Rapport final : Sommet sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées dans un monde en mouvement

5 et 6 décembre 2016

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Message du bibliothécaire et archiviste du Canada et directeur général, Association des musées canadiensNote de bas de page 1

À l'ère numérique, alors que la mémoire elle-même semble être une faculté désuète, à quoi donc peuvent encore servir les institutions de mémoire : les bibliothèques, les centres d'archives et les musées (les « GLAM » )? Google, Amazon, Wikipédia, Facebook, Twitter et la vitesse foudroyante de leurs algorithmes ne suffisent-ils pas dorénavant à la tâche?

De temps à autre des questions d'apparence logique surgissent dans les médias : est-il opportun de construire de nouvelles bibliothèques? Ne conviendrait-il pas plutôt d'en réduire le nombre au profit d'une utilisation plus répandue du prêt de livres électroniques? Les musées virtuels ne représentent-ils pas la meilleure réponse à la nécessité de démocratiser la culture en la rendant accessible à l'échelle de tout le territoire, voire de toute la planète? Idem pour les centres d'archives : leurs fonds ne sont-ils pas tous numérisés et accessibles grâce à leurs propres plateformes ou celles d'Ancestry ou de Findmypast?

Et pourtant. Pourtant la fréquentation globale des institutions de mémoire est en hausse constante. La fréquentation des bibliothèques publiques des États-Unis a cru de 4 % au cours de la dernière année , la nouvelle bibliothèque publique d'Halifax a reçu au cours de la première année de son existence plus du double des visiteurs attendus (1,9 million par rapport à 900 000), le Musée des Beaux-Arts de Montréal reçoit maintenant plus d'un million de visiteurs chaque année et l'Observatoire de la culture et des communications révélait en mai dernier que la fréquentation des musées québécois avait atteint de nouveaux sommets en 2015 (14 millions d'entrées).

Ces données contre-intuitives ont amené un récent rapport de la British Library à conclure :

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada

Alors que le savoir et la culture se retrouvent de plus en plus en format numérique et sur des écrans, la valeur et l'importance de lieux physiques de haute qualité ne se diminuent pas : elles s'accroissent. Comme si, plus nos vies tournent autour des écrans, plus les rencontres en personne et la présence des artéfacts prennent de la valeur. Les activités des deux sphères se nourrissent mutuellement.

C'est avec ces données paradoxales en tête que s'est tenu, les 5 et 6 décembre derniers, le Sommet sur la valeur des bibliothèques, archives et musées, organisé par l'Association des musées canadiens et Bibliothèque et Archives Canada et placé sous l'égide de la Commission canadienne pour l'UNESCO. Le Sommet a réuni à Ottawa près de 300 personnes, aussi bien des spécialistes des « GLAM » que des représentants des gouvernements et de la Société civile.

L'objectif du Sommet était de faire l'état des lieux de la recherche sur la valeur sociale et économique des institutions de mémoire et de mettre en relief les expériences novatrices des uns et des autres – plusieurs de ces expériences étant d'ailleurs rendues possibles par les nouvelles technologies, technologies dont les « GLAM » ont été et demeurent des adeptes de la première heure (« early adopters »). Sur ce plan, le Sommet d'Ottawa s'est avéré un indiscutable succès : une trentaine de conférenciers, dont le quart internationaux, mis en lumière quelques éléments forts de la problématique des institutions de mémoire en ce début de XXIe siècle :

  • les technologies – téléphones intelligents, applications mobiles, séquenceurs musicaux, réalité virtuelle, imprimantes 3D – sont à la fois porteuses de défis et d'occasions de développement. Du côté des défis : d'une part, bien sûr, l'obtention des ressources financières nécessaires à l'acquisition de ces technologies et, d'autre part, la recherche et la découverte des ressources humaines capables d'imaginer le fonctionnement optimal de ces nouvelles technologies. Du côté des occasions : la formidable démocratisation du savoir et de la culture qui résulte de la présence des « GLAM » dans les foyers des citoyens grâce au numérique; l'accroissement de fréquentation de leurs espaces que provoque la fréquentation virtuelle : en effet, en vertu du paradoxe évoqué plus haut, plus la consultation des données sur le web s'accroît, plus l'appétit pour la présence dans les salles de lecture et d'exposition s'accroît. Car, c'est un phénomène bien étudié, la fréquentation virtuelle des œuvres et des artefacts ne suscite pas la même expérience que la présence physique : à preuve, les millions de personnes qui se précipitent chaque année devant la Joconde, alors qu'il suffit de deux clics pour la faire apparaître instantanément sur nos téléphones intelligents;
  • les nouveaux rôles joués par les institutions de mémoire – accueil des nouveaux arrivants, accès à la haute vitesse pour les personnes défavorisées, disponibilité des technologies avancées pour les artistes et les créateurs, initiation à la littératie financière, initiatives pour promouvoir la santé mentale et ouvertures multiples au monde culturel,– sont méconnus par nos élites politiques, économiques et médiatiques qui fréquentent peu les institutions de mémoire, parce que leur statut économique favorise d'autres habitudes de consommation culturelle (i.e. : l'achat plutôt que l'emprunt et la présence aux prestations gratuites);
  • le rôle des institutions de mémoire dans l'écosystème de la création n'est pas réductible à leur seule fonction d'ingestion et de conservation des œuvres. Les « GLAM » sont également présentes au début de la chaîne créatrice, fournissant inspiration et matériel aux artistes de toutes les disciplines – non seulement les auteurs et les poètes, mais les vidéastes, les musiciens, les peintres, les metteurs en scène, etc.

Mais, au-delà du partage de connaissances, le Sommet d'Ottawa a aussi agi comme révélateur de l'unité véritable des institutions de mémoire, elles dont la tendance avait jusque lors été davantage à l'accentuation de leurs singularités plutôt qu'à la recherche de dénominateurs communs. Pourtant, dans le terreau de la pratique, les distinctions taxonomiques s'estompent depuis nombre d'années : les fusions qui ont mené à la création des deux grandes institutions documentaires que sont BAnQ et Bibliothèque et Archives Canada viennent spontanément à l'esprit, mais elles ne sont que la pointe d'un iceberg constitué par la présence d'archives et même de bibliothèques dans tous les grands musées – du musée Glenbow de Calgary et de sa riche collection archivistique, jusqu'au Centre Pompidou dont la Bibliothèque publique d'information est la plus fréquentée de France.

Forts de cette conviction, les participants au Sommet des 5 et 6 décembre ont adopté la Déclaration d'Ottawa par laquelle ils s'engagent à accroître la collaboration entre eux, à accentuer les occasions de participation citoyenne et à élargir l'accès à leurs collections afin de contribuer au bien commun. Un nouveau jour s'est levé pour les institutions de mémoire canadiennes. Ne l'oublions pas!

Remerciements

Bibliothèque et Archives Canada et l'Association des musées canadiens aimeraient remercier les divers collaborateurs, sans lesquels ce Sommet n'aurait pu avoir lieu : la Commission canadienne pour l'UNESCO, Carr McLean, OpenText et Systemscope.

Synopsis du Sommet

À nous la rue, Sommet sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées dans un monde en mouvement, a rassemblé des praticiens et des experts dans le but d'évaluer la valeur sociale et économique des bibliothèques, des archives et des musées (BAM), de partager des résultats de recherche et de discuter de collaborations, d'innovations et de partenariats futurs. Le profil des participants était très varié, l'événement réunissant notamment un député, des sous-ministres, des présidents-directeurs généraux, des présidents, des directeurs généraux, des bibliothécaires, des conservateurs, des archivistes, des économistes, des artistes, des acteurs et de nombreux autres – ce qui a contribué à enrichir les discussions sur ce sujet vital.

Le Sommet d'une durée d'un jour et demi, tenu les 5 et 6 décembre 2016, a accueilli près de 300 participants. L'événement a également été diffusé en direct sur le Web et il a été visionné par 330 personnes.

Les conférenciers, les panélistes et les modérateurs représentaient six organismes fédéraux, onze organisations publiques, privées ou indépendantes et quatre organisations internationales (de Grande-Bretagne, de Nouvelle-Zélande, de Suisse et des États-Unis).

Le Sommet était composé de trois ateliers principaux pendant lesquels des conférenciers ont discuté de divers aspects relatifs à la valeur des BAM, de partenariats non traditionnels, d'innovations, de défis et de projets futurs. La liste complète des conférenciers, des panélistes et des modérateurs est reproduite à l'annexe A.

De gauche à droite : Francesco Manganiello; Andrew Tessler, John McAvity; Marie Chapman; Paul Gilbert; Vickery Bowles; Guy Berthiaume; Patrice Landry; Victoria Dickenson; Robert McIntosh; Maureen Sawa; Liz White; Donna Bourne-Tyson; John Roberts; Paul Takala; Dara Price

Thèmes transversaux

Pendant le Sommet, nombre de thèmes transversaux ont été abordés. Des représentants des BAM ont exprimé leur volonté de trouver des méthodes innovantes pour satisfaire aux nouvelles demandes, surmonter les difficultés actuelles et cerner les possibilités futures pour faire connaître leurs collections aux Canadiens.

Partenariats et collaboration

« L'objectif n'est pas de faire plus avec moins, mais de faire plus avec plus… plus de partenariats, plus de collaborations. » – Maureen Sawa (Greater Victoria Public Library)

Au cours du Sommet, il est apparu clairement que pour favoriser l'innovation et répondre aux besoins des clients d'aujourd'hui, les institutions de mémoire ne doivent plus agir de manière autonome. Les partenariats et la collaboration, entre les institutions de mémoire et avec les partenaires non traditionnels, constituent la clé du succès. Le partenariat entre le Musée canadien de l'immigration du Quai 21 et l'aéroport Stanfield d'Halifax fut inspirant. Deux institutions à vocations différentes qui visaient le même but en accueillant de nouveaux arrivants au Canada ont joints leurs forces. Non seulement pour atteindre les résultats désirés de manière plus efficace, mais aussi pour mener vers des synergies prometteuses et imprévues.

Plusieurs conférenciers ont en effet mis de l'accent sur la manière dont la collaboration peut amener des possibilités imprévues. Le témoignage du réalisateur Derek Kwan a illustré ce constat : une collaboration initiale avec le laboratoire d'innovation de la Bibliothèque publique de Vancouver lui a permis de réaliser son documentaire, ce qui a donné lieu par la suite à des présentations dans des festivals de films, puis à la CBC.

Il a été clairement établi que dans un monde en évolution constante, les institutions de mémoire, comme toutes les institutions publiques offrant des services au grand public, ne devaient pas attendre que les circonstances soient parfaites, mais qu'elles devraient plutôt saisir les occasions qui se présentent, avant que le changement ne s'impose à elles.

La technologie et l'univers numérique

« L'alphabétisation numérique ne se résume pas à prendre un café en compagnie du chef du service des TI. Il ne s'agit pas seulement de numériser une collection ou même de créer une nouvelle application. Cela exige un changement fondamental de vision concernant la façon de relier notre contenu au reste du monde. » – Donna Livingstone (Musée Glenbow)

L'interface entre l'univers numérique et les bibliothèques, les archives et les musées fut sans doute le thème le plus récurrent du Sommet, un thème qui a suscité des points de vue opposés parmi les participants. Il y a tout de même eu consensus sur le fait que les BAM répondent activement à la demande de contenu numérique et continuent à chercher des façons de demeurer pertinents et présents dans l'univers numérique, tout en démocratisant davantage l'accès au savoir.

Les bibliothèques, en particulier, ont démontré qu'elles sont à la fine pointe de la technologie et offrent une « voie d'accès » permettant aux autres institutions de mémoire de s'approcher du public. Le réseau des bibliothèques publiques de Toronto; le réseau le plus visité en Amérique du Nord, est un bon exemple des pratiques numériques exemplaires. Ces pratiques, présentées par Vickery Bowles (Bibliothèque publique de Toronto), incluent les marathons de programmation, les rencontres, ateliers et séminaires pour petites entreprises, visant à aider les administrateurs à composer avec les technologies perturbatrices et les nouveaux modèles opérationnels ou, encore, la mise en œuvre de leurs propres initiatives numériques. Pam Wright (National Archives and Records Administration, États-Unis) et Mark O'Neil (Musée canadien de l'histoire) ont présenté des pratiques numériques novatrices utilisées, respectivement, dans le domaine des archives et celui des musées.

Compte tenu de la présence croissante des BAM au sein de l'univers numérique, un paradoxe intéressant a émergé au cours du Sommet : la popularité accrue en ligne des institutions de mémoire entraîne une popularité accrue concomitante de son lieu physique. Bien que cette affirmation semble contre-intuitive, il est avéré que lorsque les clients découvrent l'existence des collections en ligne, ils veulent ensuite faire l'expérience concrète qu'est de toucher ou de voir l'artéfact authentique. Mark O'Neill (Musée canadien de l'histoire) a souligné l'émotion que peut transmettre l'artéfact original, une émotion que l'univers numérique ne peut transmettre. Il en a fait la démonstration en présentant la tunique originale que Sir Isaac Brock a portée lors de la bataille de Queenstown Heights.

Ce paradoxe se traduit par une augmentation des difficultés rencontrées par les institutions de mémoire, car investir dans les technologies ne signifie pas moins investir dans les opérations des installations. Autrement dit, tout en fournissant un meilleur accès numérique et en permettant une présence numérique accrue, les BAM doivent également continuer à consacrer des ressources significatives pour répondre aux attentes des clients qui requièrent des services en personne. De plus, comme les besoins en contenu numérique augmentent, de nouvelles expertises et compétences sont requises au sein des BAM afin de tirer pleinement partie du potentiel technologique.

Défis d'ordre financier et mise en valeur des BAM

« Vous devez apprendre à parler le langage des décideurs. » – Andrew Tessler (Oxford Economics)

La question centrale du Sommet, soit comment quantifier et communiquer la valeur des BAM est complexe. Faisant concurrence aux écoles, aux hôpitaux ou aux projets d'infrastructure majeurs qui requièrent également du financement public, les institutions de mémoire doivent démontrer leur valeur sur tous les fronts, aller au-delà des seuls avantages culturels, afin de pouvoir également appréhender le concept de la valeur économique.

Il ressort des études d'impact économique récentes effectuées pour la British Library, la Bibliothèque publique de Toronto et la Bibliothèque publique d'Ottawa que chaque dollar investi dans les bibliothèques entraîne un rendement économique d'environ cinq dollars. Bien que ces études démontrent des résultats encourageants quant à la valeur des institutions de mémoire, les participants au Sommet furent invités à continuer d'explorer de nouvelles façons d'améliorer et de faire progresser les méthodologies utilisées dans le cadre de ces études. Non seulement les BAM devraient-elles continuer d'analyser l'impact économique de leur secteur respectif, mais la communauté des BAM dans son ensemble devrait envisager de travailler conjointement afin de réaliser des études horizontales sur la valeur de l'ensemble des institutions de mémoire.

De gauche à droite: Robert McIntosh, Vickery Bowles, Paul Gilbert and John Roberts (Panel de la 3e session)

 

L'analyse de l'impact économique n'est qu'un élément de l'illustration de la valeur. Les bibliothèques, par exemple, constituent des points d'accès à l'alphabétisation, et elles sont une ressource essentielle pour les immigrants et les populations vivant dans des conditions socioéconomiques précaires. Les archives sont la source de documents officiels et authentiques sous-tend notre démocratie. Les musées sont des endroits publics permettant non seulement d'exprimer des idées et d'en discuter, mais également un lieu où les gens peuvent entrer en relation avec les éléments fondateurs de leur identité. En tant que communauté, les BAM doivent trouver des manières de montrer aux gouvernements et aux décideurs les résultats tangibles à long terme qu'offre leur secteur.

Les BAM et une société canadienne créative

« Dans cet univers branché, imprégné de technologie, fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, la bibliothèque est en train de devenir (bien qu'elle l'a toujours été) un catalyseur central dans la création des villes intelligentes. » – Vickery Bowles (Bibliothèque publique de Toronto)

Les BAM jouent un rôle fondamental sur le plan de la culture, puisqu'ils n'acquièrent pas simplement les produits culturels des Canadiens, mais qu'ils sont également un catalyseur de création. Ils constituent une source d'inspiration, un endroit où des liens peuvent se créer, où des collaborations peuvent se développer, où l'histoire peut être expliquée et l'avenir imaginé.

L'œuvre de Sarah Hatton intitulée Detachment, le livre accordéon chinois d'Eric Sze-Lang Chan ainsi que la présentation sur les Archives commémoratives de la Première Guerre mondiale de R.H. Thompson et Mike Wallace ont été cités comme des exemples du rôle des institutions de mémoire en tant que source de création.

Les BAM jouent donc un rôle aux deux pôles du spectre créatif, étant une source d'inspiration d'une part et, d'autre part, faisant l'acquisition et la préservation de ces œuvres. Ils doivent par conséquent diversifier leurs activités, leurs partenariats et leur financement, non seulement afin d'assurer que les documents et artéfacts pertinents soient acquis et préservés pour les générations futures, mais aussi qu'ils soient disponibles et accessibles à tous, que ce soit en format numérique ou en format analogique.

Politique d'intérêt public

« Notre histoire est encore plus intéressante qu'à cette époque [Expo 67], car le Canada est devenu plus complexe. Mais cela signifie que les institutions chargées d'évaluer, de collectionner, de conserver et de cataloguer les documents – qu'ils soient littéraires, visuels ou gouvernementaux – représentatifs des années qui passent sont plus importants que jamais. » – Charlotte Gray (biographe et historienne).

Des défis transversaux plus subtils ont été soulevés au cours du Sommet, touchant par exemple les divers défis de politique publique qui concernent les institutions de mémoire. Le droit d'auteur, la propriété intellectuelle et les politiques publiques qui s'y rattachent ont un impact considérable sur l'ensemble des BAM. Pour les artistes, la difficulté de protéger leurs œuvres dans l'univers numérique et, par conséquent, d'être justement rémunérés représente une lutte constante. De l'autre côté du spectre, les règles de licence des publications électroniques sont un facteur de dissuasion pour les bibliothèques qui désirent acquérir puis prêter ce type de documents.

De gauche à droite : Mark O'Neill; Sébastien Goupil; John McAvity; Randy Boissonnault; Donna Livingstone; Guy Berthiaume; Eric Sze-Lang Chan; Chris Kitzan

À mesure que davantage d'informations se retrouvent dans l'univers numérique et sont transmises grâce à des partenariats et des collaborations au sein des BAM, les institutions de mémoire doivent faire preuve de prudence lorsqu'elles ont recours à des pratiques innovatrices qui peuvent poser des problèmes sur le plan de la protection des renseignements personnels.

Dans une optique élargie, l'on doit considérer le coût de l'accès à Internet et sa disponibilité au Canada, particulièrement dans les régions éloignées. À une époque où l'information, les connaissances et les services sont offerts en ligne, l'incapacité d'accéder à Internet constitue un désavantage supplémentaire pour les Canadiens à faible revenu ou vivant en région éloignée.

Perspectives d'avenir

À nous la rue a servi de tremplin pour des collaborations futures qui promettent de renforcer le secteur des bibliothèques, des archives et des musées. Pour marquer ce nouveau départ, le bibliothécaire et archiviste du Canada a proposé la Déclaration d'Ottawa, qui a été adoptée à l'unanimité par les participants au Sommet :

La Déclaration d'Ottawa (décembre 2016)

Rassemblés à Ottawa pour le Sommet À nous la rue, les membres de la communauté des bibliothèques, des archives et des musées s'engagent à trouver des nouvelles manières de collaborer pour accroître la visibilité et l'impact de nos institutions de mémoire.

En adoptant cette Déclaration, nous prenons donc ensemble l'engagement d'adapter et de réinventer continuellement nos institutions; un engagement qui vise avant tout à permettre aux Canadiennes et aux Canadiens de reconnaître la pleine valeur des bibliothèques, des archives et des musées.

Ensemble, nous déclarons vouloir :

  • accroître la collaboration entre nos institutions et nos réseaux aux niveaux local et national afin de mettre de l'avant des nouveaux partenariats qui vont stimuler la créativité et renforcer l'engagement;
  • élaborer des programmes et des services novateurs et adopter des technologies qui vont nous donner les moyens de faire participer nos publics; et
  • enrichir et élargir l'accès à nos collections, afin de contribuer de façon significative au bien commun et au développement durable.

Il revient maintenant à tous les membres des BAM au Canada de donner suite à cette déclaration et de continuer à aider les Canadiens à comprendre leur passé et à façonner leur avenir.

Annexe A : Liste des conférenciers, panélistes et modérateurs

5 décembre 2016

Mot d'ouverture

  • Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, Bibliothèque et Archives Canada (BAC)
  • John McAvity, directeur général, Association des musées canadiens (AMC)

Discours principal : Faire l'histoire en 2017

  • Charlotte Gray, biographe et historienne

Atelier interactif : Mise en contexte

  • Modérateur : Graham Flack, sous-ministre, Patrimoine canadien
  • Mark O'Neill, président-directeur général, Musée canadien de l'histoire
  • Patrice Landry, État-major – Soutien à la direction, Département fédéral de l'intérieur, Office fédéral de la culture, Bibliothèque nationale suisse

Atelier no 1 – Créer de la valeur grâce à l'innovation et à des partenariats non traditionnels : modes de collaboration entre des BAM et des partenaires afin de réaliser des projets et des initiatives dégageant des profits mutuels

  • Modérateur : Sébastien Goupil, secrétaire général, Commission canadienne pour l'UNESCO
  • Marie Chapman, présidente-directrice générale, Musée canadien de l'immigration du Quai 21
  • Victoria Dickenson, consultante indépendante
  • Maureen Sawa, directrice générale, Greater Victoria Public Library
  • Liz White, chef de l'élaboration de la stratégie, The British Library

Mot de la fin

  • Karen Bachmann, Vice-présidente AMC, Directrice, Timmins Museum : NEC

6 décembre 2016

Mot d'ouverture

  • Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, BAC

Discours principal : Se transformer pour façonner notre avenir

  • Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada

Discours principal : Une mine de connaissances : évaluer la valeur des bibliothèques, des archives et des musées dans un monde en mouvement

  • Andrew Tessler, directeur associé, Oxford Economics

Atelier no 2 – Créativité, innovation et collections des BAM : moyens utilisés par des BAM pour inspirer la créativité chez les utilisateurs

  • Modérateur : Chris Kitzan, directeur général, Musée de l'aviation et de l'espace du Canada
  • Derek Kwan, acteur
  • Eric Sze-Lang Chan, spécialiste en conception graphique numérique
  • Michael Wallace, directeur administratif, Musée Théâtre Canada
  • Pam Wright, chef de l'innovation, National Archives and Records Administration, États-Unis

Discours principal : À nous la rue. La valeur des bibliothèques, des archives et des musées dans un monde en mouvement

  • Donna Livingstone, présidente et chef de la direction, Musée Glenbow

Atelier no 3 – Mesure de la valeur des BAM au Canada : progrès à ce jour et prochaines étapes

  • Modérateur : Robert McIntosh, directeur général, BAC
  • Vickery Bowles, bibliothécaire de la Ville, Bibliothèque publique de Toronto
  • Paul Gilbert, ancien directeur administratif, The Bateman Foundation
  • John Roberts, chef de la protection des renseignements personnels et archiviste de l'Ontario, Archives publiques de l'Ontario

Mot de la fin

  • Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

Annexe B : Infographie du SommetNote de bas de page 2

Figure 1
Figure 1 - Version textuelle

24 Conférenciers, modérateurs et panélistes :

  • 6 institutions fédérales
  • 11 organisations publiques, privées ou indépendantes
  • 220 participants en personne
  • 330 participants ayant visionné en direct
  • 4 représentants Internationaux

Au Canada

  • 3 598 bibliothèques
  • 430 centre d'archives
  • 67 bibliotèques et centres d'archives combinés
  • 2 600 musées
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