Chapitre 6 : Provenance – LINGUA FRANCA – Un langage commun pour les restaurateurs de documents photographiques

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Chapitre 6 : Provenance. Image de l'intérieur du boîtier d'un daguerréotype. Les noms des personnes photographiées et le lieu où la photo a été prise sont écrits à la main.

Provenance

Poinçon

Marques embossées présentes sur de nombreux daguerréotypes. Elles sont habituellement situées sur les bordures de la plaque, de sorte qu'elles demeurent invisibles si le daguerréotype est inséré dans un passe-partout de laiton ou de papier. Les poinçons se composent habituellement d'initiales et de symboles, parfois accompagnés de chiffres. (Le nombre 40 est le plus fréquent; il indique la composition de la plaque, soit une part d'argent pour 39 de cuivre.) Les poinçons peuvent s'avérer utiles pour dater les photographies.

On a trouvé un poinçon intéressant dans le coin inférieur gauche d'un daguerréotype représentant un charpentier canadien, réalisé vers 1850 par un photographe inconnu. Il comporte une fleur à six pétales ainsi que le mot « DOUBLÉ ». On peut voir en dessous un sceau représentant l'agneau pascal (un agneau avec une croix), ainsi que l'inscription « A. GAUDIN » et le nombre 40.

Les recherches ont permis d'établir que cette plaque a été fabriquée par l'entreprise française Alexis Gaudin et frère. On ne connaît pas la date d'entrée en activité de cette entreprise, mais on sait qu'elle a fabriqué de telles plaques au moins jusqu'en 1856. Le modèle qui nous intéresse était largement utilisé en Amérique du Nord entre 1850 et 1855, surtout en 1853. La date à laquelle ce portrait aurait été réalisé (1850) cadre parfaitement avec cette fourchette. Le mot « DOUBLÉ » signifie qu'il s'agit d'argent plaqué (et non trempé), un procédé propre à la fabrication des daguerréotypes. Quant au nombre « 40 », il indique la proportion d'argent et de cuivre composant la plaque.

Image partielle d'un homme tenant un marteau. Un poinçon figure dans le coin gauche inférieur.

Vignette d'exposition

Les vignettes d'exposition et les informations imprimées (tampons, cachets, estampilles, étampes) peuvent indiquer à quel moment une photographie a été exposée, et ainsi nous aider à la situer dans son contexte historique.

Le tampon apparaissant au dos de cette photographie révèle qu'elle a été exposée au salon de Pittsburgh, en mars 1922. Quant à la vignette, elle indique une exposition subséquente au salon de la photographie de Londres, en 1923.

Ces indices nous fournissent des renseignements utiles sur l'histoire de cette photographie prise en 1918 (une date compatible avec celles du tampon et de la vignette).

Verso d'une photographie arborant plusieurs notes manuscrites, un tampon et une vignette.

Signature de l'artiste

On peut valider la signature d'un photographe en se fondant sur un catalogue raisonné de ses oeuvres, où apparaît sa signature officielle. On voit ici la signature de John Vanderpant, un photographe canadien influent des années 1920 et 1930.

Gros plan sur la signature d'un artiste.

Tampon signature de l'artiste sur un passe-partout de cuivre

Un sceau embossé ou appliqué sur un passe-partout de laiton permet d'identifier le photographe, à la condition qu'il s'agisse bien du passe-partout d'origine.

On peut voir ici l'inscription « T. C. DOANE », du nom d'un fabricant montréalais de daguerréotypes, célèbre dans les années 1840 pour ses portraits de personnalités canadiennes.

Photographie colorée à la main d'un homme et de quatre garçons costumés. La photographie est dans un boîtier avec un passe-partout de laiton. Le coin inférieur gauche porte une inscription étampée.

Inscriptions

Les inscriptions sur une oeuvre permettent d'identifier les personnes photographiées, ainsi que la date et le lieu de la prise de photo.

Ce portrait d'un groupe de commerçants de Yarmouth (NouvelleÉcosse) en est un bon exemple. L'inscription manuscrite se trouve dans le boîtier en cuir du daguerréotype; elle est donc invisible quand la plaque y est rangée. L'un des modèles a apposé sa signature, en plus d'indiquer les noms des membres du groupe, le lieu où la photographie a été prise et le nom du daguerréotypiste (Wellington Chase).

Les inscriptions se lisent comme suit [traduction] :

Derrière Wm. Brown. Herman Crowell. Char White. Dave Burton. Devant S. M. Ryerson. James Williamson. L. E. Baker. Maître d'écriture Williams O. S. Davison Ces noms désignent les personnes sur la photo prise par l'artiste Chase à Mason Hall en 1855

O.S.D.

Image de l'intérieur du boîtier d'un daguerréotype. Les noms des personnes photographiées et le lieu où la photo a été prise sont écrits à la main.

Filigrane

Les filigranes sont fréquents au verso du papier photographique : les fabricants y imprimaient leur marque de commerce, y apportant souvent des changements au fil du temps (nouveaux acronymes, soulignement ou espaces). Ces changements ont été catalogués, ce qui nous aide à déterminer à quel moment le papier a été fabriqué, sans pour autant préciser à quel moment la photo a été prise. Au verso de cette photo, on peut voir l'acronyme Agfa imprimé. Il s'agit d'un papier spécial utilisé jusque dans les années 1960, ce qui concorde avec la date du tirage : 1961.

Image en gros plan des lettres AGFA imprimées au verso d'une photo.
Homme accoudé sur un piano, la tête reposant dans la main.

Crédit : Walter Curtin

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