Signatures, automne-hiver 2017

Signatures, automne-hiver 2017

Signatures, automne-hiver 2017
Photo : Chris Lund, 1959
Source : Mikan 4301853
Version imprimée PDF 5,09 Mo


Introduction

— par Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

« Le Canada est maintenant une société numérique. »

Guy Berthiaume, photo : Michel Gagné
 

C’est par ces mots que le Conseil des académies canadiennes amorçait son rapport de 2015 sur l’avenir des institutions de mémoire à l’ère du numérique.note1 Inutile de préciser que, pour une institution comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC), qui a vocation à être la mémoire de notre pays, ces quelques mots devenaient tout un programme. Car toutes les facettes de notre mandat – l’acquisition, le traitement, la conservation et la diffusion – se trouvent radicalement redéfinies par la révolution numérique.

C’est pourquoi il est apparu opportun que ce numéro de Signatures propose un état des lieux impressionniste de la place du numérique dans la vie de BAC. Un portrait qui aille au-delà des discours théoriques pour illustrer de façon concrète et capillaire les effets et les bienfaits des nouvelles technologies sur la pratique archivistique et bibliothéconomique.

En matière de préservation, un champ d’intervention dont Faye Lemay nous dessine habilement les contours, l’exemple concret fourni par notre collègue Melody Béland illustre éloquemment le propos. Le journal personnel tenu par un témoin de premier plan de la situation politique ayant précédé la guerre du Vietnam peut dorénavant être consulté sans que son intégrité ne soit menacée. La numérisation a mis fin au processus de détérioration que la consultation analogique du document accélérait.

Toujours sur le plan de la préservation numérique, j’attire l’attention sur la contribution que quatre de nos collègues archivistes consacrent aux défis présentés par l’art numérique multidisciplinaire. La préservation – et même l’acquisition – d’œuvres qui sont en constante mouvance et qui refusent d’être figées à un moment précis de leur transformation n’est pas sans amener son lot de problèmes, et je me réjouis que BAC soit à l’avant-garde de la réflexion internationale sur ce thème.  

En matière de diffusion, que ce soit pour faire vivre à nos concitoyens « l’Expo 67 comme si vous y étiez » ou pour les amener à partager la vie misérable dans les tranchées des soldats de la Grande Guerre enrôlés « for the duration of the war », la numérisation de nos documents est un formidable vecteur de diffusion et, partant, un outil efficace de démocratisation; antidote, en quelque sorte, aux fausses nouvelles et aux « vérités alternatives ».

Mais, au-delà des créneaux traditionnels de nos disciplines, la numérisation a ouvert la voie à de nouveaux modus operandi. Que l’on pense à la présence de BAC « dans l’univers de Wikipédia » que nous fait découvrir Rosa-Iris Rovira. Quelles formidables retombées! 34 millions de visionnements de nos images en un mois seulement, qui viennent s’ajouter aux 114 millions de visites que reçoit annuellement notre site Web. Que l’on pense aussi au projet CanaLien dont discutent les collègues Arouce Wasty et Peter Stephen : à terme, les données liées révolutionneront la façon dont nos usagers pourront repérer les documents qu’ils souhaitent consulter. Que l’on pense aussi au travail des collègues de BAC qui gèrent ISSN Canada et qui facilitent l’accès libre aux publications scientifiques canadiennes. Et, dernier exemple de changement de paradigme, que l’on considère la mise en place du Numéri-Lab dont Melanie Brown et Karine Gélinas nous révèlent l’existence. Grâce à ce nouvel espace de notre édifice du 395, rue Wellington, nos clients peuvent choisir eux-mêmes leurs priorités de numérisation et les actualiser grâce à l’équipement de pointe que nous mettons gratuitement à leur disposition, en échange du partage de leurs efforts avec la communauté de nos usagers.

Les nombreux succès de BAC en matière numérique ne doivent pas faire illusion. Le monde numérique en est essentiellement un de collaboration, et nous n’avons pas la prétention de reconstruire la bibliothèque de Ptolémée Sôter. Même Google – rappelons-nous l’initiative Google Books – n’est pas arrivé à rassembler en un seul lieu l’ensemble du savoir universel. Il est donc essentiel d’inviter l’ensemble des milieux documentaires à mettre l’épaule à la roue. Deux mécanismes mis de l’avant par BAC y sont consacrés : le premier est le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire, qui permet le versement de contributions financières à des organismes locaux pour les aider à préserver et à rendre accessible le patrimoine documentaire dont ils ont la charge; le second est la Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire : construite comme un mouvement coopératif, elle propose la coordination des efforts de numérisation des principaux acteurs des institutions de mémoire canadiennes.

C’est aussi un esprit de partage et de collaboration qui nous anime en matière de relations internationales. Compte tenu de la reconnaissance mondiale de notre expertise en matière de préservation (numérique aussi bien qu’analogique), il ne se passe pas dix jours sans que le Centre de préservation à Gatineau – le joyau de notre couronne – soit l’objet d’une visite par une délégation étrangère. Faisons mentir les mots célèbres de Rudyard Kipling, « East is East and West is West, and never the twain shall meet » : à BAC, les deux extrêmes géographiques se rencontrent. Coréens du Sud et Norvégiens, Chinois et Péruviens, Biélorusses et Indonésiens, tous se croisent au 625, boulevard du Carrefour à Gatineau!

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada

Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

 

Préservation numérique et pérennité du patrimoine documentaire

— par Faye Lemay, gestionnaire, Direction générale des opérations numériques

Bandes LTO conservées au Centre de préservation.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède plusieurs collections numériques : publications canadiennes, fonds gouvernementaux et privés, livres et périodiques, thèses et mémoires, archives Web des ministères fédéraux, documents de premiers ministres… sans oublier d’importantes ressources comme les recensements canadiens, les dossiers des soldats de la Première Guerre mondiale et les publications officielles du gouvernement, dont la Gazette du Canada.

Qu’elles soient nées numériques ou analogiques puis numérisées, ces collections ne cessent de croître. Or, plusieurs d’entre elles, acquises au cours des années 1970 ou après, reposent sur des supports obsolètes : disquettes, CD ou DVD, pour ne nommer que ceux-là.

Voilà l’un des défis posés par le contenu numérique : soumis aux contraintes de l’évolution technologique, il devient rapidement désuet, donc vulnérable. Pour le consulter, il nous faut des visionneuses ou d’autres appareils anciens. Et pour le préserver, avant qu’il ne soit perdu à jamais, nous devons le convertir sans tarder, en privilégiant des formats et des supports durables et en nous assurant de l’intégrité du contenu original.

Un dépôt pour les documents numériques

Dans les murs du Centre de préservation de BAC, à Gatineau, se trouve un dépôt numérique qui sert d’entrepôt principal pour les fichiers-maîtres. Sa plateforme d’entreposage contient 5 000 bandes magnétiques au format ouvert (LTO, ou linear tape open), chacune pouvant stocker 2 téraoctets de données non comprimées. Au total, on y héberge environ 5 pétaoctets de contenu – et ce n’est qu’une fraction du patrimoine numérique dont BAC doit assurer la préservation!

Au fait, savez-vous combien de données renferme un pétaoctet?

Assez pour remplir 223 000 DVD! Empilés, ceux-ci s’élèveraient à 268 mètres note2: c’est presque aussi haut que le plus haut gratte-ciel du pays, le First Canadian Place de Toronto, qui culmine à 298 mètresnote3. Faisons le calcul : convertis en DVD, les 5 pétaoctets entreposés au Centre de préservation à Gatineau formeraient une tour de 1 338 mètres!

Pourquoi s’en préoccuper?

En vertu du mandat qui lui est confié par sa loi, BAC doit permettre aux générations futures d’accéder au patrimoine documentaire du Canada. Sans mesures préventives pour contrer l’obsolescence et la perte des données, notre patrimoine numérique pourrait bel et bien disparaître, créant des trous béants dans notre trame historique!

Où allons-nous?

Tout comme notre collection croît sans cesse, les besoins et la demande en matière de préservation numérique augmentent de façon exponentielle. Alors, comment réagir?

BAC a d’abord vérifié s’il avait les capacités requises pour se doter d’un dépôt numérique fiable, un exercice qui lui a fourni de précieuses leçons. Il a aussi répertorié ses collections numériques pour mieux comprendre l’ampleur et la complexité des défis qui l’attendent.

Enfin, la Direction générale des opérations numériques et de la préservation a adopté une stratégie de préservation numérique qui repose sur trois piliers :

  • des ressources humaines ayant les connaissances et les compétences requises pour gérer les contenus numériques
  • des procédures permettant le cheminement sans heurts des documents numériques, à partir de l’acquisition jusqu’à la préservation
  • des systèmes et des infrastructures technologiques conçus pour traiter une grande quantité de contenus numériques

BAC pourra ainsi respecter son mandat : préserver le patrimoine documentaire de notre pays et permettre aux générations de demain de mieux se connaître et se comprendre.

 

Le Numéri-Lab : l’histoire entre vos mains

— par Melanie Brown, gestionnaire, et Karine Gélinas, gestionnaire de projet, Direction générale des services au public

Numérisation de documents photographiques au Numéri-Lab à l’aide du scanneur Epson.

Des données météo sur la pluie, le tonnerre et les éclairs dans le ciel d’Ottawa au 19e siècle.

Des chômeurs dans le besoin au plus fort de la Grande Crise.

Cinquante ans d’activités au Service de la logistique des Forces armées canadiennes.

Un périple d’antan entre Montréal et Vancouver.

Les camps d’internement pour les Canadiens d’origine japonaise.

Qu’ont en commun toutes ces facettes de l’histoire canadienne?

Nous pouvons aujourd’hui y accéder grâce au Numéri-Lab de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), un laboratoire de numérisation à la fine pointe de la technologie, situé au 395, rue Wellington, à Ottawa.

Ouvert depuis avril 2017, le Numéri-Lab offre gratuitement aux chercheurs tout l’équipement nécessaire – scanneurs, ordinateurs et autres – pour numériser et mettre en contexte des documents de notre collection en lien avec leurs champs d’études.

À votre portée

BAC mène déjà d’ambitieux projets de numérisation, dont celui des dossiers de service des soldats du Corps expéditionnaire canadien ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale.

Le Numéri-Lab répond à une demande croissante de nos clients : accéder à notre collection en ligne, de façon personnalisée. Les chercheurs qui viennent dans nos salles de consultation pour voir et toucher nos originaux, les étudier à leur guise, et même les photographier avec leurs propres appareils, créent des images qui sont de qualité inégale, et auxquelles personne n’a accès sauf leurs auteurs. De plus, une fois leur travail terminé, le matériel retourne dans nos chambres fortes, et si un autre chercheur s’intéresse au même sujet, il doit tout reprendre à zéro.

Les clients de notre Numéri-Lab disposent gratuitement des outils requis pour obtenir des images numériques de grande qualité. En retour, nous leur demandons de saisir des métadonnées de base pour chaque document électronique créé, une copie desquels est ensuite affichée sur le site Web de BAC pour que tous y aient accès.

Une récolte variée

Au cours de ses premiers mois d’activité, le Numéri-Lab a accueilli des chercheurs venant de partout au Canada, et ils ont numérisé plus de 24 000 pages et 1 000 photos.

Saviez-vous que nous avons accueilli pendant quatre semaines une chercheuse travaillant au projet Landscapes of Injustice? Mené à l’Université de Victoria et financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, ce dernier consiste à numériser les dossiers liés à la dépossession et à l’internement des Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Notre laboratoire a permis à cette chercheuse de « scanner » d’importants documents et de les envoyer le jour même à son équipe restée en Colombie-Britannique.

Nous donnons aussi un coup de pouce à une doctorante de l’Université McGill, dont la thèse s’appuie sur des microfiches devant être numérisées. Auparavant, elle devait balayer chaque fiche, en pièces détachées, et les assembler ensuite pour recréer la fiche complète – une tâche fastidieuse qui empiétait sur le temps consacré à ses études. Grâce au Numéri-Lab, elle peut maintenant obtenir des images entières en une seule prise.

Le Numéri-Lab fait revivre plusieurs autres de nos collections :

  • les photos prises par William Reford lors de son voyage de Montréal à Vancouver, au tournant du 20e siècle : elles feront partie d’une exposition virtuelle sur ce photographe
  • d’anciens relevés météo pour Ottawa, datant de la fin des années 1800 et comportant trois observations par jour : la diffusion de ces documents d’intérêt international sur le Web appuiera les recherches actuelles sur l’environnement
  • des images des camps de secours mis sur pied par le gouvernement pour aider les chômeurs lors de la Grande Crise : numérisées, elles seront intégrées à un documentaire
  • des documents de l’Institut national canadien pour les aveugles, qui feront partie d’une exposition sur le centenaire de l’organisme
  • des photos relatant l’histoire du Service de la logistique des Forces armées canadiennes qui fêtera ses 50 ans en 2018

Image numérisée pour souligner le 50e anniversaire du Service de la logistique des Forces armées canadiennes. Source : Mikan 4994850 (e999901566-u)

Photo numérisée dans le cadre du Ottawa History project. Source : fonds Ted Grant, Mikan 3345244 (e999904379-u)

À vous de jouer!

Vous aimeriez utiliser notre Numéri-Lab dans nos locaux du 395, rue Wellington? Communiquez avec nous à bac.numeri-lab-digilab.lac@canada.ca pour discuter des documents que vous voulez numériser. S’ils sont en bon état et sans restriction d’accès, nous prendrons rendez-vous!

Pour que nos collections soient accessibles sur le Web, nous vous demanderons de numériser les documents au complet et de saisir certains renseignements clés (le titre du fichier ou le nom du photographe, par exemple). Bien sûr, nous vous expliquerons comment fonctionne l’équipement du Numéri-Lab et nous serons là pour vous aider tout au long de votre projet.

Au plaisir de travailler avec vous!

 

« For the duration… »

— par Marcelle Cinq-Mars, archiviste principale des affaires militaires, Direction générale des documents gouvernementaux, et Sophie Dazé, gestionnaire, Division des services de numérisation

Éclats de vies fracassées, destins inédits et histoire nationale couvrent les pages des dossiers du Corps expéditionnaire canadien. Conservés jalousement pendant près d’un siècle, ces dossiers du personnel consultés par des générations de chercheurs sont maintenant accessibles à tous, directement, en ligne.

Ces dossiers comportent la mention « For the duration of the war. » Cette note apposée sur le formulaire d’enrôlement des membres du Corps expéditionnaire canadien répondait à la question de la durée prévue du service : « pour la durée de la guerre ». En 1914, tous ou presque croyaient que la guerre serait terminée à Noël. Beaucoup y auraient pensé à deux fois s’ils avaient su que cela durerait quatre ans. Quatre ans d’enfer.

Couchée sur le papier jauni recouvert de notes presque indéchiffrables au néophyte, se dévoile la relation laconique des aléas de la guerre, qui détruit soudainement ou peu à peu la vie des hommes partis combattre l’ennemi. Les rangs de soldats se serrent, formés d’ouvriers, de fermiers, de chômeurs, d’étudiants et de soldats de métier qui n’ont rien en commun, si ce n’est de servir en uniforme. Égaux dans cette discipline militaire si étrangère qu’on leur impose; égaux dans le salaire qu’ils reçoivent – sauf, évidemment, les officiers, qui touchent un peu plus.

Égaux surtout dans la souffrance, qu’elle soit celle de la vie misérable dans les tranchées, celle des horribles blessures, mais aussi celle des maladies sournoises qui frappent sans avertissement. Égaux aux yeux des « oiseaux bleus », ces courageuses infirmières parties avec les hommes aux premières heures de la guerre, pour les panser, les soigner. Mais aussi et surtout, pour les soutenir, les réconforter et, trop souvent, tenir leur main faiblissante lorsque la vie les quitte finalement.

Heureusement, tous ne reposent pas en terre étrangère et la majorité d’entre eux ont pu retrouver leur foyer au pays. Malgré les traumatismes de la guerre, certains membres du Corps expéditionnaire canadien réussissent à tirer parti de leur expérience sous les drapeaux. Un William « Billy » Bishop, as canadien de l’aviation, poursuivra une brillante carrière militaire. Les John G. Diefenbaker et Lester B. Pearson deviendront premiers ministres du Canada, alors que Georges P. Vanier occupera le poste de gouverneur général.

Contrôle de la qualité des dossiers numérisés du Corps expéditionnaire canadien.

Document d’attestation du célèbre lieutenant-colonel William Avery « Billy » Bishop.
Source : Mikan 102606

Dans le cadre des activités organisées par le gouvernement du Canada afin de commémorer la Première Guerre mondiale, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a fait de la numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien l’une de ses priorités. L’initiative vise à offrir ces dossiers en format numérique et du même coup, à en assurer la préservation à long terme.

En 2013, s’est amorcée la préparation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien en vue de procéder à la numérisation de cette importante collection. Une équipe a d’abord minutieusement révisé les 640 000 dossiers, page par page, enlevant épingles, attaches et agrafes de toutes sortes. Des restaurateurs ont ensuite retiré l’adhésif présent sur des milliers de pages pour les séparer afin d’en faciliter la numérisation. Cette étape s’est étendue sur 18 mois, ce qui a permis d’accumuler environ 260 kg d’attaches métalliques et de procéder au traitement de plus de 80 000 pages.

Devant l’ampleur des enjeux liés au transport des dossiers et au contrôle de la qualité des fichiers, BAC a décidé de faire ce travail à l’interne, au Centre de préservation, là même où les dossiers sont entreposés. C’était la première fois que BAC menait un projet de numérisation d’une telle envergure et nécessitant autant de ressources technologiques et humaines. La première année s’est avérée un grand défi!

À la fine pointe de la technologie, les Services de numérisation à BAC utilisent divers types de scanneurs permettant de traiter plusieurs tailles et qualités de papier. Quoique cela puisse sembler banal, se retrouver devant des documents d’archives aussi variés apporte sa dose de défis à surmonter. Par exemple, BAC est la première institution à numériser du matériel archivistique sur les scanneurs grand format BancTec, conçus à l’origine pour la numérisation à haute vitesse des chèques. L’équipe a travaillé de très près avec l’entreprise BancTec pour adapter ses scanneurs afin qu’ils puissent traiter du matériel centenaire et délicat. Grâce à ces appareils, elle peut produire au-delà de 7 millions d’images numériques par année.

En juillet 2017, 75 % des dossiers du Corps expéditionnaire canadien étaient déjà en ligne. Cette aventure titanesque devrait se conclure en novembre 2018, ce qui coïncidera avec le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. On estime qu’environ 30 millions d’images auront alors été numérisées et rendues accessibles à tous les Canadiens.

Ce colossal projet de numérisation entrepris par Bibliothèque et Archives Canada ne s’évalue pas uniquement en terme de dossiers et de pages, mais surtout en nombre de vies directement lancées dans le gouffre de la Première Guerre mondiale et dont la mémoire est ainsi préservée… « for the duration ».

 

Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire

— par Caitlin Horrall, secrétaire générale, Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire

Une technicienne en numérisation de BAC utilise un souffleur antistatique pour ôter la poussière d’une feuille de plexiglas posée sur la bande dessinée qu’elle s’apprête à photographier.

La numérisation donne à BAC de nouveaux outils pour joindre les gens. Cette photo a été numérisée pour le projet Un visage, un nom, qui aide les Premières Nations, les citoyens de la Nation métisse et les communautés inuites au Canada à identifier des gens et des lieux sur nos photos d’archives, comme celle-ci, prise vers 1930 et représentant Margaret Uyauperk Aniksak, d’Arviat, au Nunavut. Source : e007914498

Connaissez-vous le projet Victorian Meme Machine? Il fait revivre l’humour de l’époque victorienne grâce à une application qui choisit des blagues du 17e siècle dans une base de données, qui analyse leur contenu et qui les jumelle avec des images numérisées de la collection de la British Library. Et les résultats font sourire!

Utiliser les archives de façon créative : voilà aussi l’un des buts de la Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire. Pour rendre les ressources numériques plus nombreuses et plus repérables, elle mise sur la coordination des efforts entre les bibliothèques, les archives et les musées du pays.

La Stratégie est née lorsque des chefs de file du secteur culturel – à l’initiative de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) – ont décidé d’unir leurs forces, leurs idées et leurs objectifs pour relever les défis posés par la révolution technologique. Leur travail se fonde sur les recommandations d’experts et sur l’expérience de leurs institutions respectives.

Plusieurs des partenaires n’en sont pas à leurs premières armes. L’Université de Toronto numérise sa collection depuis la fin des années 1990; la Bibliothèque publique de Vancouver, elle, collabore déjà avec des groupes communautaires pour numériser des documents d’intérêt commun. BAC, quant à lui, peut mettre à profit sa vaste expérience dans le domaine, comme en témoigne la numérisation des dossiers du personnel du Corps expéditionnaire canadien. En septembre 2017, l’équipe chargée de ce projet colossal avait déjà traité plus de 490 000 dossiers!

La Stratégie a vu le jour au cours de l’été 2016. Ses travaux ont démarré en octobre, avec la création d’un comité directeur ayant pour mandat de veiller à sa concrétisation; de faciliter le partage des ressources et des expériences; d’appuyer la préservation du matériel à risque; et d’éviter le chevauchement des efforts.

La Stratégie vise avant tout à donner aux Canadiens un meilleur accès à leur patrimoine documentaire. Elle mettra en lumière des collections moins connues et fournira de nouveaux outils pédagogiques aux enseignants. Elle nous aidera aussi à renforcer notre identité collective, en plus d’être une fenêtre sur notre culture et sur le monde.

D’autres pays ont déjà mis en place des projets semblables, et le Canada a la chance de pouvoir s’inspirer de leur exemple. Par exemple, la Bibliothèque numérique publique des États-Unis (DPLA) et Europeana, son équivalent européen, permettent de faire des recherches dans les collections de différentes institutions situées partout dans le monde. La Norvège, la Suède, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et la France sont engagés dans des projets de numérisation, tout comme le Royaume-Uni, dont la British Library est à l’avant-garde depuis des décennies.

Le comité directeur a déjà franchi plusieurs étapes. Il a rédigé un plan d’action et formé des groupes de travail pour y donner suite. Il s’est inspiré d’Europeana et de la Bibliothèque numérique publique des États-Unis pour créer un modèle de description commun pour le secteur culturel et il teste son fonctionnement dans quelques collections. Il a aussi lancé un projet pilote pour numériser les journaux autochtones, en plus d’obtenir du financement du secteur privé, de la Fondation Salamander. Il prépare maintenant une stratégie relative au contenu, tout en continuant de chercher d’autres sources de financement.

Le projet Victorian Meme Machine associe des blagues du 17e siècle à des images numérisées de la collection de la British Library. À votre avis, quelle blague aurait été choisie pour cette photo conservée par BAC? Source : Mikan 3192622

Pour faire connaître son travail, il a fondé un site Web et organisé des présentations, notamment auprès des associations de bibliothèques de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. De plus, il a sollicité les commentaires de la collectivité et les réponses ne se sont pas fait attendre : plusieurs personnes et organismes se sont manifestés – souhaitant apporter leur pierre à l’édifice.

Que nous réserve l’avenir? Le comité doit terminer l’élaboration de ses projets structurants, mobiliser la collectivité, créer des réseaux, explorer les possibilités de financement et collaborer avec un comité international pour trouver la meilleure façon d’informer les Canadiens au sujet des droits d’utilisation. Tout cela, avec une seule idée en tête : rapprocher les Canadiens de leur patrimoine culturel.

Un patrimoine dans lequel se glisse parfois une touche d’humour, comme le montre ce photomontage de notre collection intitulé « Nous emmenons nos oies au marché ». Selon vous, quelle blague siérait à cette photo? Le défi est lancé!

Pour en savoir plus sur la Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire, visitez le site Web du Comité directeur.

 

L’Expo 67 comme si vous y étiez

— par Emma Hamilton-Hobbs, archiviste, Direction générale des documents gouvernementaux, en collaboration avec Erin Todd, spécialiste de l’imagerie numérique, Direction générale des opérations numériques et de la préservation

Hôtesses devant la Place des Nations, Expo 67.
Source : Mikan 3198660

Le minirail surplombe la foule des visiteurs à l’Expo 67.
Source : e011179998

Cette année, le Canada a eu plusieurs raisons de célébrer. D’un océan à l’autre, nous avons souligné le 150e anniversaire de la Confédération. Nous avons aussi soufflé les 50 bougies de l’Expo 67, une aventure qui a marqué les mémoires. Articles de journaux et de magazines, conférences, expositions, baladodiffusions, et même un documentaire : les projecteurs se sont tournés vers cette grande fête tenue à Montréal du 27 avril au 29 octobre 1967.

Les commémorations entourant l’Expo ont fait la part belle aux images que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) conserve dans le fonds de la Compagnie canadienne de l’Exposition universelle de 1967. Incorporée en 1962 avec l’autorisation du Parlement, celle-ci était chargée de planifier et de gérer l’événement. Dès 1970, BAC a acquis la plupart de ses dossiers, composés de documents textuels, d’affiches, de plans architecturaux et de photos.

Plus de 49 000 images se trouvent dans ce fonds. Négatifs en noir et blanc, acétates couleur, diapositives et photos documentent le projet depuis ses débuts, en 1964. Tout y est, de la construction des îles, des pavillons, des ponts et des canaux jusqu’aux activités et aux cérémonies de l’Expo. Des visiteurs célèbres comme Grace Kelly, la reine Elizabeth II, Robert Kennedy, Charles de Gaulle et Lyndon B. Johnson ont aussi été immortalisés sur pellicule, ainsi que d’autres invités de marque venus des quatre coins du globe. Certaines photos fournissent un aperçu des pavillons, des kiosques, des hôtesses et des restaurants; on peut même voir des clichés de lampadaires et de cabines téléphoniques!

Le 20 octobre 2016, les Productions de la Ruelle ont signé une entente avec BAC pour faire numériser plus de 10 200 images de l’Expo tirées de notre collection, y compris toutes les diapositives couleur – plus de 9 300! On peut admirer le fruit de ce travail dans le documentaire Expo 67 : Mission impossible qui a pris l’affiche le 25 avril, et dans le site Web expo-67.ca.

Pour mener à bien ce projet d’envergure, les Services de numérisation de BAC ont testé leur nouvel appareil de reproduction et de numérisation pour films et pellicules photo, acquis en septembre 2016 auprès de l’entreprise Digital Transitions – Division of Cultural Heritage. L’avantage? Alors qu’un scanneur traditionnel peut mettre quelques minutes pour balayer une seule image, nos spécialistes en imagerie numérique ont pu le faire en une fraction de seconde.

Mais comment numérise-t-on des diapositives couleur? On les insère d’abord dans un cadre, qu’on fixe sur une table lumineuse à la surface de l’appareil. On déplace ensuite le cadre de gauche à droite, en suivant des guides horizontaux, de sorte que chaque diapositive se retrouve successivement au centre de la table. Un mécanisme d’arrêt indique au spécialiste que les images sont parfaitement centrées. Celui-ci peut alors les photographier au moyen d’un appareil numérique monté au-dessus de la table et actionné par une pédale. Enfin, il calibre les couleurs des photos et en retire toute trace de bordure avec Photoshop, au besoin.

La numérisation des diapositives couleur d’Expo 67 offre plusieurs avantages. Elle réduit le besoin de manipuler les originaux, qui risquent donc moins d’être abîmés ou perdus. La pellicule, sensible à la lumière et aux variations de température, peut demeurer dans la chambre forte réfrigérée spécialement conçue à cette fin. Et, surtout, elle offre aux Canadiens la possibilité de voir en ligne des images de l’Expo 67 rarement montrées auparavant.

 

ISSN Canada appuie l’accès ouvert

— par Dorota Laska et Nathalie Mainville, bibliothécaires au catalogage, ISSN Canada

Depuis cinq ans, ISSN Canada verse des notices bibliographiques dans le Répertoire des ressources scientifiques et universitaires en accès libre. L’objectif : rendre les publications scientifiques canadiennes plus visibles et accessibles. Aussi appelé ROAD (en anglais), le Répertoire (appuyé par le Secteur communication et information de l’UNESCO) vise à promouvoir le libre accès aux articles scientifiques.

L’accès libre permet aux utilisateurs d’accéder à du contenu sans devoir s’abonner ou payer des frais. Les initiatives en ce domaine sont subventionnées par des organismes nationaux et internationaux qui veulent élargir l’accès aux recherches financées par les fonds publics en les diffusant en ligne, gratuitement et sans restrictions.

Dans la foulée de ce mouvement, beaucoup de publications scientifiques ont vu le jour, entraînant une demande accrue de numéros ISSN – le numéro international normalisé des publications en série, un identifiant à huit chiffres aidant les éditeurs, agences d’abonnement, fournisseurs de contenus et bibliothèques à gérer efficacement ces publications tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Cela dit, l’accès libre comporte un revers : certains pseudo-éditeurs adoptent des pratiques mensongères, comme des comités de rédaction fictifs, et omettent de faire évaluer par des pairs les articles qui leur sont soumis. Une campagne internationale et intersectorielle intitulée Think. Check. Submit. (en anglais) invite donc les chercheurs à la prudence lorsqu’ils soumettent leurs travaux à un éditeur.

Illustration 1 : Page d’accueil de ROAD montrant la répartition des publications en accès libre par région et pays de publication (l’Europe et l’Amérique du Nord sont sélectionnées).

En effet, bibliothécaires et chercheurs doivent pouvoir compter sur des informations fiables, obtenues de sources reconnues publiées en accès libre. C’est ce que leur offrent deux répertoires complémentaires :  le Directory of Open Access Journals de l’Université Lund, en Suède, et ROAD, géré par le Centre international de l’ISSN à Paris.

ROAD se fonde sur le Registre international de l’ISSN, une base de données bibliographiques mondiale recensant les publications en série inscrites au Réseau ISSN. Ses notices de publications scientifiques en accès libre (journaux, actes de conférences, monographies, blogues savants, archives d’institutions d’enseignement, etc.) peuvent être consultées gratuitement et réutilisées. ROAD permet aussi d’analyser la répartition des publications par région, pays de publication (voir l’illustration 1), sujet et langue.

Les notices bibliographiques qu’ISSN Canada ajoute au Registre international de l’ISSN et à ROAD respectent les normes et les règles internationales de catalogage, dont les normes MARC 21, la norme RDA (Ressources : description et accès), la classification décimale de Dewey et le Manuel de l’ISSN. ISSN Canada et les autres centres du Réseau ISSN dans le monde créent et gèrent ensemble ces bases de données, dans le respect des normes et des pratiques exemplaires.

La participation d’ISSN Canada à ROAD fait partie des nombreux efforts visant à promouvoir l’accès libre au Canada. Parmi les autres exemples, mentionnons le Portail des chercheurs, un outil du Conseil des bibliothèques universitaires de l’Ontario hébergeant plusieurs dépôts de documents; et le projet Public Knowledge de l’Université Simon-Fraser, à Vancouver (Colombie-Britannique), qui met à la disposition de tous un logiciel permettant la publication de nouveau contenu en accès libre. Tous deux partagent leurs archives numériques avec, The Keepers Registry (en anglais), un dépôt virtuel qui préserve de façon sécuritaire les ressources documentaires libres pour qu’elles demeurent accessibles à long terme.

Si vous faites partie d’un établissement d’enseignement canadien qui édite une publication en série en accès libre et que vous aimeriez inclure celle-ci dans le répertoire ROAD, contactez ISSN Canada à bac.issn.lac@canada.ca.

Critères pour l’inclusion d’une publication en série dans ROAD :

  • 100 % du contenu est offert en accès libre
  • Les rapports de recherche forment l’essentiel de la publication
  • Celle-ci vise avant tout les scientifiques et les chercheurs
  • L’accès est ouvert et immédiat
 

Art numérique multidisciplinaire : un défi à acquérir et à préserver

— par Rachelle Chiasson-Taylor, archiviste en musique, Catherine Hobbs et Sara Viinalass-Smith, archivistes en littérature, et Mary Margaret Johnston Miller, archiviste en art, Direction générale des archives

Ébauche du premier mouvement de la Symphonie no 5 de Jacques Hétu, 2009. L’œuvre a été créée avec un logiciel comportant une interface MIDI. Source : fonds Jacques Hétu, Mikan 4170022

L’art numérique multidisciplinaire est un nouveau phénomène culturel qui pose des défis inédits aux musées, aux centres d’archives et aux autres institutions culturelles faisant l’acquisition d’œuvres d’art. De quoi s’agit-il exactement?

On distingue généralement les œuvres numériques créées sous forme analogique, puis numérisées, de celles qui sont nées sous forme numérique, comme un roman écrit avec un logiciel de traitement de texte, ou une pièce de musique composée avec un logiciel qui permet aussi de l’enregistrer et de la rejouer. La plupart du temps, les œuvres faisant partie de la deuxième catégorie ont des paramètres fixes, et leur nature ainsi que leur finalité restent inchangées.

Les créateurs qui optent pour l’art numérique multidisciplinaire dépassent ces limites : leurs œuvres amalgament plusieurs disciplines artistiques et sont à la fois dynamiques et adaptables, tout comme les plateformes qu’ils utilisent. Ainsi, un artiste peut faire évoluer tant son œuvre que la plateforme choisie. Un peu comme les jeux vidéo dont l’interface change au gré des options choisies, l’art numérique multidisciplinaire accroît indéfiniment les interactions avec l’artiste ou le public.

Les services d’archives et les musées ne peuvent rester inactifs devant la croissance fulgurante de ce phénomène. Les institutions culturelles canadiennes qui acquièrent des œuvres créées sous forme numérique privilégient souvent les œuvres statiques ou créées sur d’anciennes plateformes multimédias, et la majorité des efforts dans la sphère virtuelle sont consacrés à la numérisation de documents analogiques.

L’art numérique multidisciplinaire, pour sa part, se distingue des formes d’art traditionnelles à plusieurs égards. Songeons aux œuvres musicales interactives et immersives qui intègrent des éléments visuels ou littéraires; ou encore, à la poésie interactive qui fait appel aux plateformes de jeu. Ces chevauchements montrent bien comment les forces, les préoccupations et le regard unique de chaque créateur brouillent les limites entre les disciplines artistiques. Malgré tout, plusieurs conservateurs, chercheurs et artistes entrevoient encore l’art numérique multidisciplinaire en fonction des cadres des disciplines traditionnelles.

Les institutions de mémoire doivent se familiariser avec ce nouveau champ d’activité artistique pour pouvoir en acquérir et en préserver les œuvres à long terme note4. Elles doivent aussi dialoguer avec les créateurs, les centres de recherche spécialisés et les intervenants du secteur numérique. Enfin, elles doivent ajouter aux connaissances acquises une dose égale de créativité pour acquérir des œuvres qui font fi des limites de formes et de supports.

Bref, bâtir une collection d’archives d’art numérique multidisciplinaire n’est pas chose aisée. C’est pourquoi, à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), les archivistes étudient l’incidence de telles acquisitions sur leur travail. Ils croient qu’à titre d’institution nationale, BAC est mieux placé pour relever ce nouveau défi, puisqu’il peut faire le pont entre créateurs, chercheurs, archivistes, conservateurs, communautés culturelles et partenaires du secteur numérique. Le temps est venu de se mettre au travail!

La musique numérique multidisciplinaire est le fruit d’expériences en électroacoustique effectuées dans les années 1950. La recherche et les créations réalisées depuis ont ouvert la voie aux œuvres sonores multidisciplinaires, à la musique interactive, à la musique par ordinateur et à diverses approches musicales numériques, associées entre autres aux mouvements et à l’haptiquenote5.

 

Nos premiers pas dans l’univers de Wikipédia

— par Rosa-Iris Rovira, stagiaire wikimédienne, Direction générale des services au public

La nouvelle reine Elizabeth II aux côtés du prince Philip. Image illustrant l’article anglais de Wikipédia sur Elizabeth II (1 114 429 visites en juillet 2017).
Source : Mikan 3242153

Samuel de Champlain arrive à Québec. Image illustrant l’article français de Wikipédia sur le Canada (93 651 visites en juillet 2017).
Source : Mikan 2895829

À l’ère des nouvelles technologies, la crainte de perdre notre patrimoine documentaire nous incite à numériser nos ressources afin de les préserver pour les prochaines générations. Parallèlement, la culture du libre accès à l’information ne cesse de gagner en popularité, un phénomène venant dynamiser l’autre.

La Fondation Wikimédia note6 participe à cet élan mondial. Pas étonnant quand on sait qu’elle chapeaute l’encyclopédie Wikipédia, le 6e site Web le plus consulté au mondenote7!

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) devait assurer sa présence sur cette importante plateforme, d’où le projet GLAM-Wikinote8, une collaboration enrichissante tant pour notre institution que pour Wikimédia. (L’acronyme GLAM, de l’anglais galleries, libraries, archives and museums, désigne la communauté des institutions documentaires.)

Il faut dire que BAC détenait déjà une forte présence sur Wikimédia Commonsnote9 grâce à ses contributeurs externes, pour la plupart des bénévoles anonymes. Au total, ils y ont téléversé 2 831 imagesnote10 tirées de notre collection. De ce nombre, 2 105 illustrent des articles ayant été consultés plus de 34 millions de fois en juillet dernier seulementnote11! C’est le cas de l’article français sur le Canada, où 93 651 internautes ont pu voir l’œuvre Samuel de Champlain arrive à Québec. Du côté anglais, les articles sur Elizabeth II et la Première Guerre mondiale renferment deux des trois images les plus vues de notre collection.

Le point de départ

À l’été 2017, BAC a créé une page Wikipédia consacrée aux bibliothèques, aux musées et aux archives. L’objectif : partager nos projets de collaboration et mettre en valeur les trésors de notre collection. Bilingue, cette page pourrait servir de modèle pour d’autres institutionsnote12.

Nous avons ensuite téléversé des images par lots vers la médiathèque en ligne Wikimédia Commons. Respecter à la fois les exigences de BAC et celles de Wikimédia a été tout un défi! Pensons seulement à l’organisation des métadonnées, aux lois sur le droit d’auteur, aux licences libres, aux outils pour la collecte de données et aux exigences techniques…

La collaboration entre BAC et Wikimédia continue de s’enrichir, comme en témoignent déjà la formation d’un groupe de travail et l’organisation d’un premier marathon d’éditionnote13. Le voyage virtuel ne fait que commencer!

 

On était là avant la guerre

— par Melody Béland, archiviste des affaires internationales, Direction générale des documents gouvernementaux

Les pages du journal se détérioraient rapidement en raison de la fragilité du support et d’une consultation fréquente.

Vétéran des deux Guerres mondiales, Sherwood Lett (au centre) a représenté le Canada à la Commission internationale de surveillance et de contrôle en 1954 et 1955, avant d’être nommé juge en chef de la Cour suprême de la Colombie-Britannique.
Source : Mikan 3592428

Que peut-on faire d’un document de 300 pages, consulté au moins 50 fois depuis sa déclassification en 1989, et qui présente des signes importants de détérioration? C’est simple : on le retire de la circulation afin de le protéger contre d’autres dommages et de le préserver pour les générations futures. Mais on s’assure avant tout de le numériser et de le rendre accessible en ligne, évidemment!

Le document en question, c’est le journal tenu en 1954 et 1955 par le brigadier général Sherwood Lett, représentant canadien à la Commission internationale de surveillance et de contrôle, en Indochine.

À l’époque, l’Indochine est une colonie française composée de plusieurs anciens royaumes d’Asie du Sud-Est. Après la Seconde Guerre mondiale, ces derniers veulent obtenir leur indépendance de la France, une quête d’autonomie qui aboutira à la première guerre d’Indochine. Le conflit durera de 1946 à 1954 et sera résolu par la signature des Accords de Genève de 1954. Ceux-ci reconnaissent l’indépendance du Cambodge et du Laos ainsi que la partition du Vietnam, en échange, notamment, de l’assurance de leur neutralité face à la menace communiste grandissante dans la région. Ils instaurent également la Commission internationale de surveillance et de contrôle.

Avec la guerre froide en trame de fond, le Canada, la Pologne et l’Inde (respectivement une faction anticommuniste, une communiste et une neutre) sont choisis pour siéger à la nouvelle Commission afin d’assurer un équilibre dans la représentation des forces. Les commissaires ont pour rôle de superviser l’application des Accords de Genève et le maintien de la paix dans les trois pays, ainsi que d’enquêter sur d’éventuelles violations.

Dans son journal, M. Lett décrit ses activités quotidiennes, tant professionnelles que personnelles : ce qu’il fait, qui il rencontre, de quoi il discute et ce qu’il recommande. C’est avec une certaine tendresse qu’il mentionne quelques fois sa femme Evelyn (« E. L. »), restée au Canada. Son journal est une riche source pour les chercheurs, puisque les écrits de la Commission témoignent des années précédant la deuxième guerre d’Indochine, plus communément appelée la guerre du Vietnam (ou la guerre américaine pour les Orientaux). Grâce à la numérisation, cette œuvre inestimable est dorénavant à la disposition des chercheurs aussi bien amateurs que professionnels.

 

Projet CanaLien : place aux données liées

— par Arouce Wasty et Peter Stephen, bibliothécaires au catalogage, Direction générale du patrimoine publié

En 1960, des étudiants en architecture travaillent à un projet commun : un exemple d’étroite collaboration, comme celle qui unit BAC et les autres membres de l’Initiative canadienne sur les données liées dans le cadre du projet CanaLien.
Source : Mikan 4952351

Les données liées – des données structurées et interreliées sur le Web – présentent un grand intérêt pour la communauté des bibliothèques et des sciences de l’information. Grâce à elles, on peut publier en ligne des renseignements bibliographiques habituellement confinés aux notices de catalogues, tout en établissant des liens entre eux.

L’Initiative canadienne sur les données liées a vu le jour pour permettre aux bibliothèques de tirer pleinement profit de ce nouveau développement. Pilotée par cinq bibliothèques universitaires, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et Bibliothèque et Archives nationales du Québec, elle veut aider les bibliothèques canadiennes qui se tournent vers ce type de données.

Ses huit groupes de travail abordent divers thèmes : projets numériques, éducation et formation, subventions, technologies de l’information, métadonnées, planification et expérience utilisateur, auxquels s’ajoute un groupe de travail francophone. Des bibliothécaires de la Division de la description de BAC siègent à chacun d’entre eux. D’ailleurs, BAC et le groupe de travail sur les projets numériques collaborent au projet CanaLien sur les données liées et les thèses canadiennes.

Ce projet de validation de principe vise les notices bibliographiques portant sur les thèses canadiennes et leurs auteurs. BAC y a contribué en créant et en révisant plus de 200 notices d’autorité à ce sujet. Il les a enrichies en y ajoutant le champ d’études des auteurs, les noms et les villes des universités, ainsi que les codes ORCID (Open Researcher and Contributor, ou identifiant ouvert pour chercheur et contributeur) permettant d’identifier de manière unique des auteurs universitaires ou scientifiques.

L’Université de l’Alberta a recueilli les notices de BAC et d’autres partenaires, puis les a converties au format des données liées. Elles peuvent maintenant servir de multiples façons : par exemple, pour permettre à un chercheur de trouver tous les auteurs de thèses sur la traduction littéraire.

Les bibliothèques commencent tout juste à adopter les données liées. À plus grande échelle, celles-ci nous permettront d’améliorer la façon dont nos clients peuvent voir, utiliser et explorer nos ressources.

 

Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire

— par Hazel Young-Davies, analyste de programme, Gouvernance et Collaboration, pour le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire

À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), nous veillons à protéger et rendre accessible le patrimoine documentaire de notre pays. Nous ne sommes pas les seuls : du Pacifique à l’Atlantique et du nord au sud, des bibliothèques, des centres d’archives et des sociétés d’histoire et de généalogie recueillent et préservent les ressources qui racontent notre histoire. C’est pour appuyer leurs efforts que le bibliothécaire et archiviste du Canada Guy Berthiaume a lancé en 2015 le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire.

Le Programme veut resserrer les liens qui unissent BAC et les institutions canadiennes de ce secteur. Doté d’un budget annuel de 1,5 million de dollars, il offre aux organismes admissibles un soutien financier pour les aider à structurer, préserver et diffuser leurs collections, qu’il s’agisse de livres, de photos, d’enregistrements audio, etc. Nous devons agir dès maintenant pour que le patrimoine canadien demeure accessible aux générations d’aujourd’hui et de demain!

Cette responsabilité échoit à une multitude de partenaires locaux qui nous représentent tous : vous, moi, nos collègues, nos voisins – bref, les Canadiens d’un océan à l’autre, dont les histoires réunies forment la grande histoire de notre pays. À preuve, les contributions accordées par le Programme à l’Inuit Broadcasting Corporation (un radiodiffuseur du Nunavut), à la Jewish Historical Society du sud de l’Alberta, à la fondation du Women’s College Hospital, aux Canadian Lesbian and Gay Archives et à la société d’histoire de Port Edward.

Concours de souque à la corde lors des célébrations de la fête de la Reine, Sawyerville (Québec), 1915. Source : Société du Musée historique du comté de Compton, P004, S001, I006

La stagiaire Kaitlyn Bruce numérise un livre pour la Société historique du Manitoba. Le projet, financé par le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire, a pour but de préserver et de publier en ligne des documents historiques locaux. Photo: Shelley Sweeney

Le travail fascinant des organismes soutenus, qu’ils soient privés ou sans but lucratif, reflète lui aussi cette diversité. Par exemple, en 2017, le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire a octroyé des fonds à la Société d’histoire du Manitoba pour qu’elle puisse numériser et mettre en ligne des centaines de témoignages locaux inédits, qui sont maintenant à la portée des Manitobains et de tous les Canadiens. La Queer Heritage Initiative du Nouveau-Brunswick, quant à elle, a reçu un coup de pouce financier pour rassembler des archives qu’elle partagera sur le Web afin de mieux faire connaître la communauté queer (allosexuelle), un groupe dynamique et en plein essor. Enfin, l’institut culturel Avataq a reçu une subvention pour numériser et décrire les fonds privés de deux figures marquantes du Nunavik, MM. Yves Michaud et Georges Filotas. Le fonds de M. Filotas se compose d’enregistrements audio originaux sur des projets liés à l’autonomie politique du Nunavik et sur le développement de la communauté inuite dans les années 1960 et 1970.

Le Programme des collectivités du patrimoine documentaire soufflera bientôt ses quatre bougies et il suscite toujours autant d’enthousiasme : en 2016-2017 seulement, BAC a reçu 104 demandes de fonds, et des fonds ont été accordés à 48 organismes! Et il n’entend pas s’arrêter là : partout au pays, des organismes se préparent pour la prochaine ronde du Programme. Vous aimeriez soumettre une demande? Rendez-vous sur notre site Web, où vous trouverez de l’information et les lignes directrices.

Registre de pêche d’Elsie Reford où sont consignées ses activités de pêche au saumon de 1920. Pendant des années, Mme Reford a minutieusement noté des informations relatives à ses expéditions de pêche sur la rivière Métis, à Grand-Métis (Québec). Source : Jardins de Métis/Jardins Reford

Le village de Nakusp à l’ombre des montagnes, Colombie-Britannique, 9 janvier 1963. Source : Société historique Arrow Lakes, 1999-019-6

Fort de son succès, le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire n’a pas fini d’évoluer. Contrairement à son prédécesseur, exclusivement axé sur les archives, il vise une gamme d’activités plus large et un public plus vaste. C’est pourquoi il s’adresse aussi aux bibliothèques, aux sociétés d’histoire et de généalogie, et aux musées qui abritent des archives. Le but : outiller ces établissements pour qu’ils puissent offrir un meilleur accès à des collections d’intérêt national.

Aujourd’hui plus que jamais, les Canadiens peuvent découvrir leur histoire grâce à BAC et à sa programmation publique, ses expositions, ses conférences, ses publications et son site Web. Nos concitoyens sont avides de contenu – un contenu qui, en mettant leur passé en lumière, éclaire aussi leur présent et leur avenir. C’est la raison pour laquelle, avec l’aide de nos partenaires des collectivités du patrimoine documentaire, nous nous efforçons de bâtir une collection qui témoigne fidèlement de toutes les facettes de notre histoire.

Un voyage dans nos collections numérisées

— par Francesco Manganiello, directeur, Direction générale des relations avec les intervenants et des affaires internationales

Au Centre de préservation, le ministre ukrainien de la Culture, Ievhen Nyschuk, l’interprète Petro Pogrebennyk et des employés de Bibliothèque et Archives Canada examinent des articles de notre collection qui portent sur l’Ukraine.

« Come fly with me », chantait Frank Sinatra pour nous inviter à découvrir le monde en sa compagnie. Heureusement, les Canadiens n’ont pas à aller très loin pour voir les trésors conservés par Bibliothèque et Archives Canada! Ils peuvent consulter leur patrimoine documentaire n’importe où et n’importe quand, grâce aux efforts que nous déployons pour faire connaître notre collection et numériser le plus de documents possible.

Le fruit de tout ce travail dépasse nos frontières : nous accueillons régulièrement des spécialistes internationaux du milieu des bibliothèques, des archives et des musées, ainsi que des délégations venues des quatre coins du globe pour une visite d’État ou par affaires. Avec nos collègues gardiens du patrimoine documentaire, nous échangeons sur nos domaines d’expertise, nos connaissances et nos meilleures pratiques, ce qui nous aide à relever des défis communs, qui sont fort complexes en cette ère numérique.

Au cours des 18 derniers mois, nous avons accueilli plus de 20 délégations étrangères, dont celles du Japon, de la Chine, de la Corée, de Singapour, de la Suède, de l’Indonésie, de la Norvège, du Danemark, de l’Allemagne, de l’Ukraine, du Pérou et du Royaume-Uni. Toutes sont venues découvrir nos collections, rencontrer nos spécialistes et visiter notre Centre de préservation, une installation résolument à la fine pointe de la technologie.

L’un des moments forts des visites est sans contredit l’arrêt à la salle de numérisation des dossiers du personnel du Corps expéditionnaire canadien. D’ici 2018, quelque 640 000 dossiers seront numérisés afin de souligner le centenaire de la fin de la Première Guerre. Les visiteurs peuvent admirer la passion, l’expertise et le dévouement dont font preuve nos collègues pour mener à bien cette tâche. Ils admirent aussi l’ingéniosité de nos scanneurs haute performance.

Plusieurs personnes travaillent sans relâche en coulisse pour rendre l’expérience de nos visiteurs internationaux aussi enrichissante que mémorable. Souvent, elles choisissent des documents numérisés qui revêtent un intérêt particulier pour nos invités. Par exemple, lorsque nous avons reçu l’ambassadeur du Danemark au Canada, Son Excellence Niels Boel Abrahamsen, les employés du laboratoire de numérisation des documents audiovisuels lui ont montré un extrait de New Denmark. Produit en 1980 par l’Office national du film du Canada, ce documentaire explique comment les premiers colons danois se sont établis dans les Maritimes et ont réussi à y prospérer grâce à la culture de la pomme de terre. L’ambassadeur a beaucoup apprécié, et il a été heureux d’apprendre qu’à Bibliothèque et Archives Canada, nos activités de numérisation sont guidées par les demandes de nos clients.

Autre visite marquante : celle du ministre ukrainien de la Culture, Ievhen Nyschuk. Ce dernier a été si impressionné par notre travail de numérisation des documents audiovisuels qu’il a demandé si Bibliothèque et Archives Canada accepterait de numériser la collection de films et d’émissions télé de l’Ukraine, y compris les productions dans lesquelles il a lui-même tenu l’affiche pendant sa carrière cinématographique!

Bien sûr, nos visiteurs peuvent également admirer de nombreux articles non numérisés de notre collection : portraits, livres rares, cartes, timbres, médailles, photos, et bien plus. Ils repartent avec une meilleure compréhension du patrimoine documentaire canadien et des outils pour mieux faire progresser les travaux de préservation de leurs États.

« Come fly with me » : c’est en ayant en tête ce refrain intemporel de Sinatra que j’invite mes collègues de tous les pays à venir nous visiter pour découvrir les trésors numérisés de Bibliothèque et Archives Canada!

 

Perspectives de BAC

Halifax : Du nouveau au Quai 21

— par Leah Rae, archiviste, Direction générale des services au public

En tant qu’Haligoniens (ou résidents d’Halifax, si vous préférez), nous attendons toujours avec impatience la fin de l’hiver et le retour des premiers bourgeons. Et cette année, le printemps rimait avec changement pour le bureau régional de BAC en Nouvelle-Écosse! Notre équipe a quitté ses anciens bureaux, situés dans un entrepôt du parc industriel de Dartmouth, pour jeter l’ancre dans de magnifiques locaux tout neufs au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, dans le port d’Halifax.

Une fois la poussière retombée et les boîtes défaites, nous avons inauguré notre point de service, situé dans le Centre d’histoire familiale Banque Scotia du Musée. Depuis, nous faisons connaître notre présence aux chercheurs et aux historiens : nous sommes là pour les aider dans leurs travaux, et même dans leurs préparatifs lorsque leurs recherches les mènent à Ottawa.

En juin, nous avons célébré notre arrivée au Quai 21 en recevant le caricaturiste politique Bruce MacKinnon dans le cadre de la Série Signatures. L’entretien était animé par le bibliothécaire et archiviste du Canada Guy Berthiaume. Le Théâtre Andrea et Charles Bronfman a fait salle comble pour cette première collaboration entre le Musée et BAC.

Notre nouvelle demeure : le Musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax (Nouvelle-Écosse).

Ottawa : Des archives sur vidéo

— par Andrew Elliott, archiviste, Direction générale des archives privées

Intersection des rues Sparks et Wellington, à Ottawa, en regardant vers l’est. Image tirée du premier épisode de la série From the Archives. Source : Mikan 4125124

À la Section des sciences, de l’environnement et des affaires économiques, nous voulons faire connaître les archives de BAC avec originalité. C’est pourquoi nous avons sauté sur l’occasion quand Rogers TV a communiqué avec nous, à l’automne 2016, pour réaliser des capsules télé de trois minutes sur l’évolution du paysage urbain d’Ottawa.

Mon travail d’archiviste m’avait davantage habitué à œuvrer en coulisses. Qu’à cela ne tienne : je suis sorti des sentiers battus pour arpenter les rues de la ville afin d’en expliquer l’histoire aux auditeurs, en toute simplicité. J’ai aussi conseillé l’équipe de tournage quant à la façon de présenter au grand public des archives photos des années 30. Ensemble, nous avons réalisé une impressionnante série d’images « avant-après » qui illustrent de manière vivante les transformations des rues d’Ottawa. Nous avons même pu tourner quelques scènes avant l’arrivée de l’hiver. Le premier épisode de la série, intitulée From the Archives (en anglais), est paru sur la chaîne YouTube de Rogers TV, sur le site Web de l’entreprise. On prévoit en réaliser d’autres lorsque mère Nature le permettra.

Avis important

Les images d’archives utilisées pour ce projet proviennent du fonds du ministère des Travaux publics.

Vancouver : L'ancien hôpital Shaughnessy

— par Caitlin Webster, archiviste, Direction générale des services au public

Pendant plus de 75 ans, l’hôpital Shaughnessy, à Vancouver, a prodigué soins médicaux et services de réadaptation aux vétérans et aux civils de la Colombie-Britannique.

L’hôpital a ouvert ses portes en 1917, en tant que maison de convalescence pour les vétérans de la Grande Guerre. Au fil du temps, il s’est agrandi pour offrir divers services (réadaptation, soins de courte et de longue durée, soins ambulatoires et intermédiaires) et devenir un centre de recherche et d’enseignement.

Bénévoles et associations de bienfaisance ont récolté des fonds pour l’achat d’équipement, en plus d’animer la vie entre les murs de l’hôpital. Plusieurs visiteurs célèbres – dignitaires, vedettes, membres de la royauté – ont profité de leur séjour à Vancouver pour aller saluer les patients.

Le nombre de patients civils n’a cessé de croître dans les années 60 et 70. La province a acquis l’hôpital en 1974, puis a annoncé sa fermeture le 15 février 1993.

Le bureau de BAC à Vancouver possède plusieurs documents sur l’histoire de l’hôpital Shaughnessy, dont des photos sur les soins aux patients, la réadaptation, les édifices, l’équipement, le personnel, les visiteurs et les bénévoles. Il en numérise maintenant certains pour y donner accès en ligne.

Premiers employés de l’hôpital militaire Shaughnessy, vers 1919 (photo reproduite en 1952). Source : Mikan 4826816

Winnipeg : Photos d'archives du nord

— par David Cuthbert, archiviste, Direction générale des services au public

En 1947, le gouvernement canadien accepte de collaborer avec les États-Unis pour établir un réseau de stations météorologiques dans l’Extrême-Arctique. Connu sous le nom de JAWS (Joint Arctic Weather Stations), ce programme a permis aux deux pays de recueillir des données pour mieux comprendre et prévoir différents phénomènes météorologiques.

Des stations météo ont ainsi été érigées à Alert, Eureka, Isachsen, Mould Bay et Resolute, où de petites équipes de techniciens civils, tant canadiens qu’américains, ont uni leurs efforts pour mener à bien cette mission. Le bureau régional de BAC à Winnipeg conserve une riche collection de photos qui documentent les défis auxquels ils ont été confrontés. Ces images témoignent des responsabilités et de la vie quotidienne dans ces postes isolés, au cœur de la beauté sauvage du Grand Nord.

Station météorologique d’Isachsen, 1957. Source : Mikan 212851

 

BAC en tournée

Collection Pearson

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Du 20 mai 2017 au 9 octobre 2018

Old Mill Heritage Centre, île Manitoulin

  • Source

    Lester B. Pearson et son épouse Maryon Pearson accueillent la reine Elizabeth II à son arrivée à l’aéroport d’Uplands, Ottawa (Ontario), 1964
    Bibliothèque et Archives Canada, e011181159

Art canadien et autochtone

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Du 14 juin 2017 au mois de décembre 2018

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

  • Source

    Les sœurs
    Sidney Carter, vers 1906
    Épreuve au platine (contraste accentué)
    Bibliothèque et Archives Canada, e011074189

L'expédition Franklin

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Mars à septembre 2018

Musée canadien de l’histoire, Gatineau

  • Source

    Septentrionalium terrarum descriptio
    Gerard Mercator, 1606 [1613]
    Carte gravée, peinte à la main
    Bibliothèque et Archives Canada, Mikan 3819652

Salle de l’histoire

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À compter du 1er juillet 2017 (prêt à long terme)

Musée canadien de l’histoire, Gatineau

  • Source

    Sa Ga Yeath Qua Pieth Tow, roi des Maquas
    John Verelst, 1710
    Huile sur toile
    Bibliothèque et Archives Canada, c092418
    Acquis en 1977 grâce à une subvention spéciale du gouvernement du Canada

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