Signatures, Printemps / Été 2016

Introduction

Quelle est l'institution canadienne la mieux placée pour consacrer un dossier complet au thème du secret? Sans conteste, Bibliothèque et Archives Canada. Son symbole n'est-il pas une sculpture nommée Le banc secret de la connaissance, une création de l'artiste ontarienne Lea Vivot? Les 22 millions de livres et les 250 kilomètres de documents archivistiques qui composent la collection de BAC n'ont pas fini de livrer leurs secrets, qu'on les consulte en personne ou dans leur version numérisée, sur le Web. Et ils ne le feront sans doute jamais. Quand ils l'auraient fait, il eût encore resté aux générations futures 30 millions de photographies, 3 millions de cartes, 550 000 heures d'enregistrements audiovisuels et 425 000 oeuvres d'art à déchiffrer et décrypter.

C'est donc à coeur joie que le deuxième numéro de Signatures explore les marges de l'histoire officielle. La correspondance intime de Wilfrid Laurier, l'attrait de Mackenzie King pour le spiritisme, les messages cryptés transmis à John A. Macdonald par le lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest Edgar Dewdney, les oeuvres d'art créées par des militaires britanniques avant la Confédération, sont autant de sujets d'enquête pour les collègues de BAC. De même que deux livres de codes secrets utilisés par le War Office pendant la Grande Guerre et qui étaient destinés à la destruction; ainsi qu'un ouvrage hébreu du XVIe siècle caviardé à l'encre ferrogallique, dont la restauration révèle des passages qu'on croyait disparus à jamais; sans oublier les témoignages sur la saga oubliée des castors trop fertiles de Patagonie retracés par notre collègue Alexandra Clemence et, mon coup de coeur, les 12 volumes ornés d'une peinture sur gouttière faisant partie de notre collection de livres rares.

Est-ce son habitude de vivre avec les secrets qui fait de BAC une institution aussi discrète? Chaque jour, les photographies de notre collection sont utilisées par les quotidiens canadiens pour illustrer leurs articles sans que les lecteurs ne le remarquent dans les sous-titres. En permanence, des oeuvres de notre collection sont accrochées sur les murs des musées les plus prestigieux sans que les visiteurs distraits ne remarquent leur provenance, discrètement mentionnée sur les cartels accompagnant les peintures et les gravures.

Contrairement au rival de Winston Churchill, dont ce dernier disait « C'est un homme d'une grande modestie. Et il a toute raison de l'être », je suis d'avis que BAC a tout intérêt à valoriser ses collections et ses services en se dotant d'un profil public plus affirmé. J'en veux pour preuve deux sujets traités dans la section Perspectives de BAC de la revue : en premier lieu, la superbe exposition Alter ego : les bandes dessinées et l'identité canadienne, dont la conservatrice est notre collègue Meaghan Scanlon, et qui sera en montre au 395, Wellington jusqu'au 14 septembre prochain. Et, deuxième indice : notre décision récente de déménager nos services à la clientèle de l'Atlantique – actuellement localisés dans un parc industriel de Dartmouth – vers le centre d'Halifax, dans le très populaire et très fréquenté Musée canadien de l'immigration du Quai 21.

Ars est celare artem? Très peu pour nous, merci.

Bonne lecture et prière de partager nos secrets!

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada

Les codes secrets avant Enigma

— par Marcelle Cinq-Mars, archiviste

Deux petits livres usés, fatigués par l'intense usage auquel on les a soumis, reposent tranquillement depuis des années dans le fonds Sir J. W. Flavelle à Bibliothèque et Archives Canada. Au premier regard, ils n'accrochent pas l'oeil. En les ouvrant, tout change. On découvre alors que ces livres sans signes distinctifs recèlent une page secrète de l'histoire de la Première Guerre mondiale. Ils lèvent le voile sur un monde où espions et saboteurs se terraient dans tous les coins et où tous les coups étaient permis dans le seul but de détruire l'ennemi.

L'histoire de l'espionnage – cette guerre de l'ombre – demeure méconnue. Si plusieurs personnes ont entendu parler de la fameuse machine Enigma, créée par les Allemands pour coder leurs messages pendant la Seconde Guerre mondiale, et des héros de Bletchley Park qui ont percé son secret, peu savent qu'elle a été mise au point grâce aux leçons apprises 30 ans plus tôt.

Au début du XXe siècle, le télégraphe et la télégraphie sans fil – celle-ci utilisant les ondes radio – sont à la fine pointe des moyens de communication. Ces technologies sont cependant faciles à saboter ou à détourner : il suffit de couper quelques fils dans des poteaux, de sectionner des câbles sous-marins ou d'installer des antennes aux bons endroits.

Au mois d'août 1914, l'Europe s'embrase. Les Anglais, pressentant leur participation imminente au conflit, envoient alors un navire spécial au large des côtes allemandes. Sa mission : repérer le câble télégraphique sous-marin provenant d'Allemagne. Lorsque le Royaume-Uni entre à son tour dans la Première Guerre mondiale, il ne faut que quelques heures à l'équipage de ce navire pour draguer et sectionner ce câble.

Quelques semaines plus tard, les Russes remettent aux Anglais un livre de codes secrets allemands récupéré dans un naufrage. Les Alliés possèdent maintenant les clés essentielles pour décrypter les transmissions de l'ennemi : en effet, faute de câble sous-marin, l'armée allemande en est réduite à utiliser les télégraphes terrestres, dont les communications sont très faciles à intercepter par les services de contre-espionnage.

Les transmissions doivent impérativement être codées, d'un côté comme de l'autre. Et pour ce faire, les spécialistes des communications développent des codes si secrets que personne ne doit pouvoir les déchiffrer.

L'une des premières méthodes utilisées par les Anglais consiste à créer une liste de nombres associés à chaque mot du dictionnaire. Il en résulte la création, par le War Office, de deux petits livres : l'un sert à coder les messages envoyés, alors que l'autre permet de décoder ceux reçus. Mais voilà : si l'ennemi met la main sur l'un de ces livres, il peut dorénavant déchiffrer toutes les communications. On remplace donc régulièrement les codes, de crainte qu'ils ne soient tombés entre les mains de l'ennemi. Une fois devenus désuets, les livres doivent être brûlés ou retournés au War Office.

Au Royaume-Uni, les autorités mettent sur pied deux bureaux pour intercepter et décoder les communications de l'ennemi : le fameux MI1 du War Office et la célèbre « Room 40 » de la Royal Navy. C'est cette dernière qui déchiffre un télégramme crucial de l'ambassadeur allemand Arthur Zimmermann, dans lequel celui-ci propose au Mexique d'envahir les États-Unis afin de les détourner du conflit en Europe. Mis au fait de ces manigances, le président américain n'a aucune difficulté à faire entrer son pays en guerre contre l'Allemagne.

Au Canada, au lendemain du déclenchement de la guerre, l'une des toutes premières mesures prises par le gouvernement pour déjouer les espions consiste à interdire la possession des systèmes de télégraphie sans fil. Beaucoup de ces systèmes sont saisis pour la durée des hostilités. Toute personne surprise en possession d'un tel équipement est passible d'une forte amende et d'une peine de prison!

Le gouvernement canadien utilise un code secret diplomatique pour communiquer avec l'Angleterre. Les messages en provenance de l'Imperial Munitions Board du Canada sont particulièrement importants, puisque l'organisme gère la fabrication d'armes et de munitions pour les Alliés, des marchandises cruciales dans l'effort de guerre. Les communications doivent donc être entourées du plus grand secret, surtout quand vient le temps d'expédier le matériel dans des convois maritimes, continuellement pourchassés par les sous-marins allemands. C'est pourquoi on remet au directeur du Board, Joseph Wesley Flavelle, deux livres de codes « Top Secret ».

L'ordre du War Office, clairement imprimé sur la première page, précise que les livres doivent lui être retournés lorsqu'on les remplace, et gardés sous clé entretemps. De toute évidence, quelqu'un a désobéi à cet ordre, et c'est tant mieux : car ces livres, que des hommes ont tenté de dérober ou de protéger au péril de leur vie, font maintenant partie de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, les Allemands sont bien décidés à créer l'ultime machine à codes secrets; ce sera l'incroyable Enigma. De leur côté, les Anglais aussi sont prêts. Ils ont mis sur pied leur équipe spéciale de contre-espionnage à Bletchley Park. C'en est alors fait des petits livres de codes secrets : le monde de l'espionnage tourne la page sur un chapitre palpitant de son histoire.

Dans les coulisses de BAC : Découvertes sans fin

— par Alexandra Clemence, bibliothécaire de référence

Si la nouveauté met du piquant dans la vie, on peut dire que les bibliothécaires de référence sont bien servis! C'est toujours excitant de trouver une information précise pour résoudre un problème difficile. À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), j'ai la chance de le faire dans des domaines aussi nombreux que variés, comme l'histoire des cabanes à sucre et les concours d'orchestres néerlandais. Grâce aux bibliothécaires, aux archivistes et aux techniciens que j'ai côtoyés, ma première année aux Services de référence a été une formidable école de vie sur le Canada et les Canadiens. Voici certains souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire.

Un client voulait de l'aide pour résoudre une énigme. Il avait vu sur notre site Web la photo « Police à cheval du Nord-Ouest au Yukon, 1898-1899 », et se demandait si un caporal nommé Skirving y figurait. L'histoire veut qu'un certain Skirving ait dirigé une mission pour secourir des prospecteurs disparus en 1899. Séparé de son groupe après avoir pourchassé un voleur de chiens à Circle City, il est revenu quatre mois plus tard à Dawson City, alors qu'on le croyait mort. Le client voulait savoir lequel des frères Herbert ou George Skirving (tous deux membres de la Police à cheval du Nord-Ouest) avait dirigé la mission. J'ai étudié les dossiers de ces hommes, qui sont conservés à BAC, et mis la main sur le rapport de mission officiel de George; j'ai même trouvé une description si détaillée de celui-ci qu'elle mentionne son strabisme!

Même les événements les plus connus peuvent avoir une dimension humaine qui apporte un nouvel éclairage. Le naufrage de l'Empress of Ireland, en 1914, qui a coûté la vie à 1 012 personnes, est resté célèbre dans l'histoire maritime canadienne. Un client cherchait depuis longtemps les noms et les professions des fortunés marins qui ont décidé de quitter l'Empress quelques jours avant la tragédie. La plupart des sources parlent de sept heureux déserteurs, sans donner plus de détails sur leur identité. De longues recherches infructueuses m'ont amenée à douter de la véracité de cette histoire, jusqu'à ce que je tombe sur une liste des noms et des professions de ces personnes – et de leurs remplaçants – dans un ouvrage s'appuyant entre autres sur notre fonds d'archives du ministère de la Marine. J'ose à peine imaginer ce qu'ont pu ressentir ces rescapés.

D'autres demandes nous font découvrir des événements plutôt insolites, comme la saga des castors de Patagonie. En 1946, le Canada, répondant à une demande du gouvernement argentin, envoie 50 castors vivants dans la Terre de Feu afin d'y développer le commerce des fourrures. Le plan tombe à l'eau et, en l'absence de tout prédateur naturel, les 50 castors se multiplient pour donner une population de 200 000 individus! Le désastre écologique causé par l'importation de ces rongeurs n'a rien de drôle, mais le voyage dans le Sud des castors, par avion, par train et par bateau, a donné lieu à des anecdotes fort cocasses. Par exemple, pendant une escale à Miami, les petits animaux ont grugé leur enceinte et envahi le bureau où ils se trouvaient, obligeant les pauvres dactylographes à trouver refuge sur leurs tables de travail!

Des faits les plus obscurs aux histoires mille fois racontées – mais sans cesse renouvelées – en passant par des mystères familiaux, ma première année à BAC fut riche en découvertes. Et le plus beau dans tout ça, c'est de ne pas savoir ce que la prochaine année me réserve!

« Ma bien-aimée Zoé »

— par Théo Martin, archiviste

Il y a de belles trouvailles à faire à Bibliothèque et Archives Canada lorsqu'on se plonge dans les archives des personnalités politiques canadiennes. Au milieu des notes de breffage, des documents ministériels et des lettres d'électeurs se trouvent parfois des documents privés qui révèlent le côté humain des politiciens du passé.

Dans le fonds Wilfrid Laurier, du nom du septième premier ministre du Canada, se trouve une liasse de lettres écrites à Zoé Lafontaine entre 1863 et 1890. Cette correspondance intime révèle le côté romantique et attentionné de Laurier à l'égard de celle qui deviendra son épouse.

Wilfrid, un talentueux étudiant en droit de 20 ans originaire de Saint-Lin, fait la connaissance de Zoé à Montréal, chez le docteur Séraphin Gauthier, où il loge dès 1861. La ravissante jeune femme y habite aussi. Ils se lient d'une amitié qui se transforme assez vite en romance. Entre 1861 et 1864, alors que Wilfrid termine ses études, ils développent une relation profonde et soutenue.

Au cours des années suivantes, Wilfrid participe à la rédaction du journal L'Union nationale et prend position contre le projet de Confédération. En 1866, il quitte Montréal pour la région d'Arthabaska afin d'y diriger le journal Le Défricheur. Il s'installe d'abord à Victoriaville, puis à Arthabaskaville.

Les lettres de cette époque expriment toute la dévotion du jeune homme envers sa promise. Poétique, sa plume se veut aussi rassurante :

Les jours me paraissent démesurément longs, moi aussi je me sens en proie à cette terrible maladie qu'on appelle le spleen. J'avais pensé jusqu'ici qu'il était impossible de t'aimer plus que je ne t'aimais. Je commence à croire le contraire, je crois que je t'aime encore plus qu'auparavant, du moins je ne puis interpréter autrement ce désir indicible que j'ai de te revoir.
– Arthabaskaville, 26 décembre 1867

Les élans sentimentaux de Wilfrid sont souvent suivis de nouvelles diverses, notamment sur sa participation croissante à la vie politique régionale. On y découvre un homme consciencieux, dévoué envers sa région et profondément investi des valeurs dites libérales :

Je ne sais pas encore quelle tournure va prendre ma candidature. Dimanche il y a eu grande assemblée à Arthabaskaville. Il y avait au moins mille personnes. Les trois quarts au moins étaient en ma faveur. Mais il y a un autre candidat libéral sur les rangs, M. Thibodeau de Stanfold, et je n'ose pas me mettre sur les rangs tant qu'il y sera, de crainte surtout de diviser le parti.
– Victoriaville, 1er août 1867

Pourtant, Wilfrid tarde à demander Zoé en mariage. Il souffre de bronchite chronique et, se croyant atteint de tuberculose, ne veut pas devenir un fardeau pour elle. Il exprime son inquiétude dans plusieurs lettres, tout en se voulant rassurant :

J'ai été tout à fait bien toute la journée sauf un peu de faiblesse, mais la poitrine tout à fait dégagée. Je me hâte de t'écrire ma bien-aimée, car je sais que tu seras désappointée de ne point recevoir de lettre aujourd'hui. Je te prie en grâce de ne pas t'effrayer. Ma maladie cette fois-ci n'a rien de grave. Je puis marcher, sortir et mon visage n'est pas changé du tout!
– Victoriaville, 6 juillet 1867

Zoé perçoit cette procrastination comme un désaveu. En mai 1868, elle offre sa main à un autre prétendant. Mais le docteur Gauthier convainc Wilfrid de faire sa demande, et le mariage est célébré le 13 mai 1868.

Dans ses échanges épistolaires, Wilfrid exprime son bonheur d'être enfin marié et de se sentir aimé :

Je prends très au sérieux mon rôle d'homme marié et je continue à recevoir de nombreuses félicitations. […] Ah! Mon cher ange qu'il m'est doux de me sentir aimé par toi. Qu'il m'est doux de me dire : c'est moi que son coeur aime, c'est moi qu'elle a choisi entre tous.
– Arthabaskaville, 15 mai 1868

Il relate aussi les petits bonheurs quotidiens, comme dans cet extrait sur l'un des animaux de compagnie du couple :

Mademoiselle Topsey tient absolument à prendre la place de sa maîtresse absente. Quand je me prépare à me coucher, elle se place sous le lit et c'est en vain que je l'appelle pour lui faire prendre sa place habituelle, elle ne bouge pas [tant] que je ne me suis mis au lit; alors elle sort de sa cachette et s'en vient battre de la queue sur le plancher jusqu'à ce que je me sois décidé à la prendre avec moi.
– Arthabaskaville, 2 avril 1871

Après son mariage, le couple s'installe à Arthabaskaville; il s'y fera construire une résidence permanente en 1876. Wilfrid s'investit de plus belle en politique. En 1871, il est élu député provincial de Drummond-Arthabaska. Un nouveau chapitre de sa carrière politique débute, qui se répercutera inévitablement sur sa vie de couple.

La correspondance des époux se poursuivra encore longtemps, quoique moins fréquente et intense. Et même si Zoé n'est plus la seule destinataire de ses lettres – il entretient pendant plusieurs années une relation épistolaire avec Émilie Barthe (Lavergne) –, c'est auprès d'elle que Laurier passera le reste de sa vie.

Mackenzie King et l'au-delà

— par Anna Lehn, rédactrice-réviseure

William Lyon Mackenzie King est bien connu comme auteur et ancien premier ministre du Canada. Mais saviez-vous qu'il était aussi féru de spiritisme? Ce n'est qu'après sa mort, en 1950, que le public a appris l'étonnante nouvelle.

Bibliothèque et Archives Canada conserve sa collection de livres personnelle, qui révèle un intérêt pour la poésie, les biographies, l'histoire et la philosophie, mais aussi pour l'occultisme, le mysticisme, l'écriture automatique et les phénomènes psychiques.

Les annotations dans les marges – généralement une ligne verticale à côté d'un passage – nous renseignent sur la pensée de King. On retrouve souvent plusieurs lignes parallèles, qui dénotent peut-être un passage particulièrement important pour lui.

Presbytérien convaincu, King se réfugie dans le spiritisme après les décès de ses parents, de son frère et d'une de ses soeurs, survenus entre 1915 et 1922. Dans The True Light, King souligne les passages suivants : « la mort est l'abandon du corps et la renaissance dans une réalité métaphysique » et « la vie dans le monde métaphysique est l'état d'existence normal ». (Toutes les citations du présent article sont des traductions du texte anglais)

Plongeant dans le monde des esprits, King demande conseil à des médiums et des diseurs de bonne aventure. En 1932, il rencontre Etta Wriedt, de Détroit, et assiste à plusieurs de ses séances. King souligne la description d'une séance dans Man's Survival After Death : « Souvent, plusieurs voix fortes se font entendre quand madame Wriedt donne des explications. » Il signale aussi le passage où l'auteur exprime sa confiance envers Wriedt : « Je me porte garant des pouvoirs psychiques, de la parfaite honnêteté et de la bonne foi de madame Wriedt. »

Dans The True Light, King marque un passage expliquant comment il convient de communiquer avec les morts : « La manifestation des esprits ne peut être recherchée qu'avec le respect et la dévotion qui conviennent aux choses spirituelles. »

King continue d'étudier le monde des esprits à la fin de sa vie, comme en témoignent son journal intime et les ouvrages qu'il acquiert. Il s'agit d'excellentes sources pour mieux comprendre sa fascination pour le spiritisme et l'au-delà.

Sortir de l'ombre

— par Sandra Nicholls, rédactrice principale, avec la collaboration de Manise Marston, restauratrice de livres, Leah Cohen, bibliothécaire et conservatrice, et Michael Kent, conservateur

Nous voyons souvent à la télévision des documents dont les parties les plus intéressantes ont été censurées. Si seulement nous pouvions éliminer ces ratures pour découvrir des parties du texte d'origine! C'est ce qui est arrivé à Akedat Yitshak (La ligature d'Isaac), un livre religieux rare du XVIe siècle qui fait partie de la collection spécialisée Jacob M. Lowy de Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Cette collection représente le travail d'une vie. Pendant plus de 40 ans, Jacob M. Lowy a rassemblé des livres rares imprimés en hébreu, en latin, en yiddish ou en d'autres langues, et publiés entre le XVe et le XXe siècle. En 1977, il a donné 3 000 ouvrages et une petite bibliothèque de référence à BAC. On y trouve de vieilles éditions du Talmud, 34 incunables écrits en hébreu, en latin et en italien, et 120 Bibles dans diverses langues, dont l'inuktitut.

La collection comprend une édition d'Akedat Yitshak écrite par Isaac Ben Moses Arama et imprimée à Venise en 1546 ou 1547. Arama est un rabbin et philosophe espagnol né en 1420 et décédé en 1494, peu avant l'expulsion des Juifs d'Espagne. À l'époque, de nombreux sermons visent à convertir les Juifs de ce pays à la chrétienté. Pour faire contrepoids, Arama écrit des sermons de son cru sur les valeurs du judaïsme, sermons qui forment l'essentiel de son oeuvre la plus connue : Akedat Yitshak.

Qui a censuré le livre d'Arama? L'Église catholique d'Italie souhaitait purger les textes hérétiques, ou offensants pour la chrétienté, des références aux non-Juifs, les nokhrim, et des passages dénigrant l'Ancien Testament. Elle embauchait donc des censeurs (notamment des Juifs convertis au christianisme) pour raturer ou modifier des passages de livres en hébreu. Certains signaient parfois leurs travaux; c'est le cas de Dominico Irosolimitano, l'un des censeurs les plus prolifiques, qui a inscrit son nom sur l'exemplaire d'Akedat Yitshak de la collection Lowy.

La conservatrice Leah Cohen a décidé d'envoyer Akedat Yitshak au laboratoire du Centre de préservation de BAC pour le faire restaurer. Nullement découragée par l'ampleur de la tâche, la restauratrice de livres Manise Marston s'est attaquée à un travail ardu : stabiliser de longs passages recouverts d'encre ferrogallique (un type d'encre bon marché, facile à fabriquer de manière artisanale et très répandu au XVIe siècle). Madame Marston avait en outre la chance de travailler sur un livre du XVIe siècle dont le papier présente un filigrane des plus intéressants.

L'encre corrosive, qui se détériore avec le temps, avait gravement endommagé l'ouvrage à plusieurs endroits. Une grande quantité d'encre ferrogallique recouvrait des mots, des phrases ou même des paragraphes entiers. Toutefois, elle était généralement dans un état stable ou acceptable. En tout, 38 pages couvertes d'encre devaient être stabilisées, ce qui représente près de 200 heures de traitement.

Les composantes de l'encre ferrogallique peuvent s'oxyder au fil du temps. L'encre produit souvent un excédent de sulfate ferreux, qui se décompose ou se corrode. Des mesures peuvent être prises pour ralentir ce processus et prévenir d'autres dommages. Il s'agit d'une démarche essentielle, car dans le pire des cas, l'encre corrodée finit par traverser et même trouer le papier.

Madame Marston a effectué un traitement des plus novateurs à l'aide de tissu Berlin et d'adhésif à base de gélatine. Ce tissu spécial est difficile à préparer, et encore plus à utiliser! Il est extrêmement mince, et la couche de gélatine doit avoir une épaisseur précise. Enfin, il faut ajouter une quantité exacte d'éthanol pour que l'adhésif soit efficace : un peu plus ou un peu moins, et le tissu ne tient pas.

Pour couronner le tout, la restauratrice devait composer avec les contraintes propres aux volumes reliés. Elle employait une plaque à succion, souvent plus petite que la zone de texte à traiter, et devait donc déplacer le livre chaque fois qu'elle changeait de zone. Des poids maintenaient le bloc de texte en place pendant qu'elle collait le tissu, sur lequel elle posait d'autres poids jusqu'à ce que l'éthanol s'évapore et que la gélatine sèche. Le traitement durait de cinq à sept minutes sur chaque côté de la page.

La persévérance et la patience de madame Marston ont porté leurs fruits : les traitements au tissu Berlin ont stabilisé le papier et ralenti la corrosion. L'oeuvre d'Arama a été restaurée, et certains passages si longtemps dissimulés s'offrent à nouveau au lecteur. Un peu d'encre ferrogallique ne saurait résister à une restauratrice de BAC et à la technologie du XXIe siècle!

Confidentiel!

— par William Benoit, Division des expositions et du contenu en ligne

Le concept de cryptage n'est pas nouveau. À l'ère du télégramme, la police, l'armée et le gouvernement canadiens avaient recours au chiffrement pour communiquer des messages sensibles, stratégiques ou secrets. Les échanges d'épîtres codées entre hauts dignitaires étaient monnaie courante.

Bibliothèque et Archives Canada possède des documents sur la Résistance du Nord-Ouest de 1885, un épisode marquant de l'histoire de la Nation métisse. Ces documents prouvent que le Cabinet du premier ministre John A. Macdonald échangeait des messages codés avec le lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, le surintendant général des Affaires indiennes, le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Milice et de la Défense et la Police à cheval du Nord-Ouest.

Dans une note envoyée à sir John A. Macdonald, le lieutenant-gouverneur Edgar Dewdney confirme l'utilisation d'un code et l'existence d'un livre de décodage. Joignant un télégramme de l'avocat québécois François-Xavier Lemieux intercepté par le gouvernement, il écrit :

« Voici le télégramme que Lemieux a envoyé à Riel. Vous constaterez que j'ai remplacé le mot parting dans la salutation, car il ne se trouve pas dans le livre de décodage. » [traduction]

Les dirigeants s'envoient des messages codés qu'ils déchiffrent à l'aide d'un livre pour protéger la confidentialité de l'information. Aucun sujet n'est mentionné; on retrouve seulement les noms et les emplacements des correspondants et la date de la communication. Parfois, le texte d'origine est remplacé par des mots codés donnant l'impression que le texte n'a aucun sens. Dans d'autres cas, les deux premières lettres du mot codé permettent de découvrir le vrai mot, qui commence par les mêmes lettres. Le télégramme partiellement décodé envoyé par Lawrence Clarke, facteur en chef de la Compagnie de la Baie d'Hudson, au lieutenant-gouverneur Edgar Dewdney en est un exemple. Ce document précise le nombre et les activités des Métis à Batoche.

Pour connaître le contenu d'un message chiffré, il faut d'abord le décoder. Le dossier de correspondance de sir John A. Macdonald comprend deux télégrammes envoyés le même jour de Regina par Edgar Dewdney. Ces missives ont possiblement le même sens. Le premier télégramme n'a jamais pu être décodé : « Nuisance Carabine vengeance dispersé anodin rejeté fourni Silas agressif Timide brun figuratif ». Le second est plus explicite; il fait référence à l'exécution de Louis Riel, qui répondait aux directives données : « Pendu, inhumé suivant ordres. Tout est calme. Corps prisonnier envoyé Saint-Boniface comme demandé. »

De nombreux messages codés n'ont pas encore livré leurs secrets. Sans les livres de décodage de l'époque, nous ne parviendrons peut-être jamais à les déchiffrer. Dévoileront-ils un jour leur mystère?

Le Nouveau-Brunswick en images

— par Rob Fisher, archiviste principal

Les oeuvres des artistes militaires britanniques sur le Canada des XVIIIe et XIXe siècles demeurent peu connues. Elles gagneraient cependant à l'être davantage, car de magnifiques dessins et aquarelles nous fournissent des renseignements inestimables sur le Canada avant la Confédération. Ceux qui représentent le Nouveau-Brunswick quelques années après sa création comptent parmi les plus intéressants.

De nombreux militaires britanniques sont présents au Canada entre la guerre de Sept Ans, commencée dans les années 1750, et le retrait des garnisons après la Confédération, en 1867. Les arts font partie intégrante de leur formation, car la capacité de dessiner des cartes topographiques et des paysages est un atout précieux pour l'étude et la connaissance du terrain, des éléments essentiels à la planification militaire. Les officiers apprennent à dessiner à la plume et à l'aquarelle sur papier, un support plus pratique sur le terrain que la peinture à l'huile. Ils utilisent des carnets de croquis faciles à transporter1.

Leurs oeuvres portent principalement sur des sujets militaires, mais elles documentent aussi l'époque coloniale : édifices historiques, paysages, navires et autres moyens de transport, coutumes, loisirs, activités sociales, interactions entre les Européens et les Autochtones, etc. Elles allient valeur esthétique et intérêt visuel à une époque où la photographie n'existe pas encore.

Ce volumineux patrimoine artistique légué par les militaires compose l'essentiel des images sur les débuts du Nouveau-Brunswick. Heureusement, les épouses et les filles des officiers britanniques sont souvent des artistes accomplies qui jettent un nouvel éclairage sur la province.

Nous possédons aujourd'hui les oeuvres d'une vingtaine d'artistes militaires britanniques de cette période. L'un d'eux, le capitaine John Campbell (1807-1855), arrive au Nouveau-Brunswick en tant qu'aide de camp de son père, sir Archibald Campbell, lieutenant-gouverneur de 1831 à 1837. Sa soeur, Helen Maria Campbell (1811-1899), est elle aussi une artiste douée. Les deux nous ont laissé de nombreuses aquarelles et gravures représentant la vie à Fredericton, la résidence du gouverneur général et les environs, ainsi que le peuple des Malécites.

À la même époque, de 1831 à 1836, le lieutenant Robert Petley (1809-1869) est membre de la brigade de fusiliers à Fredericton et Halifax. À son retour en Angleterre, en 1837, il publie Sketches in Nova Scotia and New Brunswick, une série de gravures montrant Fredericton vue depuis le chemin Oromocto2. Un regard attentif est de mise pour admirer tous les détails de ses oeuvres, comme les maisons situées le long des collines menant au village.

Le porte-étendard Edward Denne Nares (1831-1878) est moins connu que Campbell et Petley. Brièvement membre du 97e Régiment de fantassins en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, entre 1850 et 1852, il démissionne en 1854 pour aller étudier à Oxford3. Le marchand d'art canadien G. Blair Laing a acheté un album de dessins de Nares en Angleterre, en 1958, à un prix modique. Il l'a laissé dans un entrepôt pendant 20 ans, jusqu'à ce qu'il écrive ses mémoires parues en tirage limité. Une idée insolite lui vint alors à l'esprit : insérer des oeuvres d'art, comme celles de Nares, dans chaque exemplaire de Memoirs of an Art Dealer.

Des exemplaires numérotés des mémoires en deux volumes de Laing se trouvent dans la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada. Une aquarelle originale de Nares représentant le fleuve Saint-Jean, Au sud de Keswick Ridge, accompagne le 91e exemplaire du deuxième volume4. Laing a peut être vendu quelques oeuvres de Nares et distribué le reste avec ses mémoires. Une poignée de ces dessins sont conservés par des institutions culturelles, mais le sort des autres demeure un mystère.

Campbell, Petley et Nares témoignent de la valeur historique de l'héritage laissé par de nombreux artistes militaires entre 1755 et 1867. Le retrait des garnisons britanniques après la Confédération tarit la source d'oeuvres d'art militaires, mais les artistes et les photographes de la province prendront graduellement la relève.

Perspectives de BAC

Halifax / Des services plus accessibles

— par Benjamin Ellis, agent de projet

Du nouveau à Halifax! BAC déménage dans un milieu reconnu pour son dynamisme culturel. Fort d'une entente de colocation signée en avril avec le Musée canadien de l'immigration du Quai 21, BAC offrira des services au public améliorés dans les locaux rénovés de cette institution. Autrefois axées sur les acquisitions et l'entreposage, les activités mettront désormais l'accent sur le service à la clientèle, l'engagement communautaire, la promotion et la programmation publique. Ce partenariat novateur profitera grandement aux deux organisations et aidera BAC à remplir mieux que jamais son mandat national. Il entrera en vigueur en janvier 2017.

Halifax / Symposium en tenue de documents

— par Leah Rae, archiviste

Le premier Symposium en tenue de documents du Canada Atlantique, organisé par l'équipe des services régionaux de Halifax, a eu lieu le 22 mars à l'Université Dalhousie. Les conférenciers provenaient du Secrétariat du Conseil du Trésor et de l'École de la fonction publique du Canada, de l'Université Dalhousie et de BAC. Des fonctionnaires fédéraux de la communauté de la gestion des documents y ont côtoyé plusieurs membres de la communauté universitaire : étudiants et personnel de l'École de gestion de l'information, et employés des bibliothèques. Parmi les sujets abordés, mentionnons les nouvelles stratégies de gestion de l'information de l'administration fédérale, GCDOCS (le système de gestion des dossiers gouvernementaux), les services régionaux, les initiatives pour un gouvernement transparent et les activités de disposition et de tenue de documents de BAC.

Ottawa / Alter Ego

— par Steven Artelle, analyste

Du 12 mai au 14 septembre 2016, BAC s'évade dans l'univers des superhéros avec Alter ego : les bandes dessinées et l'identité canadienne. L'exposition présentée au 395, rue Wellington met en vedette de prolifiques auteurs de bandes dessinées canadiennes, des superhéros devenus célèbres et la contribution extraordinaire du Canada à la bande dessinée biographique et réaliste. De plus, en mai, des experts de BAC se sont glissés parmi les superhéros, les extraterrestres et les vedettes de cinéma à la Comiccon d'Ottawa. Les visiteurs ont pu les rencontrer pour parler de bandes dessinées, actuelles ou anciennes, et apprendre à mieux connaître les super pouvoirs des bibliothécaires et des archivistes!

Gatineau / Peinture sur gouttière

— par Meaghan Scanlon bibliothécaire des collections spéciales

Certains livres rares de BAC cachent de magnifiques surprises derrière leurs tranches dorées : des oeuvres d'art miniatures apparaissent quand les pages sont légèrement décalées. La peinture sur gouttière (la tranche opposée au dos du livre) consiste à peindre une minuscule partie à l'extrémité de chaque page plutôt que la gouttière. Avec cette technique, l'image disparaît quand le livre est fermé. Les employés de BAC ont déjà repéré 12 volumes ornés d'une peinture sur gouttière dans la collection de livres rares, dont une représentant la coupe du bois au Nouveau-Brunswick. Il y en a peut-être d'autres à découvrir, qui sait? Vous trouverez d'autres images de peinture sur gouttière sur le site Flickr de BAC.

Winnipeg / Documents de l'administration du rétablissement agricole des prairies

— par David Cuthbert, archiviste

Le bureau de BAC à Winnipeg a récemment reçu quelque 15 000 photos et négatifs qui enrichiront sa collection déjà volumineuse de documents de l'Administration du rétablissement agricole des prairies (ARAP). Le gouvernement fédéral a fondé l'ARAP en 1935 pour réagir à la sécheresse et à la détérioration des sols dans les prairies canadiennes. Pendant plus de 75 ans, l'ARAP a développé les ressources aquifères et fait la promotion de l'agriculture durable dans l'Ouest canadien. Ses documents décrivent une foule d'activités allant des grands projets d'ingénierie à la culture des pâturages communautaires en passant par les brise-vent. L'histoire de l'ARAP, qui a toujours cherché un équilibre entre le développement durable et la conservation, est riche en enseignements.

Vancouver / Canada Place souffle sa 30e bougie

— par Caitlin Webster, archiviste

Nous célébrons cette année le trentenaire de l'exposition universelle de 1986 à Vancouver, qui portait sur les transports et les communications. La contribution du gouvernement fédéral consistait à concevoir, construire et gérer Canada Place, une installation remarquable comprenant un terminal portuaire, le pavillon du pays hôte (transformé depuis en centre des congrès) et un hôtel. La Corporation Place du Havre Canada a été constituée en 1982 pour remplir ce mandat. BAC conserve tous ses documents, qui constituent une mine d'information fascinante sur la création de Canada Place. On y trouve notamment des dessins architecturaux, des vues d'artistes, les spécifications d'un cinéma IMAX, des notes de planification, des comptes rendus de comités ainsi que des photos documentant la construction de ce symbole de Vancouver, les activités spéciales qui s'y sont déroulées et les innombrables visiteurs venus admirer l'endroit.

Des secrets… dévoilés au grand jour!

Qui de mieux que les donateurs eux-mêmes pour décrire ce que recèlent les archives qu'ils ont cédées à Bibliothèque et Archives Canada?

Depuis l'hiver dernier, c'est ce que propose la Série Signatures avec des entretiens inédits en compagnie de personnalités qui révèlent les secrets des archives dont elles nous ont fait don.

Depuis le lancement de la série, trois invités se sont confiés à l'animateur Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada :

  • Le très honorable Jean Chrétien, premier ministre du Canada de 1993 à 2003
  • Sarah Jennings, journaliste et auteure d'un livre sur l'histoire du Centre national des Arts
  • Jacques Godbout, écrivain, éditeur et cinéaste

L'activité est ouverte au public et se déroule dans les locaux de Bibliothèque et Archives Canada au 395, rue Wellington, au centre-ville d'Ottawa. Pour chaque entretien, on expose des documents provenant des fonds d'archives des personnalités interviewées, et une vidéo de la discussion est mise en ligne sur notre site Web.

L'automne 2016 s'annonce des plus passionnants! Le caricaturiste du quotidien Le Droit Guy Badeaux, mieux connu sous son nom de plume Bado, sera des nôtres le 20 septembre à 12 h 15. Nous aurons aussi la chance de discuter avec le très honorable Joe Clark plus tard au cours de la saison.

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