante du patrimoine. Le concept se propage alors dans le monde anglophone, pendant que la version francophone apparaît d’abord au Québec. Au début des années 1990, le concept devient même l’assise du programme Mémoire du monde de l’UNESCO.

Même au Parlement canadien, on souligne l’importance du concept de patrimoine documentaire dans la mission de la nouvelle institution. Le concept trouve également une résonance immédiate auprès des employés et des partenaires : en permettant l’intégration des pratiques professionnelles, notamment numériques, il appelle à collaborer pour préserver le patrimoine documentaire et y donner accès. Il favorise aussi un renversement de perspective : on insère livres et archives dans le vaste domaine du patrimoine, insistant plutôt sur la finalité sociale de la sauvegarde de la mémoire.

En somme, le concept cimente l’intégration envisagée. Cela semble si évident qu’il est accepté d’emblée, sans qu’en soient discutés les fondements ou les limites.

Un travail sur les cultures : la Transformation

Page frontispice d'un guide de généalogie 2005 intitulé : Sur les traces de vos ancêtres au Canada

L’accès aux collections est une priorité. Le Centre de généalogie, qui produit ce guide en 2005, est un des premiers à combiner les ressources des deux institutions
© Bibliothèque et Archives Canada

L’intégration des deux univers institutionnels requiert des efforts systématiques pour générer un espace commun. À cette fin, un budget spécial de 7,5 millions de dollars sur trois ans est accordé en 2003. Pour Ian Wilson, « il s’agit d’une profonde transformation par laquelle nous invitons tout le personnel à rechercher les points communs plutôt que les différences ».

La Transformation – le nom donné au programme – se déploie de 2002 à 2005, se penchant sur la vision, puis sur les orientations de mise en œuvre. Les employés sont conviés à contribuer via des dizaines de comités. Les travaux culminent lors de rencontres en 2003 et en 2004 où tous les employés sont réunis dans une même salle pendant deux jours. Conférences et rapports sont suivis de discussions où l’on partage expériences et résultats, craintes et espoirs. D’autres forums sont créés pour multiplier les ponts. Au cours de cette mobilisation massive, le personnel prend conscience des convergences entre les univers et découvre les pratiques professionnelles des uns et des autres. Même si, pour certains, toutes les promesses ne sont pas tenues, la construction d’une culture commune est amorcée, jetant les bases d’un dialogue fécond au sein de la nouvelle institution.

Au cœur des réseaux

Un dernier fondement de la nouvelle institution est son insertion dans un vaste réseau de partenaires dans lequel les discussions permettent d’avancer harmonieusement.

Dès les années 1990, les défis auxquels sont confrontées les Archives et la Bibliothèque nationales les poussent à collaborer pour mettre en commun leurs ressources avec les autres institutions du pays. Dans la foulée des changements qui s’opèrent, plusieurs consultations sont organisées avec les partenaires.

En 1998, John English organise des rencontres avec les principaux intervenants, puis il tient des séances publiques de consultation. En janvier 2003, alors que le projet de loi est en cours de rédaction, une vingtaine de représentants sont consultés sur le nom, l’objectif et le leadership national de l’institution à naître. Ces échanges font valoir les visions et inquiétudes des uns et des autres, amenant le milieu à soutenir, lors des audiences sur le projet de loi, l’intégration des deux institutions.

Pendant la Transformation, le document d’orientation est soumis à la consultation et mis en ligne. Après 55 mémoires, 20 séances de consultation et une trentaine d’interviews, un consensus plus large se dessine concernant le mandat et la direction de BAC. En somme, le milieu lui-même est convié à cheminer et à soutenir la nouvelle institution, ce qui contribue certainement à la réussite de la métamorphose.

La naissance de BAC en 2004 visait donc à répondre aux enjeux auxquels les Archives et la Bibliothèque nationales étaient confrontées. Tant l’optimisme, qui était alors de rigueur, que les efforts incessants ont permis de créer un modèle qui suscite l’intérêt partout dans le monde. Face aux nouveaux défis qui vont se poser, BAC est désormais outillé pour aller de l’avant.

 
 

Aurora : notre nouveau catalogue national de bibliothèque

– par Claire Banton, bibliothécaire principale, Direction générale du patrimoine publié

Au moment où vous lirez ce texte, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) aura lancé son nouveau catalogue de bibliothèque nommé Aurora. Ce nouvel outil offre une foule de possibilités aux clients et aux employés. Tout un cadeau pour le 15e anniversaire de BAC!

Que vous soyez un particulier ou un employé d’une bibliothèque canadienne à la recherche d’un article de notre collection, vous faites partie des utilisateurs ciblés par cette importante transition.

Des employés de toute l’institution ont préparé le lancement d’Aurora, et ils s’activaient encore alors que j’écrivais ces lignes : migration de millions de notices bibliographiques, configuration des paramètres du système, mise à l’essai, planification du déroulement du travail… Une tâche énorme, surtout quand on sait que certains collègues utilisaient AMICUS – l’ancien catalogue – depuis plus de 20 ans!

Les premiers modules d’AMICUS datent de 1995; les autres (dont l’interface publique), de 2002. Le système était vieillot, et les attentes des utilisateurs avaient changé. BAC a donc commencé à examiner des options de remplacement il y a une dizaine d’années. En mars 2017, après un processus d’approvisionnement public, une entente a été conclue avec OCLC, la coopérative internationale de bibliothèques sans but lucratif.

BAC est ensuite passé à l’étape suivante : la migration d’AMICUS vers un nouveau catalogue collectif national, baptisé Voilà. Lancé en février 2018, ce dernier offre un point d’accès unique aux collections de l’ensemble des bibliothèques canadiennes.

Mais le travail était loin d’être terminé! Depuis des décennies, BAC crée des notices pour sa propre collection. Il fallait maintenant les transférer vers un nouveau catalogue. Nos experts y ont travaillé d’arrache-pied : voici un aperçu de ce qu’ils ont accompli.

L’équipe de la Direction générale de l’innovation et du dirigeant principal de l’information a extrait et transféré de manière sûre et exacte des millions de notices bibliographiques. Elle a aussi intégré de nombreux systèmes internes à Aurora, y compris notre système de suivi de l’entreposage à haute densité et notre outil de recherche Web.

Le personnel du catalogage, des acquisitions et des normes de la Direction générale du patrimoine publié a élaboré des spécifications de mappage et vérifié que les données avaient été correctement transférées. Il a conçu les processus de travail et intégré de nouvelles fonctions, dont l’envoi des récépissés de dépôt légal par courriel plutôt que par la poste.

En collaboration avec la Direction générale de l’innovation et du dirigeant principal de l’information, le personnel de la circulation et du traitement des collections de la Direction générale de la préservation a intégré Aurora aux systèmes qui nous permettent de récupérer les documents demandés. Il a aussi conçu les procédures nécessaires pour fournir les documents.

L’équipe des services de référence et des services à la clientèle de la Direction générale des services publics a préparé des outils expliquant comment utiliser le nouveau système et s’est assurée que les comptes clients étaient prêts.

Le personnel de la Direction générale des communications a veillé à ce que les annonces soient prêtes à temps et que le site Web soit à jour. Il s’est aussi assuré qu’employés et clients reçoivent au bon moment l’information sur le lancement du nouveau catalogue.

Avec Aurora, nous sommes ravis d’offrir à tous de nouvelles fonctions et une interface à la fine pointe des technologies.

La migration en chiffres

  • Nombre de notices transférées dans Voilà : 39 707 862 (au 9 octobre 2018)
  • Nombre de titres recensés dans Aurora : plus de 3,5 millions
  • Nombre de numéros de périodique migrés : plus de 3 millions
  • Les trois formats les plus populaires :
    • livres : 2,9 millions de titres
    • périodiques : 256 000 titres
    • musique : 157 000 titres
 
 

Architectes, à vos planches!

– par la Direction générale des biens immobiliers et la Direction générale des services au public

Depuis 2016, un ambitieux projet unit la Ville d’Ottawa à Bibliothèque et Archives Canada et à la Bibliothèque publique d’Ottawa : la conception d’un édifice partagé qui regroupera les services des deux institutions.

Le nouvel édifice, dont l’ouverture est prévue en 2024, sera situé au 555, rue Albert (à l’extrémité sud-est des plaines LeBreton). À peine 400 mètres séparent ce site de l’édifice actuel de BAC sur la rue Wellington.

Dans cette nouvelle installation emblématique, à la fine pointe de la technologie, BAC et la Bibliothèque publique d’Ottawa travailleront en étroite collaboration tout en conservant leur indépendance organisationnelle et leur identité propre. Ils proposeront aux visiteurs une expérience client enrichie, puisque ceux-ci auront accès, sous un même toit, aux services d’une bibliothèque publique et aux services spécialisés d’une institution de mémoire. Cette destination unique permettra également à BAC de bonifier sa programmation dans la région de la capitale nationale.

De 1906 à 1967, les Archives nationales du Canada ont eu pignon sur rue au 330, promenade Sussex, dans l’édifice qui a plus tard accueilli le Musée canadien de la guerre (et où loge aujourd’hui le Centre mondial du pluralisme). Les Archives ont ensuite déménagé au 395, rue Wellington, rejoignant la jeune Bibliothèque nationale du Canada qui y avait élu domicile.

Le nouvel édifice de la rue Albert sera spécialement conçu pour les services au public, une première depuis la fusion des deux organisations en 2004. Il incarnera l’identité, la vision et les valeurs de notre institution. On prévoit y accueillir plus de 1,7 million de visiteurs par an, une occasion en or d’accroître notre visibilité, de mieux faire connaître le patrimoine canadien et d’élargir l’accès à l’histoire, à la culture et au savoir de notre pays. 

Pôles d’information et véritables carrefours communautaires, les bibliothèques publiques connaissent un regain de popularité. La Bibliothèque centrale de Calgary a accueilli plus de 52 000 visiteurs dans les quatre jours suivant son ouverture, le 1er novembre dernier, et elle s’attend à en recevoir plus de 2 millions pendant sa première année. À Montréal, la Grande Bibliothèque, qui a ouvert ses portes en 2005, enregistre en moyenne 2,5 millions de visites annuelles, tandis que la Bibliothèque centrale d’Halifax (inaugurée en 2014) a vu défiler près de 2 millions de personnes en un an d’opération.

La nouvelle installation d’Ottawa sera conçue par les firmes Diamond Schmitt Architects et KWC Architects (respectivement de Toronto et d’Ottawa). Elles ont été choisies à l’automne 2018 parmi cinq finalistes, au terme d’un processus ayant porté sur 33 propositions provenant de firmes d’architectes du monde entier. Le consortium a amorcé les travaux de conception au début de 2019, et inclura dans sa démarche des activités publiques ainsi que des consultations de la population, du personnel et de la communauté autochtone.

Le nouvel immeuble intégrera des salles de référence et de lecture qui faciliteront l’accès au patrimoine documentaire conservé par BAC. Modernes, modulables et dynamiques, ces espaces pourront être adaptés aux besoins de la clientèle et aux avancées technologiques. Et ce n’est pas tout : une salle d’exposition de qualité muséale sera spécialement conçue pour accueillir des articles de notre collection ainsi que des expositions itinérantes présentées par d’autres institutions. L’entrée de l’édifice et l’aire d’orientation de BAC comporteront aussi des espaces pour présenter des trésors de notre collection. En outre, des écrans et des reproductions seront installés dans divers lieux stratégiques du bâtiment.

Un centre de généalogie conjoint réunira également les ressources de BAC et celles de la Bibliothèque publique d’Ottawa autour d’un thème commun : l’histoire – tant locale que nationale – et les racines de la population et de la société canadiennes. Enfin, un laboratoire de restauration situé à côté de l’aire d’orientation de BAC permettra aux visiteurs d’observer les techniques utilisées par nos experts pour préserver nos archives.

Le nouvel édifice conjoint témoignera de l’importance que les Canadiens accordent aux bibliothèques et aux archives. Véritable incarnation de notre fierté envers l’identité canadienne, il offrira un espace accueillant, propice à l’apprentissage, à la découverte et à la collaboration, assorti d’une expérience client améliorée. Restez à l’affût pour tout savoir de ce projet emballant!

Au nom du gouvernement du Canada, je salue cette dernière étape qui nous rapproche de la construction d’une installation de pointe en plein cœur de la capitale du Canada. Nous sommes fiers de jouer un rôle important dans la création d’un lieu de mise en valeur de la culture et du patrimoine du Canada, dont pourront profiter les résidents et les visiteurs d’Ottawa et des environs.

L’honorable Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme
Communiqué de la Ville d’Ottawa, 15 novembre 2018
Recommandation d’un soumissionnaire préféré
 
 

Bertha Wilson : une vie à l’avant-garde

– par Elizabeth Campbell, archiviste, documents sur la gouvernance, Direction générale des archives

Portrait de Bertha Wilson comme juge à la cour Suprême du Canada vêtue d'une robe rouge avec un col de fourrure blanche

Portrait officiel de Bertha Wilson, Cour suprême du Canada, entre 1982 et 1991.
Source : fonds Bertha Wilson/e011201221
Photo : Michael Bedford, Ottawa

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) conserve les documents personnels de bon nombre de juges et de juges en chef de la Cour suprême. Il a récemment acquis ceux de l’honorable Bertha Wilson, pionnière, membre très respectée de la profession juridique et première femme nommée au plus haut tribunal du pays.

Bertha Wernham est née à Kirkcaldy, en Écosse, le 18 septembre 1923. Elle a obtenu une maîtrise ès arts de l’Université d’Aberdeen en 1944, puis un diplôme en éducation l’année suivante. Mariée au révérend John Wilson en décembre 1945, elle s’est établie avec lui à MacDuff, un village écossais de pêcheurs, où ce dernier a été ministre du culte. Quatre ans plus tard, le couple a émigré au Canada, s’installant à Renfrew (Ontario), où M. Wilson a rempli les mêmes fonctions au sein de l’Église unie. Après son enrôlement comme aumônier de marine pendant la guerre de Corée, les Wilson ont déménagé à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

À 31 ans, Mme Wilson a entrepris des études en droit à l’Université Dalhousie. Sa cohorte ne comptait que six femmes. Dans une allocution prononcée au congrès juridique de l’Australie, en 1983, elle expliquait :

J’ai tout de suite su que c’était ma place. J’étais comme un poisson dans l’eau, fascinée par l’histoire du droit et son évolution au rythme des changements sociaux, émerveillée par la latitude qu’il offrait. Comment avais-je pu ignorer aussi longtemps le rôle important qu’il joue en coulisses dans tout ce que nous entreprenons? De nouvelles perspectives se sont alors ouvertes à moi. Note de bas de page1 [Traduction]

Étudiante douée, Mme Wilson obtient son diplôme en 1958, puis elle est admise au barreau de la Nouvelle-Écosse. La même année, elle déménage en Ontario, où elle est admise au barreau, en 1959.

Tout au long de sa carrière, Mme Wilson a éliminé des obstacles et établi des précédents. Elle fut la première avocate, puis la première associée au cabinet torontois Osler, Hoskin et Harcourt, où elle a exercé de 1959 à 1975. En 1975, elle fut la première femme nommée à la Cour suprême (maintenant la Cour d’appel) de l’Ontario. À la suite de sa nomination, des rénovations au palais de justice se sont imposées puisqu’il ne s’y trouvait pas de toilettes pour femmes!

Photo noir et blanc d'une jeune fille devant un édifice de pierre habillée d'une courte jupe et souliers blancs

Bertha Wernham Wilson en Écosse, entre 1927 et 1929.
Source : fonds Bertha Wilson/e011201015

Le 4 mars 1982, Mme Wilson est devenue la première femme nommée à la Cour suprême du Canada, son mandat coïncidant avec l’avènement de la Charte canadienne des droits et libertés. Elle a joué un rôle important dans plusieurs affaires importantes, dont l’abolition de la loi sur l’avortement en 1988 (arrêt Morgentaler) et l’arrêt de 1990 sur l’admissibilité du syndrome de la femme battue comme moyen de défense (arrêt Lavallée). À sa retraite, le 4 janvier 1991, elle avait rédigé plus de 50 décisions s’appuyant sur la Charte. Dans son allocution de départ, elle a décrit ses années à la Cour suprême comme étant « exigeantes, mais exaltantes et agréables, surtout avec l’avènement de la Charte : les Canadiens ont pris conscience qu’il faisait bon vivre dans un pays offrant autant de droits et de libertés. » [Traduction] Ardente défenseure de la Charte, elle croyait que nous pouvions en être vraiment fiers.Note de bas de page2

Après son départ de la magistrature, Mme Wilson a siégé à la Commission royale sur les peuples autochtones (Commission Erasmus-Dussault, 1991-1996) et elle a présidé le Groupe de travail sur l’égalité des sexes de l’Association du Barreau canadien (1991-1993).

Le fonds Bertha Wilson couvre maints aspects de la vie et de la carrière de Mme Wilson, notamment les postes qu’elle a occupés au cabinet Osler, Hoskin et Harcourt, à la Cour suprême de l’Ontario et à la Cour suprême du Canada. On y trouve des notes d’audience, des dossiers, de la correspondance avec des collègues, plus de cent allocutions, ainsi que des archives sur des cérémonies d’assermentation, des départs à la retraite, des services commémoratifs et des visites officielles de dignitaires étrangers. Le fonds couvre aussi les rôles de Mme Wilson auprès de la Commission royale sur les peuples autochtones et du Groupe de travail sur l’égalité des sexes.

Les allocutions et les enregistrements de conférences de Mme Wilson aident les chercheurs à mieux comprendre ses points de vue sur des sujets comme la Charte, l’impartialité judiciaire, le droit de la famille et les droits de la personne.

Le fonds Bertha Wilson contient aussi quelques archives portant sur sa vie privée, notamment des photos et des lettres personnelles reflétant sa vie d’épouse d’un ministre du culte.

Bertha Wilson est décédée le 28 avril 2007 à 83 ans. Ses archives témoignent de son importante contribution à la société canadienne.

Photo couleur montrant Bertha Wilson assise à son bureau dans un environnement de travail avec des murs de bois

Bertha Wilson à son bureau, entre 1982 et 1991.
Source : fonds Bertha Wilson/e011201222

 
 

Portraits au musée Glenbow : la féminité vue par les femmes

– par Madeleine Trudeau, conservatrice, Direction générale des services au public

Estampe en noir et blanc montrant 3 femmes aux grosses jambes vêtues d'habits moulants

Spectacle burlesque, Cecil Tremayne Buller, 1945.
Source : collection du musée Glenbow, Calgary, Canada, 989.165.8

Certains plus grands portraits du Canada se trouvent dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Au printemps 2019, le musée Glenbow, à Calgary, accueillera la deuxième exposition d’une série de cinq, chacune mettant en valeur des portraits provenant de BAC.

La plus récente exposition, Regards féminins : portraits historiques de femmes réalisés par des femmes, propose des tableaux, des gravures, des photographies et des dessins réalisés par des artistes amateurs et professionnels.

Pendant une grande partie des 18e et 19e siècles, on refuse aux femmes l’accès au système de formation des écoles de beaux-arts. Il est alors impensable que les femmes puissent prendre l’art au sérieux.

Pourtant, beaucoup défient cette logique et connaissent une grande réussite comme artistes amateurs ou professionnels. Le portrait trace une voie alternative vers le succès artistique, sans s’appuyer sur une formation officielle.

Même si les perspectives des femmes s’améliorent, les artistes féminines choisissent différentes approches du genre, pour se l’approprier. Au milieu du 20e siècle, les représentations du corps féminin revêtent un nouveau symbolisme et des perspectives nouvelles émergent à l’extérieur de la tradition occidentale. L’exposition Regards féminins : portraits historiques de femmes réalisés par des femmes sera présentée au musée Glenbow du 8 mars 2019 au 5 janvier 2020.

BAC et le musée Glenbow conservent dans leurs collections quelques-unes des gravures sur bois primées de Cecil Tremayne Buller (1886-1973).

L’exposition propose des portraits liés à des jalons importants de l’histoire des femmes et des arts au Canada.

Rita Mount (1885-1967) fait partie de la première génération d’artistes canadiennes recevant une formation artistique équivalente à celle des hommes. Le portrait de sa condisciple Mabel Lockerby (1882-1976), probablement réalisé pendant leur passage à l’Association des arts de Montréal, documente cette période charnière. Il est conservé à BAC avec le carnet de croquis créé par Lockerby à l’école des arts.

Cette dernière participera à la fondation du Groupe de Beaver Hall, le premier grand rassemblement d’artistes canadiens comprenant des femmes.

Portrait peint en couleur d'une jeune femme autochtone béothuk vêtue d'un manteau rouge au col de fourrure

Demasduit, lady Henrietta Martha Hamilton, 1819.
Source : e010933312

Au moment où la Vancouvéroise Molly Lamb Bobak (1920-2014) cherche à lancer sa carrière, des perspectives plus vastes s’ouvrent aux femmes artistes. Pourtant, il faut attendre la Deuxième Guerre mondiale pour que Bobak devienne la première peintre de guerre officielle du Canada.

Ses journaux documentent la contribution du Service féminin de l’Armée canadienne (SFAC), où l’idéal classique de la féminité entre en contraste avec les règlements, les vêtements kaki et les bottes de l’armée.

Un des clous de l’exposition est un trésor inestimable conservé à BAC : le portrait miniature de Demasduit, peint en 1819 par lady Henrietta Martha Hamilton (1780-1857). C’est la seule image d’après nature connue d’un membre du peuple béothuk. La peinture en miniature est répandue à l’époque parmi les artistes amateurs de la haute société à qui on enseigne cet art « typiquement féminin ».

Lady Hamilton, épouse du gouverneur colonial de Terre-Neuve, apprend l’existence de Demasduit, enlevée par des colons. Pendant l’escarmouche, l’époux de Demasduit est tué et la jeune Béothuque est séparée de son nouveau-né. L’enfant, privé de lait maternel, en mourra.

Selon le courant dominant de l’époque, Demasduit gagnerait à être assimilée à la « civilisation » des colons britanniques. D’autre part, beaucoup veulent mettre un terme aux hostilités entre les colons et les Béothuks, surtout que la colonie prend de l’expansion. On espère donc qu’à son retour parmi les siens, Demasduit décrira les bons traitements reçus et aidera à améliorer les relations. Elle meurt cependant avant de revoir son peuple, qui s’éteindra moins de dix ans plus tard.

Lady Hamilton occupant une position prédominante dans la société de Terre-Neuve, elle a peut-être reçu Demasduit et peint son portrait pour donner le bon exemple.

Croquis de fusain en noir et blanc montrant le portrait d'une femme portant un chapeau à plume et une chemise avec cravate

Mabel Lockerby dessinée par Rita Mount, début du 20e siècle.
Source : fonds Mabel Lockerby/e002107422

Dessin noir et blanc d'une femme vêtue d'un tablier et bottes d'armée repassant un manteau militaire

Repassage au SFAC, Molly Lamb Bobak, décembre 1942.
Source : fonds Molly Lamb Bobak et Bruno Bobak/e006078922

 
 

Collections numériques : la voie de l’avenir

– par Sylvain Bélanger, directeur général, Direction générale des opérations numériques et de la préservation

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui arrive aux collections numériques une fois que Bibliothèque et Archives Canada les a reçues des éditeurs, des universités, des donateurs ou des organismes gouvernementaux?

Les collections analogues sont conservées dans des chambres fortes, soit dans des boîtes d’entreposage ou des contenants sur mesure, soit directement sur les étagères. Quant aux collections numériques, ce n’est pas aussi simple et depuis quelques années, c’est même très compliqué!

Traditionnellement, les spécialistes de la Préservation numérique, en collaboration avec les bibliothécaires et les archivistes, extrayaient manuellement les données, un bit à la fois : une opération de plusieurs heures. Puis ils transféraient le tout vers des formats actuels, lisibles et accessibles, qui peuvent être conservés à long terme. C’était un travail énorme!

Photo couleur montrant des écrans, des ordinateurs et des équipements divers reposant sur tables et chariots répartis dans une large salle.

Laboratoire de migration numérique de BAC. Photo : Sylvain Bélanger

Peu avant 2010, BAC a conçu un dépôt numérique fiable pour sa collection. Celui-ci nécessitait toutefois des interventions régulières et offrait peu d’options pour simplifier ou automatiser les tâches. À la même époque, BAC créait une Section de préservation numérique, discrète et dotée de peu de ressources. Compte tenu du volume croissant de documents numériques devant être préservés à long terme, BAC subissait des pressions internes et externes pour accroître sa capacité à cet égard.

En 2014, le vérificateur général du Canada a remis en question la capacité de BAC à privilégier le numérique comme format de préservation à compter de 2017. Son rapport précisait : « Bibliothèque et Archives Canada doit inscrire ces plans dans sa vision, sa mission et ses objectifs. Il doit ensuite mettre en œuvre des stratégies, des politiques et des procédures qui permettront le transfert et la préservation de documents numériques de manière à les rendre accessibles aux générations présentes et futures. » Il ajoutait : « Un système d’archivage électronique, comme un dépôt numérique fiable, pourrait aider [BAC] à acquérir et à préserver des documents numériques, et à faciliter l’accès à sa collection. »

Le rapport du vérificateur général était un appel à l’action pour traiter les contenus numériques. Il a motivé BAC à s’y attaquer avec détermination. En s’appuyant sur la rétroaction de ses intervenants, BAC a entamé des démarches pour acquérir un système de gestion des documents numériques taillé pour ses besoins. Après plusieurs mois de consultations auprès des entreprises et des partenaires, il a publié son appel à propositions au cours de l’été 2017.

Le résultat : la technologie Preservica Software fut acquise par BAC au cours de l’été 2018. Avec l’appui de technologies connexes, BAC pourra concevoir une solution de préacquisition, d’acquisition et de préservation pour ses collections numériques. Il ne recevra plus de disques durs ni d’autres supports technologiques et il modernisera complètement ses activités numériques.  

Nous voilà maintenant sur la ligne de départ!

Concrètement, nous en sommes encore aux premières étapes. Des équipes des Opérations numériques et de la Préservation, du Patrimoine publié et du Dirigeant principal de l’information traitent les premières collections numériques, de leur acquisition à leur préservation, sans oublier de penser à leur accessibilité future. Nous testons aussi les capacités de Preservica avec un logiciel de préacquisition des métadonnées et des documents. Tout est prévu afin de transformer la gestion de nos opérations. En outre, quand nous évaluons le déroulement des tâches, le personnel du Patrimoine publié collabore étroitement avec les spécialistes en préservation et en technologie de l’information pour mettre en place des procédures fluides et efficaces.

Avec ce projet, BAC est à l’avant-garde de l’acquisition et de la préservation numériques. Au pays comme ailleurs, de nombreux partenaires s’intéressent à son approche des quatre dernières années et à sa façon d’intégrer différentes technologies pour concrétiser sa vision à l’égard du patrimoine publié et archivistique.

Mais le plus important, ce sont les avantages à long terme d’un tel système pour les Canadiens : des collections bien préservées, accessibles où et quand ils le souhaitent.

Et ce n’est là qu’une des étapes de la transformation numérique de BAC.

 
 

Collaborer avec les universités, les archives et les musées

– par Cara Downey, analyste principale, Gouvernance, Liaison et Partenariats

Parchemin horizontal montrant un texte bilingue gothique sur 2 colonnes avec une armoirie en haut au centre et un sceau en bas à gauche

Proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982.
Source : fonds Industrie Canada/e008125379

Depuis ses débuts, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) noue des partenariats pour organiser des expositions, améliorer l’accès à sa collection, transmettre des connaissances, etc. Ces collaborations lui permettent d’établir et de renforcer des liens avec divers milieux, tout en assurant la mise en commun des connaissances et des compétences.

Le projet Mountain Legacy en est un bon exemple. Il a vu le jour à l’Université de l’Alberta au milieu des années 1990, avant d’être transféré à l’Université de Victoria. Notre contribution a débuté en 2001, alors que les Archives nationales formaient une entité distincte. Nous cherchions des photos de montagnes dans nos archives, nous les décrivions et les numérisions, puis nous les envoyions à l’Université de Victoria qui, en se fondant sur ces renseignements, photographiait les mêmes endroits (un procédé appelé « photographie répétitive »). Ensuite, elle combinait numériquement photos anciennes et contemporaines pour montrer l’évolution du paysage.Note de bas de page3

En 2004, les Archives et la Bibliothèque nationales se sont regroupées pour former BAC. Cette fusion a créé plusieurs possibilités de collaboration, qu’il s’agisse de projets nouveaux ou existants. Le bibliothécaire et archiviste du Canada Guy Berthiaume a poursuivi sur cette lancée en annonçant, dès son entrée en poste en 2014, quatre engagements conçus pour aider l’institution à s’acquitter de son mandat. L’un d’eux vise à faire de BAC une institution proactive, inscrite de manière ouverte et inclusive dans les réseaux nationaux et internationaux; il est décrit plus en détail dans le Plan triennal 2016-2019. Conformément à cet engagement, BAC a lancé des projets de collaboration avec de nouveaux partenaires locaux et étrangers, notamment des universités.

Photo couleur de groupe montrant une rangée de dix personnes devant une bannière.

Lancement du portail Web des femmes en STIM, 19 juin 2018.
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

Certains partenariats sont chapeautés par des protocoles d’entente génériques, qui peuvent être assorties d’ententes complémentaires. C’est ainsi qu’en 2015, BAC et l’Université d’Ottawa ont signé un protocole visant la conservation adéquate d’un ouvrage publié en 1517 et traduit du grec au latin : Platonis Opera. Dans la foulée, BAC a signé une entente complémentaire avec la bibliothèque de l’Université d’Ottawa pour mettre sur pied un centre d’expertise ayant pour nom les Archives canadiennes des femmes en STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Ce projet comprend entre autres la création d’un site Web ainsi qu’une analyse des fonds archivistiques pertinents des institutions canadiennes.Note de bas de page4

Autre exemple de collaboration : l’entente conclue entre BAC et les Archives nationales du Royaume-Uni pour souligner, dans les médias sociaux, le 100e anniversaire de la bataille de Vimy. En avril 2017, les deux institutions ont publié une série de billets de blogue sur le Corps expéditionnaire canadien et la bataille : contexte, faits saillants, dénouement, commémoration et œuvres artistiques.Note de bas de page5

BAC a aussi établi des partenariats avec d’autres institutions culturelles fédérales, dont le Musée canadien pour les droits de la personne, avec lequel il a signé un protocole d’entente ayant déjà mené au lancement de divers projets. L’un d’eux – l’exposition Proclamation 1982, qui sera bientôt présentée – misera de façon novatrice sur la réalité augmentée pour présenter aux visiteurs des articles conservés dans les collections des deux institutions portant sur la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, ainsi que sur ses répercussions sur les droits de la personne.

L’équipe Gouvernance, Liaison et Partenariats de BAC conçoit des outils de collaboration. De pair avec les secteurs responsables, elle rédige des protocoles d’entente et s’assure que les parties prenantes soient consultées.

Grâce à tous ces outils, BAC et ses réseaux peuvent travailler de près, partager leurs connaissances et trouver de nouvelles façons de servir les Canadiens.

 
Montage montrant un paysage noir et blanc avec soldats et un tank à gauche, et un paysage couleur à droite avec un monument et un joueur de clairon.

Bannière Web de BAC soulignant le 100e anniversaire de la bataille de Vimy.
À gauche : des Canadiens progressent dans le no man’s land avec un char d’assaut, avril 1917; à droite : vue du Mémorial national du Canada à Vimy.

 
 

Réconciliation : vérité et actions

– par Sarah Hurford, archiviste principale, Nous sommes là : Voici nos histoires, Bureau du bibliothécaire et archiviste du Canada adjoint; Del Jacko, conseillère, Engagement autochtone externe, Bureau du bibliothécaire et archiviste du Canada adjoint; et Hillary McLeod, conseillère en communications, Direction générale des communications

Illustration couleur montrant un chef autochtone vêtu d'un habit de cuir beige et d'un chapeau blanc pointu parlant avec un dirigeant métis au manteau noir.

Le chef Wapahaska (« Chapeau blanc ») et le dirigeant métis Gabriel Dumont, vers 1885.
Source : fonds Charles Berkeley/e010859195

Chez les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse, les gardiens du savoir transmettent avec soin et intégrité des connaissances importantes sur leur peuple, leur culture et leurs traditions. Au même titre, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) préserve une grande partie de l’histoire du pays. Nous avons à cœur de présenter notre collection fidèlement et respectueusement, profitant de chaque question posée et de l’expérience des visiteurs pour apprendre. Ceux-ci consultent nos collections pour diverses raisons : découvrir l’histoire d’un peuple, préparer des articles scientifiques ou documenter des affaires judiciaires, etc. Ils sont accueillis par des employés chevronnés qui répondent à leurs questions avec enthousiasme.

Toutefois, BAC évolue dans un contexte qui a beaucoup changé depuis 15 ans, surtout en ce qui concerne la relation entre le Canada et ses peuples autochtones. C’est pourquoi BAC a intensifié ses efforts favorisant la réconciliation. D’abord, nous avons soutenu le travail de la Commission de vérité et réconciliation du Canada en facilitant l’accès aux documents du gouvernement fédéral sur les pensionnats indiens. Ces documents font maintenant partie d’un fonds d’archives distinct conservé au Centre national pour la vérité et réconciliation, à l’Université du Manitoba.

En 2015, la Commission a publié 94 appels à l’action dans son rapport final. L’appel no 69 demande à BAC de rendre accessibles au public les fonds documentaires liés aux pensionnats et d’affecter des ressources à leur diffusion. Les travaux de la Commission ont ébranlé nos certitudes et montré la voie à suivre : nous devons faire connaître la vérité sur l’histoire canadienne dans le respect des traditions autochtones.

En 2016, BAC a signé un protocole d’entente avec le Centre pour garantir que les documents de la Commission soient préservés et continuent de favoriser la réconciliation. BAC joue un rôle essentiel à cet égard : fournir aux survivants des pensionnats, à leurs familles et à leurs communautés, ainsi qu’aux étudiants, aux enseignants et au grand public, de l’information pour susciter un dialogue national. Les appels à l’action inspirent de nouveaux projets et amènent BAC à repenser la façon dont il acquiert, préserve et rend accessibles ses ressources documentaires.

Grâce aux fonds accordés dans le budget fédéral de 2017, BAC a créé deux projets relatifs au patrimoine documentaire autochtone. Un cercle consultatif autochtone a aussi été mis sur pieds et il conseille BAC pour que ses processus tiennent compte des particularités culturelles. Les deux projets sont dirigés par des archivistes autochtones.

Le premier, Nous sommes là : Voici nos histoires, vise à numériser les collections de BAC concernant les Autochtones pour qu’elles soient librement et gratuitement accessibles en ligne. Le second, Écoutez pour entendre nos voix, aide à préserver les témoignages oraux dans les langues des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Des archivistes autochtones travaillant sur des territoires traditionnels établissent des méthodes de préservation personnalisées, axées sur la collaboration avec des communautés à l’échelle du pays.

 
Photo en noir et blanc montrant deux fillettes vêtues d'un manteau dont une inuit à gauche et une caucasienne à droite tenant une fleur sauvage.

Deux jeunes filles, Martha (à gauche) et Jo, faisant sécher des fleurs sauvages pour un concours à Iqaluit (Nunavut), 1960.
Photo : Rosemary Gilliat Eaton
Source : fonds Rosemary Gilliat Eaton/e010868656

Photo en noir et blanc montrant un artiste inuit produisant une estampe à l'aide d'un pochoir et d'une brosse.

L’Inuit Iyola Kingwatsiak réalisant une estampe, Cape Dorset (Kinngait), Nunavut, 1960.
Photo : Rosemary Gilliat Eaton
Source : fonds Rosemary Gilliat Eaton/e010869009

Nous avons aussi créé un programme de financement pour appuyer les communautés autochtones voulant numériser les enregistrements en langues autochtones en leur possession. BAC versera des fonds aux organisations et aux communautés des Premières Nations, des Inuits et de la Nation métisse et les aidera à assurer la préservation de leurs documents.

BAC expose fréquemment des archives et des publications pour faire connaître les histoires et le patrimoine des peuples autochtones, les rendre plus accessibles et faire connaître et apprécier la diversité culturelle du Canada. Nos collections peuvent aussi être consultées sur de nombreuses plateformes : catalogues, médias sociaux, balados et blogues.

À l’interne, nos employés profitent de l’appel à l’action no 57 de la Commission, qui demande à l’administration fédérale d’offrir des activités de formation à son personnel. Nous voulons compter sur un effectif culturellement éveillé et sensible aux patrimoines et aux façons de faire des peuples autochtones. Nous avons déjà organisé plusieurs « activités des couvertures » pour aider le personnel à connaître l’histoire des peuples autochtones et nous recherchons constamment des occasions de sensibilisation.

BAC continuera de collaborer étroitement avec les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse. Le Cercle consultatif autochtone offre des conseils et des enseignements pour rationaliser nos processus et nous faire progresser vers la réconciliation. Ce n’est qu’un début, nous en sommes conscients. Mais nous sommes bien déterminés à regarder la vérité en face et à agir.

 
 

Chefs-d’œuvre, création et premiers ministres

– par Meaghan Scanlon, bibliothécaire des collections spéciales, Direction générale du patrimoine publié, et Madeleine Trudeau, conservatrice, Direction générale des services au public

Toile dépictant une obscure salle de style gothique avec la reine Victoria agenouillée devant un cercueil au millieu entourée d'individus debouts vêtus de noir.

La reine Victoria rend hommage à feu le premier ministre canadien, Frederick Marlett Bell-Smith, 1896.
Source : collection Frederic Marlett Bell-Smith/c141808k

L’exposition de Bibliothèque et Archives Canada Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses, présentée à Ottawa, constitue à bien des égards un exemple parfait du mariage entre la Bibliothèque nationale et les Archives nationales. Elle est le fruit d’un dialogue entre ses deux conservatrices : Meaghan Scanlon, bibliothécaire spécialiste des livres rares, et Madeleine Trudeau, conservatrice spécialisée dans le domaine des arts.

C’est en travaillant sur la bibliothèque personnelle de William Lyon Mackenzie King – qui occupe un espace non négligeable dans la chambre forte des livres rares de BAC – que Meaghan a eu l’idée d’organiser une exposition sur les bibliothèques des anciens premiers ministres. Madeleine a alors fait remarquer que BAC conserve aussi l’imposante collection d’œuvres d’art de King. Le coup d’envoi était donné pour créer cette nouvelle exposition qui rassemble du contenu provenant de toutes les collections de BAC. Livres jeunesse et musique en feuille y côtoient des lettres, des fichiers audio et des portraits, comme ce dessin de King accompagné de son fidèle chien Pat, créé par Arthur Lismer du Groupe des Sept. Chaque article de l’exposition témoigne des relations que nos premiers ministres ont entretenues avec les arts visuels, la littérature et les arts de la scène.

 

Dans le hall d’entrée du 395, rue Wellington, une ligne du temps montrant la succession des premiers ministres rafraîchira la mémoire des visiteurs, juste au cas! Sur les murs, l’on pourra admirer des caricatures dépeignant certains premiers ministres en tant qu’artistes, ainsi que des images de célébrités ayant pris la pose avec des premiers ministres. Pour faire honneur à l’ère de l’égoportrait, les visiteurs pourront aussi se photographier avec de célèbres premiers ministres figurés en carton grandeur nature!

Dessin à gros traits d'un homme portant chapeau, manteau et cane debout à gauche d'un chien sur pattes.

Mackenzie King et son chien Pat, Arthur Lismer, vers les années 1940. Avec la permission de la succession Arthur Lismer.
Source : fonds Harry Orr et Dorothy Jenkins McCurry/e011201014

Page verticale manuscrite (en anglais) avec signature dans le bas.

Page d’une lettre écrite par E. Pauline Johnson à Wilfrid Laurier, le 8 avril 1906.
Source : fonds Sir Wilfrid Laurier/e011180873

Les visiteurs passeront ensuite à la salle d’exposition principale, divisée en quatre sections : Mécènes, Muses, Collectionneurs et Créateurs. La section Muses (la plus grande) présente des œuvres inspirées par des premiers ministres, notamment trois grands tableaux commémorant le décès de sir John Sparrow David Thompson.

Thompson mourut subitement pendant un dîner avec la reine Victoria, ce qui déclencha un deuil public dans l’ensemble du Canada. L’artiste Frederick Marlett Bell-Smith, jugeant le contexte propice à la commande d’une importante œuvre d’art publique, peignit ces tableaux. Il ne parvint toutefois pas à les vendre au gouvernement.

L’exposition montre aussi le rôle de mécènes joué par certains premiers ministres. Sir Wilfrid Laurier, par exemple, a contribué de manière importante à la carrière de la poétesse mohawk (haudenosaunee) E. Pauline Johnson, aussi connue sous le nom de Tekahionwake. Les visiteurs pourront voir des lettres dans lesquelles Johnson remercie chaleureusement le premier ministre et son épouse pour leurs encouragements et leurs conseils.

 
Photo en noir et blanc prise du haut d'un escalier de six étages montrant un effet de spirale.

Photo architecturale attribuée à Pierre Elliott Trudeau, 1958.
© Succession Pierre Elliott Trudeau. Source : e011180867

Cette photo amateur, qui aurait été prise par Pierre Elliott Trudeau, se trouve dans la section Créateurs.

Enfin, la section Collectionneurs consacre un coin à la bibliothèque de William Lyon Mackenzie King. Dans son testament, King léguait une bonne partie de ses biens au peuple canadien. Il nommait aussi des exécuteurs testamentaires pour disposer de ses documents et de ses livres. L’un de ces exécuteurs, William Kaye Lamb, décida de transférer de nombreux ouvrages de King à la Bibliothèque nationale; l’exposition en propose une sélection. (Soulignons que Lamb devint le premier bibliothécaire national du Canada lors de la création de la Bibliothèque nationale, en 1953. Il fut aussi premier à cumuler les fonctions de bibliothécaire et d’archiviste national, puisqu’il dirigeait depuis 1948 les Archives nationales, où il avait été nommé par nul autre que Mackenzie King.)

Les sujets traités dans les ouvrages ayant appartenu à King témoignent de ses intérêts, tandis que les dédicaces d’amis comme Eleanor Roosevelt nous renseignent sur son réseau social. Les visiteurs sont invités à s’installer dans un fauteuil pour parcourir un livre électronique, qui leur fera découvrir certains pans de la vie de King à travers sa bibliothèque.

L’exposition, qui se veut amusante et apolitique, présente aussi un article pour le moins inusité : grâce à l’aide de l’équipe responsable des archives politiques de BAC, qui reste en contact avec les bureaux des anciens premiers ministres canadiens, elle comprend une chemise prêtée par le premier ministre Paul Martin. Sans le savoir, M. Martin a, en effet, inspiré un dessinateur de mode turc qui a créé une ligne de vêtements baptisée Paul Martin Canadian!

Devant d'une chemise boutonnée à motif de tête de tigre sur fond bleu-marin.

Chemise pour homme avec imprimé de tigres, Paul Martin Canadian, vers 2016.
Avec la permission du très honorable Paul Martin.
Photo : David Knox, BAC

Haut d'une page d'un livre avec une dédicace de Eleanor Roosevelt en haut à droite et une datation manuscrite au milieu-gauche indiquant le 19 janvier 1943.

Détail d’une page du livre This Is My Story [Voici mon histoire] par Eleanor Roosevelt, ayant appartenu à William Lyon Mackenzie King. La dédicace de l’auteure est visible. King a noté la date à la main.
Source : collection de livres provenant de la bibliothèque de William Lyon Mackenzie King/OCLC 466322

Pour en savoir plus, visitez l’exposition ou lisez nos billets de blogue à ce sujet. Et profitez-en pour vous photographier avec votre premier ministre favori!

L’exposition Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses se déroule du 7 février au 3 décembre 2019, au 395, rue Wellington à Ottawa.

 
 

Les joies des instruments de recherche

– par Amy Tector, directrice intérimaire, Expositions et Contenu en ligne, Direction générale des services au public

Deux hommes assis a une table devant des étagères contenant plusieurs boîtes de classement.

Daniel Somers (à gauche) et George de Zwaan, anciens archivistes de référence à BAC, dans l’ancienne salle de référence de BAC au 395, rue Wellington, à Ottawa
Photo : David Knox, BAC

Soyons francs : les instruments de recherche n’emballent personne. Mais ils n’en sont pas moins essentiels. À mes débuts comme archiviste de référence aux Archives nationales du Canada, mon cœur se serrait chaque fois qu’une description portait la mention « aucun instrument de recherche disponible ». Et pour cause : sans cette liste ennuyante – mais ô combien utile – de tous les documents composant une collection, j’en avais pour des heures à chercher dans le vide. Au fil des ans, les journées passées dans la salle de lecture à fouiller et à me couper sur le papier ont façonné mon appréciation pour ces outils sous-estimés.

Qu’il s’agisse d’une série de noms propres gribouillés sur des feuilles ou d’une liste de 1 000 pages de titres soigneusement dactylographiés par le ministère de la Défense nationale, les instruments de recherche sont indispensables pour explorer les archives. Peu connus de l’utilisateur moyen qui préfère recourir aux mots-clés, ils offrent aux chercheurs la clé nécessaire pour repérer les trésors dont ils ont besoin.

Comme leur nom l’indique, les instruments de recherche sont des outils qui nous aident à chercher (et à trouver!) de l’information dans un fonds, une collection ou une série de documents. À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), ils prennent souvent la forme de listes dans lesquelles sont indiqués le nom et la date des documents ainsi que leur emplacement physique. Mais, parfois, il s’agit de fichiers électroniques, de planches-contacts, de microfiches, de microfilms ou même d’épreuves photographiques! Tous ont un point en commun: ils tracent le portrait détaillé d’une collection.

Tiroir de fiches signalétiques contenant la fiche du plan 7457.

Ces véritables cartes au trésor, BAC en possède des milliers, mais la plupart ne sont pas numérisées. Les chercheurs qui souhaitent les consulter doivent donc venir nous visiter à Ottawa ou à nos bureaux de Vancouver, Winnipeg ou Halifax. Vous voyez le problème pour ceux qui ne peuvent se déplacer! C’est pourquoi BAC a entrepris de numériser tous ses instruments de recherche, puis de les annexer à son outil Recherche dans la collection. C’est ce que nous appelons le projet « boîtes grises », en l’honneur des boîtes dans lesquels ils sont conservés. Les progrès sont encourageants : depuis cinq ans, l’équipe responsable en a numérisé plus de 2 000! Et ce n’est pas tout : quand un instrument est écrit à la main ou difficile à lire, nous le retranscrivons. À ce jour, plus de 150 000 documents sont décrits et sont accessibles dans notre catalogue.

BAC accorde tant d’importance à ces précieux instruments de recherche qu’il mettra bientôt les bouchées doubles pour qu’ils soient presque tous numérisés d’ici 2024. Toute la population canadienne pourra alors profiter de ces mines d’information.

 
 

Perspectives de BAC

Vancouver : Défi Co-Lab – Bill Miner

– par Caitlin Webster, archiviste, Division des services de référence

Vieille affiche (en anglais) avec l'entête «500 $ de récompense», suivi d'une photo, d'une notice et d'une description du criminel au bas.

Affiche annonçant une récompense pour la capture de Bill Miner, envoyée aux corps de police, à diverses publications et à des agences de détectives privés.
Source : fonds du Service correctionnel du Canada/e011201060

 

Un fascinant défi vous attend depuis peu sur Co-Lab : la transcription des dossiers portant sur Bill Miner, surnommé « le renard gris » et « le gentleman cambrioleur ». Criminel notoire au Canada et aux États-Unis, Miner fut l’auteur de dizaines de vols et de nombreuses évasions. Malgré ses méfaits, plusieurs voyaient en lui un héros populaire, car il ne s’en prenait qu’aux entreprises. Au début des années 1900, il dévalisa des convois du chemin de fer Canadien Pacifique en Colombie-Britannique. Arrêté au printemps de 1906, il fut condamné à la prison à vie et interné au Pénitencier de la Colombie-Britannique, un établissement à sécurité maximale, situé à New Westminster, d’où il s’évada le 8 août 1907.  

Les documents choisis pour ce défi Co-Lab consistent en trois dossiers du Pénitencier ayant trait à Bill Miner et à son évasion. On y trouve des photos signalétiques de Miner, des formulaires sur son internement, des rapports rédigés par les dirigeants de la prison, des coupures de presse et des lettres de personnes disant avoir aperçu Miner, même après son décès! Venez relever le défi!

 

Halifax : Atelier sur la Première Guerre mondiale

– par Leah Rae, archiviste, Division des services de référence

Photo en noir et blanc d'une tranchée montrant 4 soldats à l'avant gauche et 5 à l'arrière droit.

Membres du régiment des Grenadier Guards (Corps expéditionnaire canadien) dans une tranchée à Armentières, France, février 1915.
Source : fonds Horace Brown/a107237

L’automne dernier, l’archiviste Valerie Casbourn, du bureau de BAC à Halifax, a conçu un atelier intitulé « Dans les tranchées : archives numériques de la Première Guerre mondiale ». Organisé en collaboration avec les bibliothèques publiques d’Halifax, il a été présenté quatre fois à la Bibliothèque Alderney Gate, à Dartmouth (Nouvelle-Écosse). Les participants y ont appris à faire des recherches dans les dossiers numérisés du Corps expéditionnaire canadien, soit les dossiers des personnes ayant servi lors de la Première Guerre. Ils ont aussi exploré divers documents, dont des journaux de guerre, des photos, des listes de passagers et des dossiers de cour martiale. L’atelier a ensuite été offert à la Bibliothèque publique de Vancouver par Susanne Sulzberger, archiviste à notre bureau de Vancouver. D’est en ouest, l’atelier a connu un vif succès!

Winnipeg : Service canadien de la faune

– par David Cuthbert, archiviste, Division des services de référence

Photo en noir et blanc d'un marais avec une oie à la droite, un canard à la gauche et de neuf cannetons au centre.

Refuge d’oiseaux d’Inglewood, Calgary (Alberta), janvier 1938.
Source : fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien/RG109, no d’acquisition 1996-97/271, boîte 44, dossier 410/09, partie 1

Depuis 1917 au moins, année de l’adoption de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, les organismes fédéraux canadiens doivent surveiller les populations d’oiseaux menacées par les activités humaines (comme la chasse). De nos jours, certaines espèces aviaires doivent également lutter contre la disparition des habitats et les changements climatiques.

Les archives d’organismes de conservation, comme le Service canadien de la faune, offrent de précieux renseignements historiques sur les populations d’oiseaux et les routes migratoires, ce qui permet d’établir des comparaisons avec la situation actuelle. Le bureau de BAC à Winnipeg conserve une large collection de documents produits dans les années 1920 par le Service de la faune ou ses prédécesseurs, notamment des rapports et des études sur des refuges d’oiseaux et des aires de conservation de la faune dans l’Ouest canadien.

On pense souvent à BAC pour des recherches sur l’histoire sociale, culturelle et politique, mais certaines archives constituent des sources inestimables pour l’étude de l’histoire naturelle.

Gatineau : Le Centre de préservation, un immeuble remarquable

– par Sylvain Salvas, conseiller principal en communications, Direction générale des communications

Photo couleur d'une façade miroitante avec structure en forme de tour de forage

Centre de préservation de BAC, à Gatineau.
Photo : Gordon King

Le Centre de préservation de BAC à Gatineau a reçu le prix 2018 « Immeuble exceptionnel de l’année » (TOBY®) lors d’une récente cérémonie organisée par BOMA Canada. Ce programme, le plus prestigieux et le plus complet en son genre dans l’industrie de l’immobilier commercial au Canada, récompense la qualité des immeubles et l’excellence de leur gestion. L’évaluation repose sur de nombreux critères, dont la conservation de l’énergie, l’environnement, la durabilité, la préparation aux situations d’urgence, les normes de sécurité et la formation du personnel de l’immeuble.

BAC et Brookfield Global Integrated Solutions Canada LP, l’entreprise qui gère l’immeuble, ont soumis la candidature du Centre de préservation au concours international TOBY®. Les gagnants seront dévoilés en juin 2019 à Salt Lake City, aux États-Unis.

 
 

Le centenaire des chemins de fer nationaux du Canada

– par Andrew Elliott, archiviste, Direction générale des archives

Photo en noir et blanc montrant une locomotive profilée, des passagers qui embarquent, un rail terminal à droite, et des édifices en arrière-plan.

Locomotive 6400 du CN à la gare Bonaventure, Montréal (Québec), 1936.
Source : fonds de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada/e010861842

Dans le numéro de novembre 1926 du Canadian National Railways Magazine, le président de la compagnie, sir Henry Thornton, déclare : « Les deux plus grands atouts de n’importe quel chemin de fer sont : 1) le soutien loyal de cadres et d’employés fiers de leur entreprise, animés par le sens du devoir; 2) la capacité de gagner et conserver la confiance et la fidélité de la collectivité desservie. Le passager est notre invité et il mérite un traitement digne de ce statut. Offrir un transport à un coût raisonnable et un service courtois constitue une obligation fondamentale. » [Traduction]

Cette attitude positive et pleine d’espoir, axée sur les services à la population et aux collectivités, oriente la fondation et l’exploitation de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), le chemin de fer du peuple. Ce principe guidera les dirigeants, à divers degrés, pendant plusieurs décennies.

Le CN voit le jour il y a un siècle, le 6 juin 1919. Cette organisation publique regroupe des réseaux privés et publics; elle a pour mission d’assurer un service stable partout au pays.

Pendant les deux premières décennies du 20e siècle, trop de compagnies ferroviaires vivotent ou déclarent faillite, ce qui constitue un facteur d’instabilité pour les Canadiens et leur économie. De 1919 à 1923, plusieurs sociétés, dont Canadian Northern, Grand Trunk Pacific et Grand Trunk, se joignent au CN. Même si celui-ci reçoit l’appui du gouvernement fédéral jusqu’en 1996, année où le secteur privé en devient propriétaire, ses intérêts et son fonctionnement ne sont pas ceux d’une société d’État. Ce partenariat entre les deux secteurs est unique en son genre.

Illustration couleur montrant une scène bucolique avec 2 femmes portant des vêtements des années 20 tenant un seau, sous un pavillion de bois avec un puit au centre.

Couverture du Canadian National Railways Magazine illustrée par l’artiste Alex Valentine, mai 1927.
Source : fonds de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada/e011201258
 

Deux photos en noir et blanc montrant un couple, un homme et une jeune fille devant une maison et un couple avec deux chevaux travaillant dans les champs.

Page 54 d’un album de la Canadian National Land Settlement Association documentant l’établissement de familles d’immigrants, 1928.
Source : fonds de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada/e011000074

Avec ses innombrables services, le CN essaie de répondre aux besoins de tous. Son histoire comporte donc de nombreux volets, comme en témoigne la vaste et riche collection de Bibliothèque et Archives Canada (voir le fonds MIKAN no 95 et ses 16 000 contenants).

Le fonds, à l’image de la compagnie, ressemble à une hydre, cette créature à plusieurs têtes. Il compte une myriade de séries et de sous-séries, sans parler des documents de nombreuses compagnies privées actives pendant le 19e et le début du 20e siècles, dont le Grand Trunk Railway. Étonnamment, les documents de ces compagnies représentent environ 70 % du fonds. De quoi donner des maux de tête aux chercheurs (ou aux archivistes)!

Il y a plusieurs façons d’aborder son exploration. La première consiste à plonger dans les quelque 100 000 photographies du fonds. Les dossiers de la Canadian National Land Settlement Association (Association du Canadien National pour la colonisation rurale) constituent une autre option intéressante.

Cette association est créée le 9 mars 1925, dans le cadre d’un programme du CN visant à promouvoir l’immigration et la colonisation au Canada. Grâce au programme, le chemin de fer voit ses activités augmenter et il peut se départir de certaines concessions foncières. Plus de 27 000 immigrants aidés par l’Association reçoivent de l’argent pour se procurer terres, équipement et bétail.

Le programme se poursuit jusqu’en 1963. De nombreux rapports (voir les sous-séries MIKAN nos 4958005 et 5085592) documentent l’établissement des familles, particulièrement dans l’Ouest canadien au cours des années 1920 et 1930. Ces ressources inestimables et détaillées fournissent aussi des renseignements sur l’origine des immigrants ainsi que des photographies.

Page couverture  d'une brochure couleur dessinée montrant bouleaux, rivière, connifères sur une île, une falaise et un panorama montagneux.

Brochure touristique du CN, 1930.
Source : fonds de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada/e011202274

Le fonds contient également des documents créés par le service de publicité du CN. Les magazines et les brochures touristiques, magnifiquement illustrés, sont remarquables. Les brochures des années 1920 et 1930, surtout, projettent une idée romantique du Canada. Presque toutes celles qui ont été produites entre 1929 à 1959 se trouvent dans la série du service des relations publiques (no MIKAN 164439), car elles font la promotion des services du CN au Canada et à l’étranger.

Un historien de la culture pourrait s’intéresser à l’évolution des couvertures illustrées au fil des ans. Certaines des plus admirables, dans les années 1920 et 1930, sont d’un magnifique style art nouveau. Par la suite, celles-ci devinrent plus utilitaires.

Le CN publie en outre le Canadian National Railways Magazine, une revue grand format de luxe. Ses couvertures en couleur sont souvent illustrées par l’artiste Alex Valentine, qui fait le même travail pour le populaire Canadian Home Journal.

Le contenu est fort varié : horaires, histoires fictives, design des maisons, mode, voyages, sports, anecdotes inspirantes et discours. Par exemple, un article de mars 1927 porte sur les voyages à Kitwancool, un village autochtone isolé en Colombie-Britannique. Les numéros de juillet et août soulignent le jubilé d’or du Canada et présentent le plus vieux pensionné du CN, âgé de 101 ans! On y apprend aussi que le service radiophonique du CN, créé quatre ans plus tôt, a présenté le 1er juillet 1927 la toute première émission radiodiffusée d’un océan à l’autre.

En 2019, il est difficile d’imaginer à quel point les chemins de fer étaient essentiels pour le tissu social canadien. Le centenaire du CN et les 15 ans de Bibliothèque et Archives Canada offrent une excellente occasion de plonger dans l’histoire et de s’offrir un voyage dans la collection d’archives du CN.

 
 

Gatineau 2 : Préserver notre patrimoine

– par Nathalie Ethier, directrice de projet, Gatineau 2, Direction générale des biens immobiliers

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) se trouve aujourd’hui à un carrefour où convergent innovation et infrastructures. Il se dotera en effet d’une nouvelle installation spécialisée qui lui permettra d’optimiser les conditions de préservation de sa collection et d’accroître son espace d’entreposage.

La nouvelle installation, appelée pour l’instant Gatineau 2, s’élèvera derrière le Centre de préservation actuel de BAC, un édifice emblématique auquel elle sera reliée. Offrant souplesse et longévité, sa conception écologique répondra aux priorités du gouvernement canadien consistant à investir dans la culture et les infrastructures durables.

La construction se fera dans le cadre d’un partenariat public-privé, un processus novateur axé sur l’innovation et la performance. Les conditions socioéconomiques actuelles et l’émergence d’une culture de la performance favorisent l’éclosion de modèles d’approvisionnement de cette nature.

Le patrimoine documentaire du Canada conservé par BAC constitue une collection riche et unique qui retrace l’histoire de notre pays depuis 150 ans. Préserver cet héritage pour les générations d’aujourd’hui et de demain est primordial. Mais BAC se soucie également de la pérennité du patrimoine écologique : c’est pourquoi, avec Gatineau 2, il s’engage à soutenir la Stratégie pour un gouvernement vert en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre. Il veillera donc à ce que son nouveau centre de préservation soit écoénergétique, résilient et durable. Ce sera d’ailleurs la première installation gouvernementale prête pour le carbone net zéro – l’un des objectifs de la Stratégie –, et le premier centre d’archives des Amériques à atteindre cette norme.

À la fine pointe de la technologie, le nouveau centre deviendra le plus vaste établissement au monde doté d’un système automatisé de stockage et de récupération des archives. Il offrira un espace d’entreposage de 21 500 mètres cubes – l’équivalent de 8,5 piscines olympiques – réparti en deux zones à l’environnement rigoureusement contrôlé.

Le Centre de préservation actuel ne sera pas en reste : le projet Gatineau 2 prévoit l’optimisation de son espace d’entreposage ainsi qu’une réduction de 80 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Le processus d’approvisionnement se fondait d’ailleurs sur des critères de durabilité écologique appuyant les efforts du gouvernement en gestion environnementale. C’est ainsi que la remise en état de certaines de ses chambres fortes aidera BAC à réduire son empreinte environnementale et à écologiser ses activités, grâce à des systèmes plus efficaces et à des structures d’entreposage adaptées.

Pour en revenir au nouveau centre, le consortium responsable de la conception, de la construction et de l’entretien est maintenant choisi, et le contrat devrait être attribué d’ici l’été prochain. Le chantier s’étalera sur environ trois ans; les portes ouvriront donc à l’été 2022. Les travaux d’optimisation du Centre actuel suivront peu après.

Restez à l’affût pour connaître les dernières nouvelles concernant le projet Gatineau 2!

Chiffres relatifs au projet Gatineau 2
voir ci-dessous pour une version textuelle du graphique
Version textuelle

Le projet en chiffres

  • 500 ans d'archives préservées
  • Bâtiment conçu pour atteindre une durée de vie de 100 ans
  • Investissement de près de 400 millions de dollars pour la construction, le design et le financement
  • 21 500 mètres cubes de capacité d'entreposage
  • Optimisation de l'espace pour réduire de 50 % l'empreinte environnementale de BAC
  • Contrat mis en place en 2019 et mise en service du Centre en 2022
  • Le Centre de préservation est gagnant de 4 prix régionaux et d'un prix national (BOMA Toby Awards)

 

============> RENDU ICI

 
 

BAC en tournée

Photo en noir et blanc d'une élégante dame se tenant debout accotée sur un fauteuil, portant un chapeau.

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Salles d’art canadien et autochtone
Décembre 2018 à décembre 2019

Dame sophistiquée
Brodie Whitelaw, années 1940
Épreuve à la gélatine argentique

Bibliothèque et Archives Canada, fonds A. Brodie Whitelaw, e011202563

Page verticale en parchemin montrant un ruban bleu et un sceau rouge en haut à gauche et un texte (en anglais) manuscrit calligraphique à l'encre noire.

Musée canadien pour les droits de la personne, Winnipeg
La protection des droits au Canada
22 octobre 2018 au 12 août 2019

Traité n° 6 de l’Ouest (pages 1, 8 et 9)
Signé par les honorables commissaires Alexander Morris, James McKay et William Joseph Christie (au nom de la reine Victoria) et par des représentants des Cris des plaines, des Cris des bois et d’autres Premières Nations, septembre 1876
Encre sur papier, sceaux et ruban

Bibliothèque et Archives Canada, fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, e004156541, 548 et 550

Vieille feuille de papier verticale montrant un texte (en anglais) en cursive manuscrit avec marge à gauche et un écusson Canada étampé au bas.

Musée canadien de l’histoire, Gatineau
Salle de l’histoire canadienne
Prêt à long terme

Ébauche de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique rédigée par sir John A. Macdonald,
avec annotations ultérieures de sir Joseph Pope, vers 1866-1867
Document manuscrit

Bibliothèque et Archives Canada, fonds Sir John A. Macdonald, e011081134

Médaille argentée ronde montrant un bas relief d'un chef indien à la droite d'un officier lui serrant la main.

Musée canadien de l’immigration du Quai 21, Halifax
Négocier la colonisation
Prêt à long terme

Médaille présentée aux chefs indiens pour commémorer les traités nos 3 à 8
J. S. et A. B. Wyon, 1873-1899
Médaille en argent

Bibliothèque et Archives Canada, collection Marcella Percy Richardson, e000009998

 
 
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