Résumé de l’analyse de l’environnement

Préparé par la Division de la recherche stratégique et politique – octobre 2017

Aperçu

Voici un résumé des tendances relevées dans l’analyse de l’environnement de 2017, préparée par la Division de la recherche stratégique et politique. Le contenu de celle-ci a été résumé et catégorisé ci-dessous pour être utilisé dans la section « Contexte opérationnel : les conditions qui influent sur notre travail » du Plan ministériel 2018-2019 de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), qu’a préparé la Division de la planification et de l’imputabilité ministérielles.

Tendances du gouvernement du Canada

Gouvernement ouvert, information ouverte, données ouvertes et libre accès :

Le gouvernement du Canada (GC) accroît la transparence, la responsabilité et l’engagement des citoyens et stimule l’innovation et les possibilités économiques par l’entremise des données ouvertes, de l’information ouverte et d’un dialogue ouvert. L’un des aspects de l’engagement du GC à l’égard des données et de l’information ouvertes est d’être « ouvert par défaut », c’est-à-dire d’offrir un accès facile et uniforme à ses données et à son information dans des formats ouverts, normalisés et numériques. Au chapitre du troisième Plan biannuel dans le cadre du Partenariat pour un gouvernement ouvert, le GC s’est également engagé à fournir et à préserver l’information ouverte, y compris en mettant à jour les archives en ligne de Bibliothèque et Archives Canada sur la présence Web du GC afin d’assurer l’accès à long terme par les Canadiens au contenu fédéral dans le Web. Le GC s’est également engagé à améliorer l’accès aux collections culturelles et patrimoniales. Pour ce faire, le GC élargira sa collaboration avec ses partenaires provinciaux, territoriaux et municipaux et avec les principaux intervenants afin d’élaborer un Répertoire national des artefacts culturels et patrimoniaux dans le but d’améliorer l’accès à toutes les collections des musées.

Soutien aux industries créatives :

L’on a également remis l’accent sur les industries créatives du Canada. En septembre 2017, Patrimoine canadien a publié le cadre stratégique du Canada créatif, qui établit la voie à suivre pour renouveler les outils culturels existants du Canada au moyen de lois, de programmes de financement et de politiques. BAC est mentionné dans plusieurs domaines clés du cadre et les répercussions principales pour l’institution figurent dans le premier pilier du cadre, où l’on met l’accent sur l’investissement dans les créateurs canadiens, les entrepreneurs culturels et leurs récits. BAC est dans une position unique puisqu’il collabore avec les créateurs au début, au milieu et à la fin de leurs processus de création. BAC jouit d’une position solide dans l’industrie culturelle, facilitant l’investissement dans les créateurs et la collaboration avec eux.

Amélioration des services numériques :

Le GC a réalisé des progrès en vue d’offrir de meilleurs services numériques pour les Canadiens en améliorant la conception des interfaces utilisateurs et en créant de nouvelles applications. Le Secrétariat du Conseil du Trésor a lancé le Service numérique canadien en 2017 afin d’élaborer des services gouvernementaux faciles d’accès et d’utilisation qui améliorent la prestation de services numériques à tous les Canadiens. L’un des premiers projets de prestation de services du Service numérique est de collaborer avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada afin d’améliorer l’expérience de présentation d’une demande de citoyenneté canadienne et de régler les problèmes entourant la prise numérique des rendez-vous pour la citoyenneté.

Innovation en matière de politiques et de programmes :

En matière d’innovation, le GC ne met pas l’accent que sur le numérique, comme en témoigne la création du Centre d’innovation (énoncé dans Destination 2020). Le Centre d’innovation : assure l’élaboration conjointe de solutions stratégiques avec des ministères et des intervenants; documente ce qui permet en matière d’innovation dans le secteur public de favoriser l’apprentissage et la reproduction à l’échelle du gouvernement du Canada; et s’associe avec des ministères pour mesurer les résultats de l’expérimentation de programmes au moyen de méthodes d’évaluation rigoureuses et axées sur les résultats. L’une des initiatives récentes du Centre a consisté à travailler avec le ministère de la Défense nationale et le Groupe du recrutement des Forces canadiennes afin d’appliquer des approches comportementales dans le but d’accroître le recrutement des femmes dans les Forces armées canadiennes.

Les ateliers d’orientation stratégique permettent à BAC d’innover à l’égard de ses propres politiques et programmes. Lorsqu’émerge une question stratégique complexe, un tel atelier réunira des employés en vue de l’analyser et de la résoudre. Un entrepreneur de l’extérieur de l’institution aidera à concevoir et à animer l’atelier afin d’encourager les employés à s’exprimer librement et à tester de nouvelles idées. Cette approche concertée et novatrice favorise l’examen créatif d’un problème avec l’aide d’experts de l’institution travaillant dans divers domaines.

Bien-être en milieu de travail :

En plus de vouloir améliorer la prestation des programmes et des services, le GC a investi dans la santé mentale et le bien-être en milieu de travail. En date de mars 2017, plus de 2 500 fonctionnaires et plus de 90 sous-ministres et dirigeants d’organisme avaient signé l’engagement relatif à la santé mentale Footnote1. Le GC a également pris l’engagement d’améliorer l’expérience de travail de tous les employés, y compris les membres de la communauté des lesbiennes, gais, bisexuels, trans et en questionnement (LGBTQ2+) en créant un environnement plus sécuritaire, plus tolérant et ouvert d’esprit.

Dans le cadre de son engagement à créer une culture organisationnelle qui fait de la santé, de la sécurité et du mieux-être de ses employés une priorité, BAC a mis sur pied un Comité du mieux-être en milieu de travail. Le comité veille à ce que les employés disposent d’une multitude de ressources pour améliorer leur qualité de vie au travail. BAC a également mis en œuvre sa propre Statégie du mieux-être en milieu de travail 2017-2020.

Analyse comparative entre les sexes plus :

Le mouvement vers l’inclusion et l’équité en milieu de travail est également renforcé par l’engagement qu’a pris le GC à l’égard de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+), celle-ci ayant été revigorée du fait de son inclusion dans le budget de 2017. Le GC fait fond sur son utilisation actuelle de l’ACS+ pour veiller à ce que ses décisions produisent des résultats plus équitables et justes; la question de la nécessité d’avoir des salaires plus égaux et une main-d’œuvre plus diversifiée continue d’alimenter les conversations; les femmes sont mieux représentées dans les postes de direction des secteurs public et privé; et le risque et la fréquence de la violence fondée sur le sexe diminuent.

BAC a entrepris des recherches sur la meilleure façon d’appliquer l’ACS+ à ses programmes, services et politiques et souhaite faire connaître l’ACS+ dans l’ensemble de l’institution. À l’heure actuelle, l’institution réfléchit à la façon d’adopter, le cas échéant, des pratiques de catalogage culturellement mieux adaptées, ce qui garantirait l’utilisation d’un langage socialement inclusif dans le catalogue. BAC a également accueilli avec des partenaires universitaires le forum « Explorer la décolonisation en route vers la réconciliation », qui a permis de tenir un dialogue inclusif au sujet de projets et d’initiatives à caractère novateur en matière de réconciliation.

Tendances des institutions de mémoire :

Servir des communautés diverses

Les institutions de mémoire participent depuis de nombreuses années à l’économie du partage en prêtant des livres, du matériel audio et des films. Ces derniers temps, les prêts de matériel tels que les jeux vidéo et de société, les outils et les instruments de musique augmentent et se diversifient. Ces divers types de prêts profitent à toute une gamme d’usagers d’institutions de mémoire puisqu’ils sont pratiques et abordables. Cette diversification des services renforce la valeur sociale et économique des institutions de mémoire, un sujet d’étude qui ne cesse d’intéresser les gouvernements et les institutions culturelles depuis plusieurs années.

Les institutions de mémoire continuent de promouvoir et d’améliorer l’équité, la diversité et l’inclusion dans leurs collections et leurs services. Ces activités mettent l’accent sur des groupes traditionnellement sous-représentés comme la communauté LGBTQ2, les personnes handicapées, les sans-abri, les nouveaux arrivants et les réfugiés, les communautés autochtones, les aînés, les minorités et les collectivités rurales et économiquement défavorisées. En réponse aux divers besoins de leurs usagers, les institutions de mémoire apprennent à jouer un rôle nouveau et dynamique dans leur milieu en offrant des laboratoires ouverts, des carrefours de création et un « troisième espace » libre, accueillant et confortable pour encourager les membres de ces communautés à interagir.

Les institutions de mémoire servent également leurs diverses communautés par l’éducation. Non seulement leur fournissent-elles l’espace physique et les outils qu’elles demandent, mais elles cultivent en général le savoir-faire de leurs usagers en matière de médias sociaux et de numérique. Ce savoir-faire numérique découle en partie de l’utilisation accrue des données ouvertes liées dans les collections. Les institutions de mémoire offrent un accès plus libre à leurs collections, ce qui en permet l’utilisation par des tiers, facilite la recherche novatrice et encourage l’expérimentation des collections.

Technologies novatrices et mobilisatrices

Les institutions de mémoire tirent parti des technologies actuelles pour offrir aux usagers des expériences plus contextualisées, accessibles, interactives et uniques, et ce, tant en ligne et qu’en personne. Des technologies comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée et mixte et l’intelligence artificielle  existent depuis des décennies, mais elles se sont améliorées, sont devenues plus abordables et se sont démocratisées et l’on y a recours afin de communiquer avec le public. Les institutions de mémoire trouvent également des moyens novateurs de se doter d’une infrastructure de préservation numérique, par exemple en utilisant des plateformes numériques communautaires.

L’utilisation de ces technologies nouvelles et novatrices accroît et améliore également la façon dont les institutions de mémoire interagissent avec leurs usagers. Le personnel des institutions de mémoire acquiert de nouvelles compétences (p. ex., savoir gérer les ressources numériques et les ressources électroniques, savoir utiliser les médias sociaux et les sites Web et connaître les normes relatives aux métadonnées) pour rester à la page des technologies dans leur environnement. Tout en se familiarisant davantage avec les mégadonnées et la recherche technique, les institutions de mémoire reconnaissent qu’elles doivent favoriser l’accès aux données et l’interaction avec celles-ci par le truchement de leurs collections.

Réconciliation et démocratisation de l’accès

De nombreuses institutions canadiennes ont répondu officiellement aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, y compris en donnant suite aux sections de ceux-ci qui s’adressent expressément aux archives et aux musées canadiens ainsi qu’aux principes Joinet-Orentlicher des Nations Unies. Cette vague nationale de mobilisation a suscité un intérêt croissant pour les discussions sur la décolonisation des institutions de mémoire et pour la tenue d’initiatives conjointes telles que le Forum des partenaires universitaires de BAC sur la réconciliation, qui a eu lieu en novembre 2017. De plus, le Comité directeur des archives du Canada s’affaire à examiner les politiques et les pratiques exemplaires en matière d’archives à l’échelle du Canada afin de cerner les obstacles potentiels à la réconciliation, tandis que la Fédération canadienne des associations de bibliothèques s’emploie à favoriser la réconciliation dans les bibliothèques. En mai 2016, le Canada a adopté officiellement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Divers efforts sont en cours à l’échelle nationale comme internationale afin d’améliorer l’accès à l’information et de mieux protéger les renseignements personnels. À l’échelle nationale, cela comprend un projet de loi visant à revoir la Loi sur l’accès à l’information et la Loi sur la protection des renseignements personnels ainsi qu’un réexamen de la Loi sur le droit d’auteur.

Les institutions de mémoire continuent également de bâtir des réseaux de partenaires de confiance afin de partager la prestation de services et d’accroître le libre accès. La Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire est un réseau qui a été créé pour veiller à ce que la numérisation des collections canadiennes se fasse de manière cohérente, et aux États-Unis, le réseau de la Digital Public Library of America offre une plateforme de ressources en ligne complètes pour maximiser l’accès du public aux collections. Au cours des années précédentes, les institutions ont créé des plateformes afin de regrouper et d’échanger des données sur les documents de leurs collections. Les institutions sont à mettre au point des solutions expérimentales d’arrimage entre les initiatives d’externalisation et les solutions de données ouvertes liées afin d’améliorer l’interopérabilité.

Visibilité publique et collaboration du public

Les institutions de mémoire, en particulier au niveau local, tirent de plus en plus volontiers parti des créations et contributions à caractère unique de leurs usagers. Il s’agit d’un virage important par rapport au scepticisme initial quant à l’exactitude, à la convivialité et à la qualité globale du contenu généré par l’utilisateur. Les projets Wikipédia – qu’il s’agisse de « wikilabs », de « wikithons » ou d’ateliers de révision Wikipédia – offrent aux institutions de mémoire une façon relativement peu coûteuse et facile d’offrir du nouveau contenu et d’atteindre de nouveaux publics. Les institutions de mémoire utilisent également des méthodes de financement participatif en ligne pour augmenter leurs revenus. Ces méthodes sont particulièrement utiles pour recueillir des fonds afin de réaliser des projets individuels ayant un objectif clair et que l’on peut commercialiser efficacement en ligne. L’éventail des options offertes par les plateformes de financement permet aux institutions de choisir les modalités répondant le mieux à leurs besoins.

Les institutions de mémoire utilisent également les marathons de programmation pour trouver des solutions adaptées à leurs problèmes ou défis technologiques particuliers. Les produits technologiques de chaque marathon de programmation varient selon les intérêts et les besoins particuliers de chaque institution, ce qui souligne la souplesse, l’adaptabilité et la spécificité qu’offrent ces marathons de programmation. Ceux-ci sont aussi un autre moyen pour les institutions de mémoire de fournir autrement de nouveaux contenus à de nouveaux publics

En plus d’accroître leur collaboration avec le public, les institutions de mémoire ont mis en œuvre des moyens novateurs d’offrir leurs collections à un plus vaste auditoire. Cela comprend des expositions éclair, des bibliothèques mobiles, des bibliothèques dans les avions, des distributrices automatiques de livres et l’accès gratuit à des livres électroniques dans les métros.

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