Activités de préservation

Conservation des livres et des documents textuels et visuels

Les restaurateurs professionnels effectuent tant des interventions minimes (visant à permettre la consultation du plus grand nombre possible de documents de toute sorte) que des traitements plus approfondis sur les documents destinés à être exposés ou publiés, ou encore à servir à d’autres fins particulières. Leurs activités très variées vont de l’examen physique des nouvelles acquisitions au traitement approfondi de pièces particulières.

Ces professionnels fournissent aussi des conseils et de l’assistance dans nombre d’autres sphères d’activité fondamentales de Bibliothèque et Archives Canada, notamment en effectuant de la recherche sur les méthodes et les techniques de conservation, en agissant à titre de conseillers dans les domaines de la préparation aux situations d’urgence et de la récupération de documents en cas de sinistre, et en procédant à des évaluations techniques d’échantillons et de produits.

Une grande variété de documents — tels que livres, photographies, cartes, manuscrits, œuvres d’art sur papier et peintures — sont restaurés dans nos laboratoires.

Préservation des enregistrements audiovisuels

Les laboratoires de préservation des enregistrements audiovisuels de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) sont parmi les plus vastes au pays. En travaillant avec du matériel spécialisé, les conservateurs manipulent toutes sortes de films et de documents vidéo et sonores, y compris beaucoup de formats désuets. Ces documents sont stabilisés, réparés, nettoyés et inspectés, et, au besoin, de nouvelles copies de préservation sont faites.

En septembre 2009, BAC a commencé à mettre en œuvre une stratégie de migration des enregistrements audiovisuels afin de préserver les enregistrements audio et vidéo à risque. Il a pris ces mesures en réponse aux défis touchant la préservation des enregistrements audiovisuels, résultat du vieillissement, du matériel de lecture désuet et peu fiable, de la disparition progressive de l’expertise en technologies audio et vidéo analogiques et de la détérioration des supports physiques (tels que les bandes et les disques).

La stratégie de BAC comporte deux grands axes :

  1. la migration des enregistrements se fera vers des formats de dossiers numériques, et
  2. la priorité sera accordée aux formats qui présentent le plus grand risque de désuétude.

Il reste à réaliser la migration d’environ 530 000 heures d’enregistrements audio et vidéo; pour y parvenir, il faudra déployer des efforts de préservation concertés pendant de nombreuses années.

BAC réalise une bonne partie du travail de migration à l’interne. Dans certains cas toutefois, la taille de la collection ou la rareté du matériel font en sorte qu’une partie de la migration est effectuée à l’externe.

En 2012, BAC a commencé à prévoir les défis croissants liés à l’acquisition de l’équipement nécessaire pour préserver les pellicules cinématographiques à l’aide d’un processus photochimique. Il a élaboré une stratégie de numérisation des films cinématographiques et, en 2013, a fait l’acquisition du matériel nécessaire pour la mettre en œuvre. Notre collection d’environ 90 000 films peut maintenant être préservée et rendue accessible en format numérique.  

La technologie joue un grand rôle dans la préservation du patrimoine audiovisuel.

Préservation du patrimoine documentaire numérique

Anciens supports de stockage numériques à Bibliothèque et Archives Canada

À Bibliothèque et Archives Canada (BAC), la collection croissante de documents d’archives numériques — qui comprend des publications en ligne, des sites Web, des documents textuels, des images et des enregistrements audiovisuels — doit être préservée pour les générations à venir. Afin de relever ce défi dans un environnement social et technologique qui change rapidement, BAC élabore présentement une suite de services de dépôt numérique pour ses collections numériques : ingestion, stockage, gestion et accès.

Apprenez-en d’avantage sur notre Programme de préservation numérique.

 

Numérisation

Numérisation d’un document à plat

Une grande partie du travail du programme de numérisation de BAC se fait au Centre de préservation. Les techniciens en imagerie numérique reproduisent une grande variété de documents archivés et de documents de bibliothèque — pour des clients particuliers, pour des expositions sur le Web et le programme de numérisation de masse de BAC, qui vient appuyer son plan d’accès. Le travail se fait selon des normes de qualité de l’image qui sont propres au genre de document à être numérisé. Les images sont saisies à haute résolution en vue de leur préservation à long terme; des versions de moindre résolution sont ensuite créées pour le site Web de BAC.

 

Gestion des fonds documentaires

La gestion des fonds documentaires englobe l’élaboration de politiques, de normes et de lignes directrices visant la préservation à long terme de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC); l’instauration de mesures destinées à assurer leur garde et leur sécurité en tout temps et en tous lieux, à leur fournir de bonnes conditions et des installations d’entreposage appropriées et à veiller à l’examen de leur état; ainsi que l’élaboration de plans exhaustifs à court et à long terme axés sur leurs besoins particuliers en matière de traitement, de reproduction et d’entreposage. Les spécialistes des supports de préservation participent à ces activités et conseillent leurs collègues à BAC, des associés travaillant dans d’autres institutions culturelles et le grand public.

Préservation d’œuvres cinématographiques rares sur 28 mm

Bien avant que l’apparition d’une gamme de formats vidéo soulève des débats sur la meilleure manière de saisir et de préserver les images en mouvement, les cinéastes et les distributeurs ont débattu des répercussions qu’auraient l’établissement d’un format et d’une composition standards pour les films celluloïd. Le film nitrate 35 mm a dominé les premières années de la production cinématographique. Au cours de ces années, le film de sécurité 28 mm a été considéré pendant une courte période de temps comme présentant de grands avantages : ce film ininflammable était beaucoup plus abordable et conçu pour les projections non commerciales qui, autrement, auraient été vulnérables aux dangereux incendies causés par le nitrate. Comme il était également moins coûteux, cela signifiait que les églises, les écoles et les centres communautaires pouvaient projeter des films dans les milieux urbains et ruraux d’un bout à l’autre du pays.

Film 28 mm ayant besoin d’être copié à des fins de préservation.

Un restaurateur en train de copier un film original 28 mm sur une bande de film en polyester 35 mm, image par image

L’Ontario Motion Picture Bureau et l’Université de l’Alberta ont été deux des plus grands utilisateurs de 28 mm au monde; ils ont créé et diffusé des milliers de films 28 mm de 1917 jusqu’au début des années 1930. Des titres comme Saskatchewan’s War on Grasshoppers, Making the Most of Manure et Where Does False Hair Come From? comptent parmi les films les plus instructifs et pédagogiques qu’on a présenté à des milliers de Canadiens.

Traitement de restauration d’une lithographie

La lithographie intitulée Canada Marine Works, Augustin Cantin, Montreal, C.E. (vers 1865, Mikan 3020493), une œuvre de la collection Peter Winkworth, a été restaurée au printemps 2006 pour l’exposition de Bibliothèque et Archives Canada intitulée La collection Peter Winkworth d’œuvres canadiennes : Quelques arpents de neige — Le Québec.

Au moment de son acquisition, l’œuvre était solidement collée sur un carton acide de mauvaise qualité, responsable en bonne partie de sa décoloration et de la détérioration du papier. De nombreuses taches, marques d’abrasion et saletés défiguraient l’image. La feuille avait été froissée par endroits lors de l’impression ou du montage. Ses coins étaient écrasés et on pouvait y voir de nombreuses piqûres et perforations.

Après avoir examiné plusieurs options de traitement, les étapes suivantes ont été entreprises pour stabiliser la condition de l’œuvre et améliorer son apparence pour l’exposition.

Avant traitement

La première étape a été d'enlever, à la main, le plus de saleté possible en surface. Le recto de la lithographie a donc été nettoyé à sec à l'aide d'une gomme en poudre; les résidus ont été enlevés délicatement de la surface avec le moins de pression possible afin que la saleté ne s'incruste pas dans les fibres du papier.

Puis le dos de carton a été retiré. Cette tâche, très ardue, a duré plusieurs jours car il a fallu enlever le carton petit à petit en le grattant délicatement.

La dernière couche de l'ancien dos de carton a été enlevée pendant l'immersion dans l'eau.

Même après avoir immergé la feuille dans plusieurs bains d'eau alcaline, un blanchiment par la lumière s'est révélé nécessaire pour atténuer davantage les taches et la décoloration.

Une fois restaurée, la lithographie a été doublée d’un fin papier japonais. Elle a ensuite été séchée et mise à plat sur un karikari (un séchoir à trame japonais)..

Ensuite les parties effacées par abrasion, les petites zones de perforations réparées et les surfaces aplanies ont été retouchées à l'aquarelle.

Après traitement Par la suite, la lithographie préservée a été montée dans un passe-partout, puis encadrée pour l'exposition.

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